Résumé de la 4e partie - Dennis Nielsen a non seulement tué Kenneth, mais bien d'autres encore, dont Martin, Billy... Alors Dennis s'en est débarrassé également. Celui-là, il l'a fourré sous l'évier de la cuisine, en attendant de procéder à l'élimination, par découpage la nuit et sacs-poubelle le matin, ou enterrement des débris. Pour les viscères, c'est facile, il n'a qu'à les déposer la nuit dans les buissons, et les chats, les rats ou les oiseaux s'en chargent. 1981. Dennis Nielsen déménage avec Bleep, pour s'installer dans un appartement de Crawley Gardens. La maison a deux étages, il occupe le second. Au premier, un voisin tranquille. Dennis dispose d'une chambre, d'un petit salon, d'une cuisine et d'une salle de bains. C'est plus confortable que précédemment. Et il n'y a pas de parquet. C'est important qu'il n'y ait pas de parquet. Dennis se dit qu'il ne pourra plus cacher de cadavre sous un parquet et que tout ça va s'arrêter. Hélas ! les pulsions reviennent, et il y succombe. Un jeune étudiant, un autre garçon prénommé John, un autre Stephen...Paul... Graham... Des sacs-poubelle, encore et encore, que les éboueurs ramassent au petit matin ; pour le reste, tout ce qui peut passer dans l'égout y passe. Mars 1981. Intermède curieux dans cet itinéraire : Paul. Paul est étudiant, il a beaucoup bu avec Dennis, il s'est endormi ivre, il a eu la sensation d'étouffer, de ne plus pouvoir respirer ou parler, de mourir étranglé, ou d'être noyé... ou les deux. Au petit matin, Dennis lui dit : «Tu devrais aller à l'hôpital, tu n'as pas bonne mine.» Paul n'a jamais compris qu'on avait voulu réellement l'étrangler et le noyer. Cette marque autour du cou, violacée, est restée pour lui un mystère. Ces yeux injectés de sang, ce teint blême... Il n'a même pas porté plainte. Plus tard, quand il a été convoqué comme témoin, il avait encore du mal à y croire. Dennis est si sympa, si tranquille... si gentil avec les gens. Mai 1982. Autre épisode curieux : Cari. Le jeune homme s'est réveillé en sentant quelque chose autour de son cou ; les oreilles bourdonnantes, sans air, la bouche sèche, il a perdu connaissance, puis il a eu la sensation de se noyer ; sa tête lui faisait atrocement mal, mais il n'arrivait pas à reprendre vraiment conscience. Juste de quoi se dire : «Je suis en train de mourir.» Dennis avait tout fait pour qu'il meure, puis l'avait allongé sur le lit comme les autres, et avait regardé la télévision comme à l'accoutumée, en bonne compagnie. C'est Bleep, qui d'habitude ne s'occupait pas des cadavres, se sauvait quand il y avait de la bagarre, ne reniflait pas ce qui était mort... c'est Bleep qui tout à coup est venu lui lécher le visage et les jambes. Il avait compris que celui-là n'était pas mort et qu'il fallait peut-être faire quelque chose pour lui. Un coup de langue sur la figure par exemple. Dennis s'est mis d'accord avec Bleep pour sauver celui-là, puisqu'il avait résisté à tout. Il l'a frictionné, requinqué, il avait mauvaise mine aussi, ce beau mannequin aux yeux tout rouges, au visage tuméfié par les vaisseaux éclatés, avec ce collier violet sombre autour du cou. Dennis l'a raccompagné jusqu'au métro, avec Bleep, et lui a souhaité bonne chance. «Salut Cari !, good luck...» Encore un qui n'a pas porté plainte. Existence marginale, photos pornographiques : on n'aime pas la police dans ce milieu. Et en témoignant plus tard, lui aussi dira : « Il était compatissant. » (A suivre...)