D?abord réservé à la classe des nantis, le téléphone portable s?est vite démocratisé en Algérie. Et la concurrence acharnée que se livrent les opérateurs en place va, sans doute, encore faire baisser les prix. Tant mieux pour les consommateurs ! Il n?y a pas de doute que le portable est devenu un phénomène de société : on le voit entre toutes les mains, de celles des écoliers, dans les cours de récréation, à celle des adultes, sur les lieux de travail, dans la rue, les cafés ou les stations de bus ! On ne sursaute plus aux sonneries stridentes qui éclatent dans les poches ou dans les étuis, accrochés à la ceinture ou au cou : le téléphone portable que l?on regardait encore, il y a eux ou trois ans comme une curiosité, est devenu banal ! Il y en a de tous les formats et à tous les prix. Les sonneries sont également variables : on passe du Mozart à Idir et de cheb Khaled à Nancy Adjram, sans oublier les marches militaires, les musiques de film ou de jazz? Si le téléphone portable est entré dans les m?urs des Algériens, il est passé aussi dans leur langue. La télévision et les médias arabophones ont essayé al hataf al naqqal, (le téléphone transportable), mais cette expression ne s?est pas imposée dans le langage courant, les Algériens préférant employer les mots français «portable», prononcé en roulant le ??r?? et «mobile», prononcé ??mubil??. La même télévision, devant l?échec de hataf al naqqal, a essayé l?anglais «mobile», prononcé, ??mobayl??, toujours sans succès : les Algériens lui préférant ??mubil??. En berbère aussi, on dit ??portable?? et ??mubil??. Quelques personnes, notamment dans les campagnes, emploient aussi des expressions comme tilifun ufus, (téléphone (tenant) dans la main) et tilifun n ldjib, (téléphone de poche) !