Conséquences n Le conflit social autour du CPE s'est transformé en une crise politique, qui ébranle l'Exécutif, alors que les syndicats ont lancé un ultimatum au gouvernement, exigeant l'abrogation de ce texte d'ici à la mi-avril. Affaibli par le mouvement de rejet d'un projet dont il était le précurseur, le Premier ministre Dominique De Villepin, semble se battre pour sa survie politique. Il a déclaré, hier mercredi, devant l'Assemblée nationale vouloir tirer «toutes les conclusions nécessaires des discussions dans les jours à venir», mais sans évoquer une éventuelle démission, réclamée par une partie des contestataires. Sa popularité a plongé à 28 % dans un sondage, son plus bas niveau depuis son entrée en fonction il y a moins d'un an. Près d'un Français sur deux (45%) souhaite sa démission. Sous la pression de la rue, le président français Jacques Chirac semble, lui aussi avoir perdu la maîtrise des opérations dans le conflit sur le contrat-jeunes et l'opposition parle désormais d'une «crise de régime». Il a appelé les syndicats et organisations de jeunesse à des négociations «constructives» avec les parlementaires du parti au pouvoir, l'UMP, pour sortir de deux mois et demi de crise. Il a aussi demandé aux étudiants et lycéens de reprendre les cours à quelques semaines des examens de fin d'année. Mais les 12 syndicats de salariés, étudiants et lycéens organisant le mouvement ont exigé l'abrogation du CPE avant le début des vacances parlementaires de Pâques, le 17 avril. Dans un texte commun, ils ont menacé le pouvoir d'un nouveau temps fort de mobilisation, sans exclure aucun moyen d'action s'ils n'obtenaient pas satisfaction. Les syndicats et organisations de jeunesse ont commencé, toutefois, à rencontrer les négociateurs de l'UMP et du gouvernement, mais uniquement pour leur faire part de leurs exigences. Les discussions devaient se poursuivre aujourd?hui jeudi. Du côté gouvernemental, on se refuse toujours à parler publiquement d'un retrait du CPE et on évoque un dialogue élargi au thème du chômage des jeunes. Ce nouveau contrat réservé aux jeunes avait pour objectif de faire reculer un fléau qui touche 22% des moins de 25 ans. La police a annoncé que plus de 3 600 personnes avaient été interpellées en un mois à l'occasion des manifestations parfois émaillées de violences.