Qui est James Bond, inoxydable héros de la seconde moitié du XXe siècle ? se demandent les experts réunis jusqu'à demain, jeudi, à l'occasion d'un colloque international consacré à l'agent 007. Ce colloque, le premier du genre en France, organisé par plusieurs universités, a débuté hier, mardi, avec l'ambition de dé-construire la figure de l'espion britannique en multipliant les angles d'attaque, historique, esthétique, anthropologique, politique, psychanalytique... Quelque 200 millions de livres de ses aventures se sont vendus dans le monde depuis Casino royale en 1953, le premier des douze publiés par son créateur Ian Fleming et suivis par une trentaine de romans et novélisations – adaptations de films – signés par quatre successeurs: Robert Markham, Christopher Wood, John Gardner et Raymond Benson. Mais ce sont les 21 films qui ont véritablement fait du héros un «phénomène culturel mondialisé d'une longévité exceptionnelle», comme le dit un chercheur de l'université de Nanterre. Avec plus de 4 milliards de dollars de recettes cumulées depuis 1962, la saga est devenue «le plus important succès de toute l'histoire du cinéma», estime un spécialiste. Mais qui est donc James Bond ? La question court dans les interventions. Un homme «sans foyer, sans histoire, sans relations sociales, parents, ni relations amoureuses durables, un individu solitaire qui rencontre ses partenaires dans des lieux de transit, hôtels, casinos, bars», résume un chercheur de l'université de Vancouver. James Bond est en outre un redoutable «promoteur d'objets de luxe», dont les marques – alcool, cigarettes, montres, voitures... – «contribuent à la production du film», affirme un autre chercheur.