Température n Sans répit et sans relâche, nos futurs bacheliers profitent de chaque instant pour procéder aux derniers réglages. Le trac est le premier obstacle à surmonter. Accoudée à une table en bois rouge, Djamila a les nerfs à fleur de peau. Le chahut de la salle l'empêche de se concentrer. Ses ouf intempestifs suivent imperceptiblement le hochement de sa tête. «Spinoza, Lombroso, c'est déjà terrible pour les nerfs, alors si on ajoute les cris stridents dans cette salle, cela devient vraiment un enfer», s'époumone cette demoiselle de 17 ans qui passe samedi le bac. Elle est la quatrième personne de la famille à subir cet examen. Le quatrième en filière littéraire comme s'il s'agissait d'une spécialité de la maison. Les trois précédents ayant été réussis avec brio par ses deux frères et sa sœur aînée. «Toute ma famille est derrière moi et c'est pour cette raison que j'en fais mon principal défi. Je ne n'ai pas le droit de les décevoir», dit-elle sobrement. L'avenir ? Elle y pense déjà. Une réussite lui ouvrira les portes du… journalisme. Notre studieuse interlocutrice se voit, d'ailleurs, déjà «reporter dans une grande chaîne satellitaire». Mais en attendant, elle a le trac qu'elle veut évacuer avec courage. «Avant, j'ai ce bac que je dois impérativement arracher, pour moi et pour ma famille. Ce qui me tracasse le plus c'est le trac dont je n'arrive pas à me défaire. Je connais beaucoup de cracks qui ont échoué à la dernière seconde car le mental n'y était pas», dit-elle non sans espérer éviter la bêtise de procéder à des révisions à longueur de nuit avant chaque examen. Près d'elle, Nesrine, à peine plus âgée que sa camarade de classe, prépare assidûment le premier jour du bac. «Si j'arrive à bien me concentrer samedi, alors je pourrai me libérer pour le reste de l'examen», nous annonce-t-elle, comme pour nous rappeler que la réussite au bac passe avant tout et d'abord par un déclic psychologique. La révision en groupe est l'une des techniques adoptées depuis septembre dernier, date de la rentrée scolaire, par les deux demoiselles. «Nous avons, mon amie et moi, adopté un planning et, pour le moment, cela marche à merveille. Nous avons pratiquement tout achevé et il ne nous reste maintenant que quelques petits réglages à faire», affirme Nesrine. Bien entendu, ces réglages sont d'ordre organisationnel : mettre par exemple à côté la convocation et la pièce d'identité pour ne pas les oublier en se levant tôt les matinées, ou alors avertir le père pour choisir le trajet à prendre en allant vers le centre d'examen, histoire d'éviter les embouteillages ou même recharger le portable pour l'utiliser comme réveil.