Opinion n Le recours à des séances supplémentaires est dû, selon certains enseignants, au volet quantitatif «insupportable» des nouveaux programmes. Les avis des enseignants divergent quant à l'utilité et l'impact positif des cours de soutien sur le rendement pédagogique des élèves. Pour certains, les élèves accusant un retard dans l'assimilation de leçons pourraient «récupérer» ce qu'ils ont «raté» grâce à des cours supplémentaires dispensés en dehors des heures de classe et ce, conformément à leur emploi du temps. Abdelkader, enseignant de langue arabe dans un lycée à Douéra, estime que les séances additionnelles constituent «une opportunité pour consolider le niveau d'assimilation des élèves qui se préparent à un examen décisif dans leur cursus». Selon lui, les élèves insistent, durant ces cours de soutien, sur les règles grammaticales et les différents courants littéraires. «Parfois, je fais de ces séances d'exercices et la correction de certains sujets de baccalauréat des années précédentes. Mais, j'insiste sur la compréhension des règles, en leur donnant parfois des exercices piégés», ajoute notre interlocuteur qui estime que les chances de réussite augmentent grâce à ces cours de soutien. Les enseignants que nous avons interrogés à ce sujet, estiment que le comportement des élèves est différent lors «des séances de consolidation de niveau». Pas de pression, pas de crainte, ni même d'hésitation à poser les questions. «Les élèves sont très détendus. Ils posent leurs questions en toute liberté car nous leur demandons de se mettre à l'aise, tant que nous ne sommes pas obligés de tout faire en une seule séance. Ils trouvent cela formidable et ils viennent avec une volonté qu'on ne retrouve pas lors des cours normaux à l'école», témoigne une enseignante de mathématiques dans un CEM à Kouba. D'autres enseignants, en revanche, estiment que les cours de soutien représentent un «autre fardeau sur le dos des élèves des classes d'examen». Ces derniers imputent le recours à des séances supplémentaires au volet quantitatif «insupportable» des nouveaux programmes. Bachir, un enseignant de sciences naturelles dans un lycée à Boghni, estime que le volume horaire accordé à certaines matières ne correspond pas au nombre de leçons contenues par le livre scolaire, ce qui pousse, parfois, l'enseignant à faire l'impasse sur certains aspects dans l'objectif de terminer le programme dans les délais. «Comment peut-on demander à un élève d'assimiler toute cette quantité, alors que le volume horaire n'est même pas suffisant pour enseigner correctement deux tiers de l'ensemble du programme ?», s'interroge-t-il. Les matières qui exigent un nombre assez important d'exercices pour une meilleure assimilation des cours sont aussi les matières essentielles. D'autres enseignants interrogés n'ont pas hésité à «charger» les responsables du secteur, tout en les appelant à «revoir leur copie en diminuant la quantité des leçons car les élèves risquent de se perdre dans ces conditions et, par ricochet, les résultats seraient catastrophiques».