Parcours n La candidature de Loth Bonatéro à l'élection présidentielle d'avril prochain n'est que l'aboutissement logique d'un engagement syndical et politique. Avant d'être un chercheur connu et reconnu, Bonatéro fut un infatigable syndicaliste. «J'ai pris part à tous les mouvements revendicatifs initiés par les chercheurs», dit-il. Mieux encore, il a été à l'avant-garde des luttes syndicales, «ce qui m'a valu d'être élu coordinateur de la section syndicale des chercheurs». «J'ai toujours été contre la politique de la chaise vide», enchaîne-t-il. Et la politique ? «Je vais peut-être vous étonner, répond-il, mais j'ai fait de la politique dès mon jeune âge.» C'est que «je suis militant du Front de Libération nationale (FLN) depuis plusieurs années déjà», explique-t-il. Pourquoi s'est-il porté alors candidat à la prochaine présidentielle alors que son parti a publiquement appuyé la candidature du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour un troisième mandat ? «Justement, j'ai décidé, en décembre dernier, de me retirer du FLN pour pouvoir présenter ma candidature», relève-t-il, tout en précisant qu'il s'agit-là «d'un retrait ou d'un divorce momentané car je n'ai aucun problème avec la direction du parti». Pourtant, celle-ci a rejeté à deux reprises sa candidature aux élections législatives. «Mon nom n'a même pas été retenu sur la liste des suppléants. c'est vrai que cela fait mal, mais que voulez-vous faire ? C'est cela la politique», commente-t-il. Et de révéler avoir suggéré la création d'un conseil scientifique au sein du FLN lors d'une réunion tenue en 2004 à Boumerdès : «J'ai proposé cette idée qui a fini par être acceptée. Ce fut une première dans la vie politique nationale et même internationale. Malheureusement, une fois ce conseil scientifique créé, on n'a pas jugé utile de me faire la proposition d'y siéger.» Même s'il reconnaît que la science et la politique ne font pas toujours bon ménage, Bonatéro reste convaincu que les scientifiques peuvent être d'un grand apport au pays pour peu qu'on fasse appel à eux. De son avis, la science est le moteur du développement : «De nos jours, tout le monde aspire à une société de l'information. Or qui dit société de l'information, dit application de la science dans tous les domaines». Partant de là, il exhorte les scientifiques à s'engager dans la vie politique de sorte à «changer les donnes».