Alger La Blanche, il fut un temps où cette appellation correspondait parfaitement à la capitale. Qu?en est-il aujourd?hui ? Que reste-t-il de la blancheur immaculée qui auréolait la ville d?un halo de pureté marquant l?esprit des visiteurs d?une trace indélébile ? Le bleu du ciel se mariant avec la blancheur de la terre donnait alors une luminosité rare. Aujourd?hui, l?appellation toujours usitée sonne douloureusement faux. A la limite du ridicule, cette expression ne renvoie plus à cette ville sans couleur où des couches de crasse se superposent l?enlaidissant à souhait. Comment ce joyau chanté par les poètes et les écrivains en est-il arrivé là ? L?on peut s?étaler à satiété sur les raisons connues, à savoir surpeuplement, pollution, sécheresse... Mais la véritable explication est ailleurs : les «enfants» d?Alger n?en prennent pas soin. Il est là le drame de la ville. Les pouvoirs publics ne jouent pas leur rôle dans l?entretien et l?hygiène. Mais ils ne sont pas les seuls. Qui parmi les habitants d?Alger n?a pas assisté, au moins une fois dans sa vie, à ce spectacle affligeant : celui d?une femme ou d?un homme vidant sa poubelle par-dessus son balcon ? Qui n?a pas vu, au moins une fois, quelqu?un jeter des ordures par la vitre de sa voiture ? Comment avec un traitement et un mépris pareils, Alger aurait-elle pu garder sa blancheur ? Comment aurait-elle pu garder sa beauté et sa dignité ? Sale et clochardisée, la capitale est aujourd?hui une honte pour les Algériens, qu?ils soient gouvernants ou gouvernés.