Les prévisions de récolte céréalière toute variété confondue (blé dur, tendre et orge) de la prochaine campagne moisson battage 2016/2017 sont plutôt légèrement à la hausse comparativement à la campagne écoulée qui s'est soldée par une cueillette de 33 millions de quintaux. Le comité national de préparation, de suivi et d'évaluation de la campagne céréalière prévoit une récolte de 35 millions de quintaux de céréales. C'est pour dire que les volumes importés pour les besoins de consommation ne vont pas connaître de baisse. Et pourtant tout portait à croire que la production céréalière 2016/2017 serait supérieure à celle de la campagne 2014/2015 qui s'est soldée par une récolte 40 millions de quintaux compte tenu du fait que la campagne labours semailles de cette saison s'est déroulée dans de bonnes conditions avec cette remarque : une extension de la surface emblavée. Selon le comité national de préparation, de suivi et d'évaluation de la campagne céréalière qui s'est réuni tout dernièrement au niveau de ministère de l'Agriculture et du Développement rural, avec l'ensemble des acteurs institutionnels de la filière la campagne 2016/2017 est loin d'être moyenne malgré l'extension de la surface emblavée. La raison de ce faible résultat invoqué et soutenu par le comité est le stress hydrique qui a sévi dans bon nombre de régions à vocation céréalière. Cela notamment à Tiaret, Sidi Bel- Abbès, Tébessa et Aïn Témouchent. En clair et toujours selon le comité, les facteurs climatiques sont à l'origine de la baisse de la production céréalière dans l'ouest du pays à hauteur de 40%. Cette baisse vient encore une fois démontrer que notre céréaliculture reste encore trop dépendante de la pluviométrie. Et devant la facture imposante de nos importations pour les besoins de consommation du pays, une question s'impose : il n'est plus possible au pays de compter uniquement sur la pluie pour obtenir des récoltes de céréales appréciables. Selon des experts en la matière, le pays a besoin de revoir sa stratégie de production céréalière toute variété confondue. Il va falloir donc selon ces derniers introduire de nouvelles techniques culturales sans oublier de passer à une extension des surfaces irriguées. Pour la première condition, il appartiendra, d'après ces derniers, à la grande famille des céréaliculteurs de multiplier l'utilisation de fertilisants et la mise en sol que de semences sélectionnées. Quant à la seconde condition, cela relève beaucoup du ministre des Ressources en eau car l'extension des surfaces irriguées ne sera possible que si les agriculteurs disposent du volume d'eau qui leur est nécessaire et en continu pour qu'ils puissent mener à bien leur campagne. Autre condition nécessaire «il va falloir que la mécanisation dans l'acte agricole soit plus pressante et d'autres part que les céréaliculteurs respectent les itinéraires techniques», soutiennent les agronomes. Toujours au sujet de se libérer de la trop forte dépendance de la pluviométrie, des experts en la matière avancent qu'une croissance raisonnablement forte – et surtout durable – des récoltes céréalières ne peut pas se réaliser du jour au lendemain. Elle demande du temps, même si le diagnostic est de ne pas faire dans la céréaliculture. Du côté de la tutelle, il est question d'améliorer la productivité rapportée à la même surface c'est-à-dire produire plus et mieux. Pour ce faire, le ministre du secteur juge qu'une «irrigation d'appoint s'impose et qu'elle doit se généraliser là où l'eau est rendue disponible aux céréaliculteurs». Toujours dans ce même objectif d'améliorer les rendements des cultures céréalières, des agronomes considèrent qu'il n'est plus possible de compter uniquement sur les petits céréaliculteurs qui «dépendent du soutien et des moyens de l'Etat pour produire». Faut-il aussi faire savoir que la filière céréale compte environ 600 000 producteurs, mais très peu d'entre eux disposent de gros moyens (financiers et matériels). «En conséquence, on ne peut espérer aller très vite au niveau souhaité. Pour ce faire, seuls de grands projets peuvent améliorer conséquemment le volume des récoltes», soutiennent de nombreux experts. Toujours dans cette optique, il faut indiquer enfin que les pouvoirs publics ambitionnent d'augmenter progressivement la production céréalière pour la porter à 70 millions de quintaux en 2019. Z. A.