De notre correspondant à Aïn Defla Madani Azzeddine Parler de l'environnement est devenu, depuis un certain temps, une nouvelle carte gagnante dans le discours de certains décideurs et responsables. Des associations ont également adopté le discours environnementaliste et l'exploitent, mais comme moyen de se rapprocher davantage beaucoup plus de l'administration et ce, généralement à des fins personnelles. Les quelque rares associations qui activent réellement pour la protection de l'environnement sont généralement marginalisées et n'ont aucun poids ou influence sur les décisions. Si aujourd'hui certaines personnes, pourtant proches de la nature, se retrouvent à porter atteinte au cadre de vie c'est à cause de l'absence d'une culture et de notions suffisantes dans ce domaine,absence qui est à l'origine de ce comportement négatif. Certes, notre pays s'est engagé largement dans la préservation de l'environnement à travers la signature de toutes les conventions internationales et la mise en place d'une réglementation particulière. Cependant, il reste encore beaucoup à faire en matière de répartition des tâches entre les différents intervenants, mais aussi de renforcement du contrôle sur le terrain. En Algérie, l'absence d'instruments de mesure spécifiques à l'environnement continue de retarder l'application d'un contrôle rigoureux. Or, la concrétisation de cette nouvelle réglementation exige encore plus de rigueur et de suivi sur le terrain. L'obligation d'études d'impact sur l'environnement et de celles du risque de pollution est une simple formalité administrative et les entreprises polluantes ne font pratiquement rien pour les mettre réellement en œuvre. Dès lors, une question s'impose : ces études sont-elles fiables et répondent-elles à la nécessité d'une meilleure protection de l'environnement ? Pourtant, si toute nouvelle entreprise est soumise à la réalisation de ces études, c'est justement pour établir le degré de nuisance de ses activités et, en conséquence, les moyens d'y parer. Mais, force est de croire que ces études ne sont qu'un effet de mode qu'on voit un peu partout dans le monde. Il est utile de rappeler le contenu de l'étude d'impact sur l'environnement pour montrer l'importance de son application. Sans détailler davantage, puisque pour avoir plus d'information les textes réglementaires sont disponibles au niveau des structures de protection de l'environnement ou sur simple recherche dans les sites Web spécialisés dans le domaine, nous dirons que ce genre d'études commence par la description de l'activité de la société puis sa situation vis-à-vis de son voisinage. Elle étudie le cadre physique pour prendre en compte la géologie, l'hydrographie, la climatologie ainsi que d'autres volets, y compris la population, l'urbanisation et expose aussi le procédé de fonctionnement de la société (chaîne de production) et ce, pour déceler les impacts, à savoir la nature des rejets et autres types de pollution que génèrent ses activités. Une fois les différents impacts déterminés, les spécialistes procèdent à l'établissement des mesures qu'ils jugent nécessaires pour l'atténuation ou la suppression de ces impacts. Ces mesures devront être prises en compte par les responsables de la société, sinon l'établissement de cette étude ne contribue en rien à la protection de l'environnement. Manque de moyens et responsabilité humaine Après cette brève description, il est important de signaler que, selon des spécialistes, de nombreuses entreprises ne suivent pas à la lettre l'application des recommandations de l'étude d'impact sur l'environnement et c'est pour cela qu'on continue de voir des rejets d'eaux usées et industrielles, des bruits générés sur le voisinage ainsi que d'autres atteintes à la nature. Par ailleurs, l'étude des dangers et risques de pollution décèle toutes les menaces pouvant survenir dans cette activité et nuire à la santé de la population et des travailleurs. Elle recommande également des mesures d'atténuation de ces risques.Aujourd'hui, si certaines entreprises ont toujours en activité dans des zones urbaines alors qu'elles présentent des risques d'explosion cela veut dire que la responsabilité des services concernés par la protection de l'environnement est engagée, mais non assumée. L'être humain a également une grande responsabilité puisque son comportement vis-à-vis de son milieu est important pour le protéger. La sensibilisation des élèves dans les écoles et les jeunes au niveau des structures réservées à cette catégorie est d'une grande utilité, d'autant que le fait de changer positivement leur vision envers l'environnement signifie déjà une action de protection futuriste.Une fois ce constat établi, il faut reconnaître qu'il reste encore à faire pour mieux protéger l'environnement. Le manque de moyens empêche beaucoup de services d'effectuer leurs missions convenablement. Entre autres, la réalisation des centres d'enfouissement techniques est loin de répondre aux normes universelles d'autant que le tri des ordures ne se fait pas convenablement et qu'on continue de voir des déchets récupérables enfouis dans ces centres alors que, selon différentes études, 50% du total des déchets est récupérable et peut être recyclé. Laisser ces centres fonctionner de cette manière, cela veut dire réduire leur durée de vie de plusieurs années. Autre grave problème qui a surgi ces derniers temps, ce sont les conséquences de cette urbanisation mal contrôlée, une urbanisation basée sur l'extension urbaine horizontale où le béton a pris la place du couvert végétal. Des terres agricoles fertiles situées aux alentours des villes sont loties et urbanisées parce que des responsables ou techniciens ont pris la décision de lancer un programme de construction. Cette nouvelle forme d'atteinte à l'environnement est plus grave que les autres d'autant qu'elle s'en prend au futur, au droit de vivre des générations qui viennent. Et si les services de protection de l'environnement ne réagissent pas à ces atteintes, cela veut dire qu'eux-mêmes sont encore loin d'assimiler l'importance de la préservation du couvert végétal. Pourtant, la réglementation environnementale est claire dans ce cadre. Cette nouvelle forme d'urbanisation mal contrôlée avance aussi d'une manière très surprenante vers les zones industrielles et zones d'activité sans que personne ne bouge alors que cela signifie une atteinte grave à l'activité et à l'avenir des entreprises productives, lesquelles, par la suite, finiront par être sanctionnées par les services de l'environnement à cause de leur influence sur les riverains qui sont venus vers elles. La question qui se pose aujourd'hui c'est de savoir qui a autorisé ces riverains à s'installer près des zones industrielles. De cette manière on a donc le droit de dire que l'atteinte à l'environnement industriel existe aussi dans notre pays puisque, à cause de cette forme d'extension urbaine, de nombreuses sociétés ont dû fermer leurs portes en vue d'une délocalisation. Avec cette manière de gérer l'espace urbain et extra-urbain, qui pourra nous dire qu'un jour ces entreprises délocalisées ne seront pas encore une fois appelées à quitter leurs sites pour s'installer ailleurs ? Des solutions sont indispensables A partir de cela, il est peut-être important de trouver dès maintenant des solutions à cette nouvelle problématique où l'être humain et son extension urbaine nuisent à l'avenir des sociétés de production et présentent un réel impact sur l'environnement industriel.La wilaya de Aïn Defla, à l'instar des autres wilayas du pays, est concernée tout autant par cette situation, car son environnement continue de faire l'objet de plusieurs atteintes et ce, en dépit des efforts fournis par les services concernés, lesquels ont besoin encore de plus de moyens matériels et humains pour intervenir convenablement sur terrain.La responsabilité est également mise sur le dos des autres services, d'autant que chaque service doit intervenir conformément à la réglementation en vigueur en matière de protection de l'environnement.Voir aujourd'hui des rejets d'eaux usées dans les ruelles de certains quartiers signifie que de nombreux réseaux d'assainissement exigent un remplacement. Les aménagements urbains restent aujourd'hui le seul moyen d'améliorer l'état de l'environnement. Cependant, leur mise en œuvre doit obéir à des études fiables basées sur les normes techniques universelles. Au niveau de la ville de Khemis Miliana, des quartiers situés dans la partie sud de la ville continuent de souffrir de la dégradation de leur environnement ; l'état de leur route est à l'origine de la l'apparition de la poussière, ce qui provoque des maladies respiratoires aux habitants. La dégradation des différents réseaux d'alimentation d'eau potable et d'assainissement influe également sur le quotidien de cette population. Des ordures ménagères sont également déposées à des endroits non aménagés, ce qui facilite leur dispersion dans la nature. Sans s'étaler davantage, il est important de dire que la protection de l'environnement reste tributaire de l'aménagement du territoire, lequel signifie également développement. Parler de l'état de l'environnement, et de sa protection sans aborder l'aménagement du territoire veut dire qu'on est encore loin de trouver une solution à cette situation. A partir de cela, l'unique moyen de préserver notre environnement c'est d'entreprendre une bonne et efficace politique d'aménagement du territoire, laquelle permettra d'intégrer les différents secteurs dans la protection de l'environnement et cesser de l'exploiter à d'autres fins que celle du développement durable et humanitaire. Le fait aujourd'hui de ne pas trouver un sonomètre (instrument de mesure du bruit, ndlr) sur le marché algérien signifie qu'il reste encore beaucoup à faire pour lutter contre la dégradation de l'environnement d'autant qu'on se base sur la prise de mesure pour le contrôle.