Photo : S. Zoheir De notre correspondant à Constantine A. Lemili Dans une conférence de presse tenue, il y a une dizaine de jours, l'équipe managériale de la Société de distribution d'électricité et de gaz de l'Est (SDE) a fourni dans les plus grands détails l'essentiel de son bilan annuel d'activités au titre de l'exercice 2009. Les 48 milliards de dinars réalisés au titre de chiffre d'affaires évoquent l'état de santé réelle de l'entreprise et estompent, un tant soit peu, la surcharge de travail ponctuelle due aux incidents techniques qui se produisent en certaines périodes, bien circonscrites, à l'image de l'été, période durant laquelle les populations en paient le fort tribut en raison des délestages auxquels recoure intempestivement le fournisseur national d'électricité. Au nom de l'ensemble de ses collaborateurs, le P-DG de la SDE, Belguebli Lemnaouer, a donc affirmé l'engagement de la SDE d'éviter ce grand désagrément aux abonnés ou du moins de les assurer, serions-nous tentés de le dire, d'un risque zéro, sauf gros et grave impondérable qui ne dépendrait pas de la volonté humaine. Mais s'il existe un désagrément pour l'usager, il se trouve aussi la contrepartie pour la société d'électricité qui le ressent ipso facto dans le manque à gagner pour une période donnée. Or, avec la restructuration de la Sonelgaz, la SDE n'est devenue en réalité, dans le cadre de la filialisation, qu'un client parmi tant d'autres et en tant que distributeur acquiert auprès de la filiale dite de «Transport» tous les types de produits, dont le gaz et l'électricité qu'elle revend aux populations. La société demeure donc exposée aux aléas du marché, autrement dit à la loi de l'offre et de la demande. A ce titre d'ailleurs, et au cours de la conférence de presse sus évoquée, l'un de ses cadres a annoncé, au titre de l'exercice 2009, l'achat de 13 247 Gwh pour une vente de 13 612Gwh. Ce faisant, la SDE a réalisé un taux de 97% par rapport aux prévisions sur lesquelles s'en ressent forcément la facturation (94%) confirmant dans la foulée les pertes (19%). Ces pertes, selon, un ingénieur de l'entreprise abordé en marge de la rencontre auraient deux raisons : «Elles peuvent être techniques sans qu'elles soient pour autant, l'apanage de l'entreprise algérienne, puisqu'elle obéissent à un constat universel vérifiable de pertes dans le transport dues à bien des considérations et facteurs exogènes (environ 7%) à travers tous les réseaux mondiaux et il y a malheureusement celles [pertes] non techniques qui sont la fraude, le vol.» Ces fluctuations évoluent en fonction de la demande et «des disponibilités» que perturbe une saison, précisément celle de la saison estivale, en raison de la phénoménale «gadgetisation» de la vie domestique intérieure. Dans ce domaine, l'offre a plus que bouleversé les comportements et conduit à une consommation effrénée et déraisonnable de l'énergie électrique qui fait que la demande, est-il utile de souligner, ne répond pas à des normes universellement connues, et n'arrête pas d'évoluer, malgré les moyens et les efforts consentis par l'Etat pour maintenir un juste équilibre et garantir à ses populations la fourniture de cette énergie en quantité et en qualité. C'est d'ailleurs ce qui nous est encore expliqué par l'ingénieur de la SDE. «Le délestage peut être volontaire ou automatique. Il est volontaire quand l'offre est en deçà de la demande et que celle-ci [demande] présente un potentiel risque pour les installations. Cela se traduit par des suspensions tournantes d'énergie d'un endroit à l'autre selon un programme dont l'objectif est de ne pas trop pénaliser une population par rapport à une autre. Il est automatique dès lors qu'il se produit un incident à hauteur d'une centrale», dira-t-il. Néanmoins, il y aurait très peu de probabilités que se produise un incident, du moins dans la partie géographique couverte par la SDE, dans la mesure où l'entreprise s'est dotée notamment de la nouvelle centrale électrique de Batna, venue s'ajouter à celle de Tarf, Skikda, Annaba et Jijel, de moyens conséquents à même de faire face aux fortes prévisions de l'été 2010. Tout cela n'exclut pas les risques de panne au niveau de la centrale elle-même, toutefois nous saurons que «si cela est effectivement envisageable, il ne pourrait l'être en réalité que dans un scénario apocalyptique, sachant que les nombreux relais techniques existants, au sein de la centrale même, laissent une grande marge de manœuvre et fournissent donc toutes les solutions de recours permettant de pallier les incidents quelle que soit leur ampleur». L'été 2010 sans délestage à Constantine ? Qu'exigerait de plus le Constantinois? Il aura à juger sur pièces les engagements pris par l'équipe managériale de la SDE.