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Le festival du raï dédié à la mémoire d'Ahmed Zergui
Pour sa 3ème édition à Sidi Bel Abbès
Publié dans La Tribune le 28 - 07 - 2010


De notre envoyée spéciale à Sidi Bel Abbès
Amira Bensabeur
Le coup d'envoi de la troisième édition du festival de la chanson raï à Sidi Bel Abbès sera donné ce soir au stade des Frères Amirouche. Dédiée à la mémoire de Ahmed Zergui, la star des années 1980, cette édition sera ouverte par chikh Naam de Sidi Bel Abbès qui
présentera quelques chansons de cette figure de la chanson raï qui a laissé son empreinte et est devenu un maître du genre en son temps. Cette soirée d'ouverture sera rehaussée par d'autres chanteurs? dont cheb Fayçal, Mohamed Amine, le groupe RMK de France, ainsi que Tarek et Maria? invités de France. De nombreux chanteurs sont attendus lors de ce festival. On citera cheb Redouane, Dalila, cheb Réda, la troupe locale Raïna Hak, Sadek El Marakchi, Nassim de Londres, Kheira, Abbas, Khalas, Hasni Sghir, Raïna Raï, cheb Nani, Kader Japonais, Djamila, Houari, El Hendi, et cheb Zino. On remarquera l'absence de Khaled, Nasro et Billal. Le festival verra la participation d'une trentaine d'artistes venus des quatre coins du pays ainsi que d'autres de France et du Maroc, a indiqué la
commissaire du festival, Mme Halima Hankour.Selon les organisateurs, cette édition qui s'achèvera le 2 août prochain constitue une forme de reconnaissance envers ceux qui ont donné beaucoup au raï, et également une opportunité pour promouvoir cette chanson née à l'ouest du pays avec un enracinement vernaculaire et dialectal, une esthétique de proximité si marquée et une pratique de diffusion si particulière, qui lui ont permis de se tailler une place sur les scènes du monde entier. En effet, a-t-on ajouté, ce festival de la chanson raï, qui a enfanté de nombreux talents, est un atout pour sauvegarder davantage ce patrimoine purement algérien.Par ailleurs, lors de ce festival qui est né à Oran avant d'être transféré à Sidi Bel Abbès où il est désormais localisé, considérant que cette région est le berceau de ce genre musical, cheb Benchenat, une autre valeur sûre de la chanson raï, donnera un aperçu de son talent, tandis que d'autres jeunes chanteurs entreront en compétition, devant un jury composé de spécialistes dont le Pr Hadidi et les musiciens Assou et Samoud, qui remettront les prix du festival aux trois lauréats. En plus de ces distinctions, la commissaire du festival dira que deux prix d'encouragement seront également décernés. Le lauréat de cette édition bénéficiera par ailleurs de l'édition gratuite d'un album.Mme Hankour précisera que le règlement du concours exige la présentation de chansons avec des textes bien structurés afin de conférer à ce patrimoine national sa véritable valeur et que l'âge du candidat ne doit pas dépasser les 35 ans. Concernant le
financement, la commissaire du festival a indiqué que cette édition a bénéficié d'un montant de plus de 12 millions de dinars.
Lors de sa conférence de presse, la commissaire du festival, qui occupe également le poste de directrice de la culture de la wilaya de Sidi Bel Abbès, n'a pas manqué de rappeler qu'après la réalisation de la salle de spectacle, d'une capacité de 30 000 places, à Sidi Bel Abbès, la ville n'aura plus aucun problème pour accueillir des événements importants comme le festival du raï qui a connu lors de la dernière édition une affluence record.
Le raï, un vaste répertoire
De l'avis de nombreux spécialistes, le raï a un vaste répertoire qui remonte à plus d'un siècle. La chanson raï a été un sujet d'étude pour quelques chercheurs qui se sont penchés sur son histoire et ont tenté d'analyser le phénomène de société qu'il est devenu. Selon le docteur Boumedini Belkacem, le style raï est né dans la région oranaise au début du 20ème siècle. Le mot raï, prononcé en arabe dialectal algérien (Ya rayi ou ya ray) signifie avis, façon de voir. Les chanteurs utilisaient le raï pour exprimer leurs points de vue sur la politique (contre l'occupation française), mais aussi contre tous les interdits et les tabous dans la société algérienne, comme les amours libertins, l'alcool, etc. très évoqués dans les chansons. Le raï, toujours selon le Dr Boumedini, évoluera au fil des années en adoptant divers styles qui correspondent à l'époque et à la région, surtout dans l'Oranie, à savoir Oran, Sidi Bel Abbès et Aïn Témouchent. «Le raï est caractérisé par une langue simple, celle des émotions, des sentiments et du rêve ; c'est-à-dire la langue ‘‘eddarija'', et des fois un arabe mélangé, dans beaucoup de chansons, avec le français», dira le chercheur qui a rappelé dans son étude qu'après l'indépendance, en 1962, le raï commence à se développer dans la région oranaise en intégrant de nouveaux instruments occidentaux, à savoir le violon, l'accordéon, la guitare électrique, le saxo, la batterie et le synthétiseur. Mais, parce que libertin, le genre est demeuré pendant des années confiné dans des milieux marginaux. Il est interdit dans les cercles familiaux et sur les scènes officielles. Il a fallu attendre les années 1980 pour voir le raï sortir de l'ombre. Il ne tardera pas à dépasser les frontières et s'internationalisera grâce à plusieurs chanteurs à l'image des chebs Sahraoui, Khaled et Mami qui se sont installés en France où ils se produiront devant un public d'émigrés avant de conquérir non seulement les Français mais d'autres peuples. Ce succès du raï à l'étranger ouvre la voie à une nouvelle génération d'artistes issus de l'émigration. Mais en partant vers d'autres horizons, cette musique s'est coupée de son espace originel.
Les festivals qui regroupent de nombreux chanteurs de raï et les manifestations auxquelles prennent part les chebs montrent qu'aujourd'hui le raï n'est pas seulement un genre musical mais il est devenu un phénomène social sur lequel les champs d'étude se sont développés pour toucher le domaine sociologique, historique et sociolinguistique. De nombreuses études universitaires se sont intéressées à la langue du raï et surtout au code switching et à l'emprunt à la langue française. Le raï comme genre musical qui a suscité beaucoup de polémiques avant de s'imposer comme expression artistique d'une jeunesse contestataire, à travers des chansons dont les textes sont bruts et brutaux, s'attaquant à tous les problèmes et frustrations dont souffrent les jeunes.
Le festival désormais ancré à Sidi Bel Abbès
Ainsi, et grâce à de nombreuses festivités célébrées à Sidi Bel Abbès, cette ville appelée jadis «le p'tit Paris», se dote d'une politique de développement culturel avec l'objectif avoué d'assumer pleinement son rôle et son statut de métropole moderne. Ancrée dans l'histoire singulière et l'ébullition créative actuelle de Sidi Bel Abbès, cette politique fait écho à de nombreuses initiatives en faveur d'une prise en charge du secteur culturel.Le festival confié à Mme Halima Hankour se veut donc une occasion pour promouvoir davantage cette chanson, encourager les recherches sur son histoire et ses impacts et influences sociales, soutenir les nouveaux talents, etc. D'ailleurs, dans ce sillage, la commissaire du festival a mis l'accent à plusieurs reprises sur l'importance de cette
manifestation pour la ville et la nécessité de déployer beaucoup de passion et de dévouement pour la réussite de son organisation, «car notre désir est de tisser du lien social dans notre ville, pour transmettre et partager en toute liberté et équité l'intelligence et la
sensibilité que procure la culture et que donnent les artistes», dira-t-elle.


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