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ArcelorMittal : les vérités d'un conflit
complexe sidérurgique
Publié dans La Tribune le 30 - 08 - 2010


Photo : Mohamed Rahmani
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani
«Les vérités sur ce conflit à répétition qui secoue le complexe sidérurgique d'El Hadjar depuis plus d'une année sont à chercher du côté de ceux dont les intérêts ont été touchés, sinon réduits à néant et qui sont aujourd'hui en train de manipuler certains à l'intérieur de l'usine pour semer des troubles et ainsi évincer le syndicat d'entreprise, principale source de leurs problèmes, mais nous tiendrons envers et contre tous et nous continuerons le ‘‘nettoyage'' pour préserver notre outil de travail et les postes d'emploi.» C'est en ces termes que le secrétaire général du syndicat d'entreprise ArcelorMittal, Smaïn Kouadria, nous a résumé la situation qui prévaut actuellement au niveau du complexe et qui, selon toute vraisemblance, n'est pas près de trouver une solution, du moins dans les prochains jours.
La genèse du conflit
La genèse de ce conflit remonte au mois de mai 2009 lorsque des délégués syndicaux menés par M. Kouadria, alors secrétaire général par intérim, avait voulu procéder à des élections pour le renouvellement du bureau du syndicat dont le mandat était arrivé à terme. Les partisans de Aïssa Menadi, secrétaire général en titre du syndicat d'entreprise et député, avait empêché par la force la tenue d'une réunion de préparation desdites élections et la situation avaient dégénéré en affrontements avec des agressions et des blessés de part et d'autre. 2 camps distincts, chacun avec ses partisans chauffés à blanc s'étaient mené la guerre pendant près de 3 mois à coups de communiqués de presse où les accusations et la diffamation étaient devenues des armes redoutables. La Centrale syndicale, qui avait dans un premier temps ignoré le conflit, espérant que les 2 factions rivales arriveraient à la longue à trouver un terrain d'entente, avait dû se raviser pour exiger que des élections soient organisées sous l'égide de l'Union de wilaya de Annaba. Les élections se tinrent donc et Smaïn Kouadria fut élu par ses pairs secrétaire général du syndicat d'entreprise.
Scandales et gros intérêts
Avant cette confrontation syndico-syndicale qui s'est terminée par un duel via les urnes, bien des scandales avaient secoué le complexe et qui avaient donné lieu à des poursuites judiciaires. L'affaire GSW, une entreprise indienne de récupération de déchets ferreux travaillant pour le compte du complexe avait pu avec une facilité déconcertante livrer des tonnes de crassier, matière qui pourtant avait été rejetée par l'usine et qui était facturée comme étant des livraisons. Complicité des gardes, du service de facturation, de directeurs et autres responsables furent établies. Ensuite, ce fut l'affaire du transporteur turc EFES qui avait bénéficié d'un contrat avantageux avec prêts auprès des banques locales et ce, au détriment des centaines de transporteurs algériens. L'autre affaire a vu tomber dans les filets de la justice un ponte du rond à béton et «accessoirement» vice-président de l'APW de cette wilaya, actuellement en prison. Accusé d'évasion fiscale, de détournement de biens du complexe sidérurgique d'El Hadjar, de faux et usage de faux, d'enrichissement illicite et de complicité, M. Hacene Fellah, magnat de la ferraille à Annaba, attend toujours d'être jugé. L'affairisme qui a pris racine et s'est développé au sein de ce complexe cédé aux étrangers venus soi-disant le sauver de la faillite est devenu une usine à scandales où l'on fait son «beurre» sur le dos des travailleurs et au détriment du Trésor public qu'on truande à tout va. Le complexe n'était pas encore au bout de ses peines puisque, juste après l'élection de Kouadria à la tête du syndicat d'entreprise, ce fut au tour du comité de participations (CP) d'être sous les feux de la rampe avec une plainte déposée auprès du tribunal d'El Hadjar par 4 200 travailleurs pour dilapidation de fonds sociaux, mauvaise gestion et détournement. Les accusés au nombre de 8, dont le président du conseil de participations et un commissaire aux comptes avaient tous été reconnus coupables et les peines prononcées au mois de mars de l'année en cours étaient de 4 ans à 18 mois de prison avec sursis et des amendes de 10 à 5 millions de dinars.
Déclenchement des hostilités par le CP
Le conflit opposant le syndicat d'entreprise au comité de participations qui couvait depuis quelques mois déjà mais qui était plus ou moins discret s'est étalé au grand jour suite à la grève générale et illimitée du 21 juin 2010 dont le tribunal d'El Hadjar avait ordonné la suspension. Le CP avait mobilisé ses troupes pour en découdre avec le syndicat et ainsi en évincer le secrétaire général puisque l'UGTA avait, elle aussi, donné instruction pour la reprise du travail. Prenant le train en marche, les membres du CP avaient réussi à convaincre une partie des délégués syndicaux de se joindre au mouvement qui commençait à prendre de l'ampleur. On en était venus aux mains et un affrontement eut lieu le 17 août entre pro et anti-Kouadria pour ensuite procéder à la fermeture pure et simple du siège du syndicat.
La réponse de Kouadria
«Nous n'userons jamais de violence contre nos camarades et nous considérons qu'ils ont été manipulés, nous a confié le SG du syndicat, c'est pourquoi nous avons appelé à l'apaisement et au calme, nous avons avec nous la quasi-totalité des travailleurs du complexe dont nous sommes les représentants légaux, toute cette agitation, ces incidents ne servent ni les intérêts des travailleurs ni ceux du complexe ; bien au contraire, ils créent un climat malsain. Nous avons le soutien de la Centrale syndicale et, comme vous le savez, des mesures disciplinaires ont été prises contre certains syndicalistes, eux-mêmes victimes -sans le savoir- de ces manipulations.» Poursuivant, M. Kouadria nous apprendra que, si le syndicat n'était pas intervenu pour dénoncer certaines pratiques
illégales établies, le complexe sidérurgique aurait eu de graves difficultés. «Nous avons mis au jour des affaires et des affaires, nous confie-t-il, telles que les prestations fictives, les transactions douteuses, les marchés passés de gré à gré et bien d'autres choses, nous avons des dossiers et des preuves de tout cela. Tout le monde ou presque y trouvait son compte et le complexe était devenu la poule aux œufs d'or. On ne m'a pas pardonné cela et ma tête était en quelque sorte ‘‘mise à prix'' et il fallait me faire tomber, d'où ces événements dont l'objectif premier est le retour à ces pratiques. Nous défendons notre outil de travail et nos emplois, il y a près de 6 000 travailleurs qui vivent du complexe sans compter les emplois indirects. Imaginez un peu la situation si celui-ci venait à avoir des difficultés et fermerait…»
Pétitions
Lors de notre visite au complexe, nous avons appris qu'une pétition signée par 72 personnes, dont des délégués syndicaux et des membres du CP demandant le retrait de confiance au SG du syndicat d'entreprise, circulait dans les ateliers. Le CP mène tambour battant cette action et compte élargir la liste des signataires pour atteindre le quorum requis. Selon M. Kouadria que nous avons contacté, cette pétition est nulle et non avenue parce que les membres du CP n'ont rien à voir avec le syndicat ou son secrétaire général, la douzaine de délégués syndicaux dont les noms sont mentionnés sur ladite pétition l'ont signée sous la contrainte et la menace et se sont rétractés. «Pour preuve, nous dit-il en exhibant une copie de la pétition, ceux qui ont soi-disant signé, ont fait des rapports dans lesquels ils dénoncent le fait d'avoir été menacés pour le faire. Je vous citerai le cas de M. Cheriet, délégué syndical du LFR, qui, dans son rapport transmis au bureau, affirme avoir été battu. Pour notre part, nous avons la confiance de la totalité des 140 délégués syndicaux des 32 sections que compte le complexe qui ont signé une pétition dans laquelle ils soutiennent sans réserve le syndicat et le secrétaire général.»
La dislocation du mouvement
Samedi dernier, le mouvement de contestation a commencé à s'estomper avec le retrait de près d'une quarantaine de travailleurs et de délégués qui ont préféré «arrêter les frais», comme se plaisent à le dire certains. Cependant, d'autres «irréductibles» continuent à camper sur leurs positions et maintiennent contre vents et marées le mouvement de contestation. La direction a invité hier le syndicat à une réunion de travail pour informer les représentants des travailleurs que toutes les mesures ont été prises pour la réouverture dans les meilleures conditions des bureaux du syndicat d'entreprise où seront déployés des agents de la sécurité interne afin d'empêcher toute incursion des frondeurs.


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