Pour avoir tiré les premiers, délibérément ou involontairement, via leurs médias, les Anglais ont payé cash non seulement la liberté de ton de leurs journalistes mais également le recours d'une démarche essentielle dans le métier et qui en fait par ailleurs le b.a.-ba : l'investigation et/ou l'art dans la collecte des informations. Prenant prétexte de l'idée d'innover en matière de choix des lieux géographiques du prestigieux rendez-vous mondial, Blatter et son clan, à leur manière, ont pratiqué la loi du talion, quitte pour cela à confier l'organisation du Mondial de 2018 à un pays qui tout d'abord n'est pas prêt et qu'il ne le serait certainement que dans des conditions chaotiques le jour «J», mais aussi et surtout parce que les dirigeants de l'institution semblent s'être pliés à une sorte de chantage de l'homme fort de la Russie. Paradoxalement, les révélations faites par la BBC et faisant état de corruption, au demeurant avérées, de membres de la Fifa ont été des arguments frappants pour Vladimir Poutine qui, intelligemment dénonçait une longueur d'avance de certains pays candidats, en qualifiant la campagne médiatique de ces derniers jours de stratégie visant à mettre la pression sur les instances ad hoc de la Fifa… et du coup disqualifier la Russie. Quoi qu'il en soit, il paraît des plus indiscutables que les soupçons de corruption distillés par la presse et très certainement résultant d'une fuite organisée ont malheureusement desservi la cause anglaise à un moment où les plus illustres de ses représentants, dont le Premier ministre, l'un des héritiers de la couronne, des stars mondiales du football s'évertuaient à convaincre les pontes de la Fifa d'un retour du Mondial, 52 ans après le seul organisé jusque-là. L'élimination de la candidature anglaise n'est pas sans être inquiétante pour deux raisons. La première est qu'elle précise, on ne peut mieux, la capacité de dissuasion, de pression, de persuasion de la Fédération internationale à l'endroit des pays qui y sont affiliés, obligés face à elle d'adopter le profil bas malgré toutes les magouilles qui s'y déroulent et les scandales qui l'éclaboussent. La deuxième est cette ligne rouge que la Fifa a dorénavant tracée et qui met en demeure les médias de la franchir sans risque d'impunité et ce, quelles qu'en soient les raisons. Terry Venables, l'ancien sélectionneur, n'avait que trop raison après l'annonce de la Russie en affirmant que «après tout le KGB et la Fifa sont les deux dernières sociétés secrètes de la planète». Dénoncer la corruption, n'est-ce pas faire œuvre d'utilité publique ? Au vu de ce qui s'est passé le premier jeudi de décembre à Zurich, ce n'est plus évident. A. L. Madjid Bougherra : «Je suis heureux que le Qatar organise le Mondial 2022» Madjid Bougherra s'est dit «heureux» de voir le Qatar retenu par la Fifa pour l'organisation de la Coupe du monde 2022. «Je suis très content et heureux. C'est un honneur pour les Arabes qui doivent être fiers aujourd'hui de cet acquis», a indiqué Bougherra vendredi soir à la chaîne qatarie Al Jazeera Sport. Magic est persuadé des potentialités du Qatar pour réussir l'édition 2022 du Mondial. «J'ai déjà visité ce pays lorsque je me soignais au centre médical d'Aspetar ; franchement, il dispose d'infrastructures impressionnantes qui vont lui permettre de réussir une belle Coupe du monde», a-t-il ajouté. Enfin, le solide défenseur des Verts espère voir l'Algérie prendre part au Mondial 2022, un rendez-vous fort de sens, a-t-il estimé. «Ce sera une chose merveilleuse pour nous de prendre part à ce tournoi, car c'est le premier qui sera organisé en terre arabe, c'est tout un symbole pour l'Algérie», a-t-il conclu.