Photo : S. Zoheïr Par Amirouche Yazid Comment maîtriser les circuits de la distribution, segment stratégique dans toute filière de production, de façon à satisfaire le client ? La question a, de tout temps, taraudé les esprits des industriels en quête d'une bonne pénétration du marché, synonyme de bons résultats pour l'entreprise. Les pouvoirs publics, de leur côté, n'arrivent pas non plus à maîtriser ces réseaux. Cela a été vérifié lors des récentes tensions sur certains produits de consommation et sur les prix. Hasard de calendrier, la rencontre organisée, jeudi dernier, par le bureau d'Alger d'Ernst & Young sur le thème de la distribution, intervient au moment où la question fait débat sur le marché national. La désorganisation des circuits de distribution a été évoquée parmi les diverses explications données sur la hausse des prix de certains produits de première nécessité. Dans un contexte d'émeutes, des producteurs ont essuyé des critiques, lesquelles n'ont pas épargné les distributeurs. D'où l'importance des avis et des expertises proposés par Ernst & Young au cours de la conférence traitant de la distribution qui a clôturé le cycle de thématiques dédié au management de la Supply Chain en Algérie. «Il y a plusieurs modes pour une bonne logistique», annonce d'emblée Pascal Quierro, auteur d'une communication sur «la logistique de distribution, en local». Le conférencier a exposé deux modèles avec leurs avantages et inconvénients. Le modèle de l'entrepôt présente, selon le conférencier, plusieurs inconvénients dont «des coûts fixes du stock, des zones de chalandise importantes, une réactivité et une flexibilité plus faibles». Les avantages de ce modèle sont une optimisation des coûts de picking, des retours gérables et une optimisation des circuits.Concernant le second modèle, le cross-docking, ses avantages sont multiples : absence de stock plate-forme, massification des flux d'approvisionnement, flexibilité et réactivité du processus. M. Quierro évoque une expérience menée en France chez un grossiste-répartiteur de produits pharmaceutiques qui compte 52 agences et dont les résultats ont été négatifs. Le diagnostic portant sur la définition d'un nouveau schéma directeur a été articulé sur «l'analyse des ventes et leur modélisation». Les recommandations de la Supply Chain ont permis à ce grossiste «l'optimisation du réseau, la réduction du stock d'environ 30% et l'obtention du taux de service ciblé à hauteur de 95%». Le conférencier termine son intervention en déclarant qu'il «est important de maîtriser le coût logistique et celui du transport».Les organisateurs ont convié par la suite le patron de Cevital, M. Rebrab, à exposer la stratégie de distribution du groupe. Il a expliqué les motifs qui l'ont amené à s'installer à Béjaïa. Il dira à ce sujet qu'«il faut d'abord se rapprocher du client». Et d'expliquer que «pour pouvoir décharger 10 000 tonnes/heure, il faut une infrastructure portuaire adaptée. Ce facteur influe considérablement sur la compétitivité». Rebrab est convaincu que «les entreprises ne seront compétitives que si elles sont implantées dans des ports de taille mondiale». Quant à la question de la distribution, il pense que «les industries doivent s'installer dans les ports, car le transport ne revient pas excessivement cher», soutient-il. Pour contourner ce coût excessif du transport, le groupe Cevital est en train de construire trois centrales logistiques à Bouira, Constantine et Sig (Oran). La deuxième conférence au programme de cette rencontre a été consacrée aux «obligations de traçabilité dans l'agroalimentaire et la pharmacie». Pour Mme Thi-Ku Khoung Le, «la traçabilité permet de rationaliser le processus logistique, d'optimiser la gestion des stocks, de suivre le transport et les livraisons en temps réel. Elle permet également de connaître les circuits parallèles de la distribution». Inscrit à l'ordre du jour, le thème du «service après-vente (SAV), notamment pour les produits électroniques grand public», n'a pas été abordé par la conférencière. Après s'être renseignée auprès de l'assistance, elle a pris acte de l'absence de professionnels du SAV - pourtant très important dans les rapports entreprise-client - et préféré passer à autre chose…