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La fête de l'espoir d'un Sahara occidental libre
35e anniversaire de la Rasd dans les camps de réfugiés à Tindouf et Tifariti
Publié dans La Tribune le 08 - 03 - 2011


Photo : Riad
De notre envoyée spéciale au Sahara occidental
Badiaa Amarni
«Kassaman, la nakhoun ahalina fi essoujoun El Ayoun» (promesse, nous ne trahirons pas nos frères dans les prisons d'El Ayoun), «bissilah, bilkifah nafdi essahra bilarouah» (avec les armes, avec la lutte nous sacrifierons nos vies pour le Sahara)… Des slogans scandés par la population et les militants sahraouis au passage des troupes de l'armée tous corps confondus. C'était à l'ouverture des festivités du 35e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), dimanche dernier dans le territoire libéré de Tifariti, symbole de la résistance sahraouie, qui ont réuni tous les amis du peuple sahraoui. Ils sont venus des quatre coins du monde, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud, d'Europe, d'Afrique, d'Asie et même d'Australie pour partager et célébrer cette fête-événement si symbolique qui en dit long sur la lutte des Sahraouis pour reconquérir leur pays. La marche vers la reconquête se poursuit et la conviction de voir un jour le vent de l'indépendance souffler sur le pays est totale. Une conviction que partage toute la population sahraouie. Cela transparaît d'ailleurs à travers tous les slogans et chansons patriotiques interprétées lors de cet anniversaire.
Une armée structurée au service d'une noble cause
L'ouverture des festivités a eu lieu en présence du président de la Rasd et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, et des invités, dont l'Algérie, à l'honneur dans le discours présidentiel. Après avoir hissé le drapeau de la Rasd, place aux nombreuses troupes composant l'Armée populaire de libération sahraouie (APLS) dont la création remonte au congrès fondateur du Front Polisario qui s'est tenu le 10 mai 1973. Son objectif principal est «la libération du Sahara occidental de l'emprise étrangère ainsi que la défense de l'intégrité du territoire sahraoui». L'APLS est organisée en sept régions militaires (trois dans le Nord, trois dans le Sud et une à Tindouf). Dans le Nord, il y a la 5e région (près de Bir Lehlou) et la 4e (près de Meres) appuyée au Centre par la 2e région «renforcée» et mécanisée de Tifariti. Dans le Sud, ce sont la 3e région (Mijeh) et la première (Zoug), appuyées au Centre par la 7e région
«renforcée» et mécanisée de Sellaourich. Chaque région militaire se compose de cinq à six bataillons, composés chacun approximativement de quatre à cinq unités militaires.Toutes les troupes de l'armée, notamment féminines, ont défilé devant les invités de la République qui les ont applaudies avec force et qui sont restés admiratifs de tant de détermination. Le président de la Rasd a été longuement acclamé par les populations de Tifariti et même celles venues des autres régions, y compris celles occupées pour assister à cette fête grandiose. Parmi les activités de l'APLS, le déminage du territoire sous son contrôle.
Les mines antipersonnel, un crime contre l'humanité
Le 35e anniversaire de la proclamation de la Rasd a été l'occasion pour cet Etat de démontrer au monde entier sa détermination à en finir avec les mines antipersonnel, dont 1 506 ont été détruites sous les yeux de ses hôtes au lieu-dit El Kalaa à Tifariti. En effet, au deuxième jour de cette commémoration, l'armée a procédé à la destruction de ces engins de la mort qui ont fait et continuent à faire des victimes parmi les populations innocentes. Des organisations non gouvernementales étrangères ont pris à bras-le-corps ce programme et tentent d'apporter appui et soutien au Front Polisario pour le déminage des territoires minés. Cette quatrième et dernière opération menée sur le territoire libéré de Tifariti, depuis que le Polisario a signé l'appel de Genève, a été une réussite et ouvre la voie à d'autres opérations dès l'année prochaine au niveau de la région de Bir Lahlou et dans le sud du pays. Ces mines antipersonnel ont causé la mort et des blessures à des milliers de citoyens. Même les animaux n'échappent pas à ces armes destructives semées sur le territoire sahraoui par l'armée marocaine. Selon M. Pascal Boncard, directeur de programme au niveau de l'Appel de Genève, «plus de 300 victimes de mines antipersonnel vivent dans les camps des réfugiés et d'autres vivent sur les territoires libérés, sans compter un nombre important de morts. Les survivants vivent dans des conditions difficiles car ils restent sans emploi et représentent une lourde charge pour leurs familles. Il y a beaucoup de travail à faire sur ce point bien précis». Un bureau de la Croix-Rouge a été installé à Rabouni ainsi qu'un centre de prothèses pour les victimes des mines antipersonnel.La dernière et la plus jeune des victimes de ces engins de la mort est Mouna Hafedh El Hadj. Agée à peine de 4 ans, elle a déjà connu les affres des blessures par une mine antipersonnel. Ce jour fatidique du mois de février 2011 restera gravé à jamais dans la mémoire de cette petite fille et de sa famille. Mouna était en train de jouer avec sa cousine, dans la campagne d'El Oudj, lorsqu'elle voit cette mine. Loin d'imaginer qu'il s'agissait d'un engin de la mort, elle prend une pierre et la jette en direction de la mine qui explosa. La voyant projetée à terre avec cette fumée qui s'élevait vers le ciel, sa cousine s'enfuit la laissant derrière elle. Sa maman Mamia et les autres membres de la famille accourent. Mouna est blessée au niveau des jambes et de la main. Immédiatement, le médecin de Bir Lahlou où elle a été examinée décide de l'évacuer vers l'hôpital militaire de Tindouf à des centaines de kilomètres de là. C'est une piste qui n'est pas de tout repos pour une personne en bonne santé. Alors, pour notre petite blessée, le voyage a dû lui paraître une éternité ! En ce jour de déminage, la petite Mouna, en entendant la détonation des explosions a détourné sa tête de cette fumée qui monte au loin et s'est mise à pleurer au creux de l'épaule de sa mère. Le souvenir amer est remonté à la surface et l'expression de la peur se lisait sur son petit visage.
L'école et la formation, une priorité
Pour accéder à Tifariti depuis les camps des réfugiés à Tindouf, il faut parcourir une distance de 360 km de piste. Ce n'est pas un voyage facile pour ceux qui ont le cœur fragile. Cependant, la magnificence des paysages qui vous accompagnent tout au long de ce safari dans le désert peut vite vous faire oublier la fatigue et les malaises en tous genres. Le terrain est tantôt escarpé, tantôt plat. Il est parfois désertique, et c'est le vide autour de soi, et parfois peuplé de chameaux ou de troupeaux de moutons. Des acacias et des plantes apparaissent çà et là. Nous regagnons Tifariti au crépuscule, dans le camp du chahid Mahfoud Ali Baiba, une école qui forme des générations de Sahraouis. L'hospitalité des gens de la région est marquante comme celle d'Omeima qui nous a tout le temps servies dans la chambre des filles où nous étions hébergées. Après deux jours à Tifariti pour assister au lancement des festivités de ce 35e anniversaire, nous reprenons la route pour regagner le camp des réfugiés à Tindouf appelé «27-Février» où nous avions déjà logés chez des familles la première nuit de notre arrivée. Le voyage de retour était encore plus dur car entamé tard dans l'après-midi pour permettre aux journalistes de faire leurs envois sur l'événement.Conduire dans la nuit en plein désert n'est pas du tout facile. Mais l'expérience des chauffeurs sahraouis, comme Mehdi, nous a permis d'arriver à bon port en toute sécurité ! Le lendemain, nous regagnons la wilaya de Smara à environ 24 km du camp du 27-Février. Là aussi, des festivités commémorant l'anniversaire de l'instauration de l'Etat sahraoui ont été organisées. Des tableaux exprimant des messages de paix et d'amour et les capacités de construire le pays une fois libéré ont été peints par des enfants, des jeunes même des femmes sahraouis.Toutes les franges de la société depuis l'école coranique, la crèche, le primaire, le fondamental, le lycée et la formation professionnelle ont défilé devant les invités de la Rasd pour démontrer que la force et l'avenir de ce pays sont dans la formation. D'ailleurs, l'Etat sahraoui en fait sa priorité.
Le message des enfants sahraouis
Le premier tableau émouvant de cette grande exhibition culturelle reste les pigeons de la paix lâchés par les enfants avant de courir remettre chacun une lettre (contenant des messages) aux députés et invités de la Rasd. Les enfants sahraouis ont démontré leur savoir-faire dans le sport, l'apprentissage du Coran, leur amour de l'école… En tablier, sac à dos ou en tenue de sport, les petits Sahraouis n'ont eu de cesse de chanter l'amour de la patrie : «Nouridou essalam, nouridou el houria» (nous voulons la paix, nous voulons l'indépendance), «haya, haya, ya atfal, etaaloum ras el mal» (allez, allez les enfants, l'éducation est notre capital)…
Se succèdent ensuite des images montrant tous les aspects de la vie sahraouie depuis les temps anciens. Les traditions du mariage sur chameau, l'agriculture traditionnelle (moisson-battage) représentée par une troupe de la région de Djdiria, les équipes des urgences et du volontariat du Croissant-Rouge sahraouie, le groupe des scouts portant le nom du chahid Mohamed-Saïd Lemam sont autant de belles images dessinées en cette belle journée ensoleillée. Les noms des martyrs de la révolution sahraouie, à l'exemple du chahid Mohamed Salem Ambirik, donné à une crèche, du chahid Abdou Mohamed, donné à un collège, étaient à l'honneur lors de cette commémoration. D'autres professions ont été représentées : la santé avec des médecins et des infirmiers et le matériel utilisé, du simple stéthoscope jusqu'aux ambulances, la formation professionnelle, l'agriculture, dont beaucoup de projets ont été attribués aux jeunes, l'industrie, le développement et l'eau pompée des profondeurs de ce Sahara pour être traitée avant d'être distribuée aux
populations…Cette exhibition ne pouvait se terminer sans le défilé des sportifs, venus des différentes régions du monde, ayant participé au marathon du Sahara occidental. C'est l'Algérien Hassan Bouchouit qui a remporté la médaille de la XIe édition. La foule se disperse enfin mais ne quitte pas Smara avant de faire un tour du côté du «Mahssar» (endroit où plusieurs tentes ont été installées et où toutes les traditions et coutumes du peuple sahraoui ont été représentées).
La liberté, rêve d'enfants et d'adultes
Retour au camp du 27-Février à Tindouf. Les conditions de vie ne sont pas du tout faciles. Malgré le manque de moyens, les familles qui nous accueillent sont d'une grande hospitalité. C'est le cas de Fatoumatou et de ses filles qui nous ont offert le gîte l'espace de deux nuits : à l'arrivée et la veille du départ. D'une simplicité émouvante, cette mère de famille nous a mis à l'aise au point de nous sentir chez nous. La maison, le toit en zinc et le sol en ciment, est grande mais modeste. Le salon contient des matelas mis par terre sur des tapis. Les murs sont tapissés de rideaux choisis avec soin. La couleur rouge de la pièce est harmonieuse. Face à elle, une autre chambre où est placé un petit téléviseur. Il y avait des tapis et des rideaux de couleur verte ! C'est là que Fatoumatou et ses deux filles (les autres sont mariées) passent leurs nuits à même le sol laissant le salon à leurs hôtes. Dans la cuisine, c'est la même chose, juste les moyens élémentaires, tel le réfrigérateur. Même si l'électricité existe dans les foyers, le plus grand problème est celui de l'eau. Ce liquide précieux n'est pas encore disponible dans les robinets. Des citernes sont disposées devant chaque foyer et il faut aspirer du tuyau pour remplir les bidons. Cette tâche, confiée à Safia et Kouria, les deux filles de Fatoumatou, n'est pas aisée. D'ailleurs, l'une de nos collègues a essayé de le faire mais peine perdue. Une grande tente est placée devant la maison. C'est dire l'attachement des Sahraouis à leurs traditions. Lorsqu'il fait chaud, les populations passent leur temps dans les kheïmas. D'ailleurs, ils ne sortent faire leurs achats qu'une fois le soleil couché. El mersa (marché en langue sahraouie) reste ouvert tard dans la nuit. Pour s'y rendre, Fatoumatou nous fait accompagner par la petite Melada, sa nièce. Elle a accepté avec un grand plaisir. Agée de 9 ans et scolarisée en quatrième année primaire, Melada a déjà des rêves plein la tête : devenir enseignante et aider à construire son pays. Avant de nous accompagner au souk, elle était en train de jouer à la corde avec ses sœurs et ses copines devant leurs maisons, dans cet espace désertique où seules des bâtisses et des tentes de même que quelques commerces sont disponibles à côté de l'hôpital de Tindouf.Le lendemain, retour sur Alger. En quittant la maison de nos hôtes en direction de l'aéroport, nous croisons encore la petite fille de la veille, Melada, en tablier et sac à dos, prenant le chemin de l'école aux côtés de sa petite sœur. Elle nous lance un regard souriant avec ses yeux pétillants où luit un grand espoir, celui de tout un peuple, la liberté.
B. A.
Des blessés à Dakhla
Durant les festivités du 35ème anniversaire de la proclamation de la Rasd qui ont eu lieu à Tifariti et Smara nous avons appris que la région de Dakhla, dans le territoire occupé, a connu «des actes de vandalismes faisant plusieurs blessés parmi les populations». Le président sahraoui, secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a affirmé, vendredi dernier, que les autorités d'occupation marocaine viennent de perpétrer une nouvelle répression barbare contre les civils sahraouis à Dakhla, dans le sud du Sahara occidental occupé, rapporte SPS citant une lettre du président sahraoui adressée au secrétaire général des Nations unies.


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