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William James, ministre algérien des Affaires étrangères !
Publié dans La Tribune le 22 - 11 - 2011

On dirait que l'américain Charles Sanders Peirce et ses deux meilleurs disciples William James et John Dewey ont des bureaux dans le nouveau siège du ministère des Affaires étrangères. Depuis quelque temps, à pas comptés ou feutrés, la diplomatie algérienne semble s'être convertie à cette formidable religion du réel qu'est le pragmatisme. Il y a, en effet, comme un début de commencement de quelque chose qui semble avoir changé dans la diplomatie maghrébine de l'Algérie. D'une manière particulière, avec le frère ennemi marocain. Et, d'une façon générale, avec les autres pays de l'Union du Maghreb Arabe (UMA). Là où s'était Sigmund Freud qu'il fallait interroger pour comprendre les relations algéro-marocaines, c'est désormais la lecture de la philosophie du pragmatisme qui aide le mieux à appréhender le réchauffement en cours dans les relations compliquées entre Alger et Rabat. La sémantique utilisée par leurs diplomaties est le bon traducteur de cette évolution entre deux Etats qui sont au Maghreb ce que le couple franco-allemand est à la construction européenne. Après la rencontre entre Mourad Médelci et Tayeb Fassi Fihri, en marge de la 4e session du Forum de coopération arabo-turc à Rabat, on a parlé d'entretiens constructifs et même prospectifs. On a évoqué une volonté partagée et de réjouissantes relations de fraternité retrouvée. Les Algériens ont rappelé, tout en s'en convainquant eux-mêmes, que le Maroc est un voisin et un pays frère. Et, réciproquement, L'Algérie aussi. Des deux côtés, on souhaite une coopération sincère et optimale. On a chanté aussi les mérites de la complémentarité, de la solidarité et du bon voisinage. Et, miracle du pragmatisme commun, on souhaite, mieux, on annonce une normalisation rapide et complète des relations bilatérales, une relance de la moribonde UMA et le découplage des rapports bilatéraux et du conflit du Sahara Occidental. Palsambleu, trois bonnes nouvelles d'un coup, d'un seul ! Et ce n'est pas fini, car entre les deux parties, cela semble être Noël le jour de l'Aïd ! On se félicite, avec des accents sincères, de la dynamique imprimée aux relations bilatérales. On décide également de multiplier les visites sectorielles de part et d'autre et, cerise sur le gâteau algéro-marocain, on (re)découvre que la redynamisation de l'UMA est une option stratégique pour le Maghreb. A l'image des Allemands et des Français en Europe, les Algériens et les Marocains ont même discuté à Rabat de la stabilité et de la sécurité régionale et examiné les réformes démocratiques en cours dans les deux pays. Cette idylle subite entre les deux meilleurs frères ennemis du monde arabe est toutefois tempérée par la différence d'enthousiasme exprimé des deux côtés de la frontière, Alger semblant moins jubiler que Rabat, mais là n'est pas l'essentiel. Fin psychologue, le ministre marocain a, le mieux, résumé ce qui cloche depuis longtemps dans des relations diplomatiques dignes d'être étalées sur le divan d'un psy. Tayeb Fassi Fihri a alors jugé «anormal de ne pas avoir une relation normalisée» avec l'Algérie. C'est donc l'anormalité qui prévaut depuis l'épisode traumatique de l'attentat islamiste contre l'hôtel Atlas Asni de Marrakech, en 1994. Cette anormalité marque une relation alambiquée où deux pays, qui entretiennent tout de mêmes deux ambassades, commercent un peu, n'imposent pas de visas à leurs ressortissants respectifs et échangent des visites offcielles, maintiennent fermées leurs frontières terrestres alors que les frontières aériennes et maritimes ne le sont pas ! C'est comme si Kafka et Freud siégeaient au poste frontalier de Zoudj Bghal ! Mais il n'y a pas que ça dans cette relation tarabiscotée : les deux pays, pour des motifs stratégiques opposés, se comportaient de telle sorte que l'épineuse question du Sahara Occidental interférait automatiquement sur les relations bilatérales et, par conséquent, sur la construction maghrébine. Pourtant, les deux pays, sous la conduite pragmatique de Chadli Bendjedid et Hassan II, ont fait preuve d'intelligence politique en séparant les deux problèmes. Ils avaient alors déverrouillé leurs frontières et, du coup, avaient impulsé une dynamique maghrébine à Zéralda, avec le point d'orgue qu'est le Traité de Marrakech. Aujourd'hui, le président Abdelaziz Bouteflika et le roi Mohamed VI semblent convoquer les mânes de Marrakech en refusant de voir le problème du Sahara Occidental freiner désormais l'essor des relations bilatérales et bloquer le processus maghrébin. Du côté d'Alger, ce néo-réalisme semble se décliner à une plus vaste échelle, celle de son espace naturel et historique sahélo-maghrébin. Par petites touches, Alger a entamé depuis quelques semaines un discret recentrage diplomatique en lançant un «ambitieux programme de consolidation de ses relations avec l'ensemble de ses voisins» de l'UMA. Entreprise qui a débuté par le dialogue avec le CNT libyen, pour finir avec la récente rencontre Médelci-Fihri à Rabat. Avec les pays du Sahel, c'est un ensemble de mécanismes de liaison et de coopération protéiforme qui structurent désormais, solidement, les relations avec les quatre pays du Champ sahélien. AQMI ou pas AQMI, on revient ici à l'esprit de Tombouctou. Une jonction stratégique inscrite dans l'histoire et la géographie depuis que des Touaregs ont édifié au 13e siécle cette ville qui fut longtemps le royaume des lumières sahélo-maghrébines.

N. K.


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