Taoufik Makhloufi a failli faire les frais de la bévue monumentale des dirigeants de la FAA. Le demi-fondeur Makhloufi, qui avait remporté dimanche sa demi-finale du 1 500 m, a été contraint de participer au 800 m contre son gré parce que sa fédération ne l'avait pas retiré de la course avant le 5 août avant 13h00, date limite des engagements. Maintenu sur 800 mètres contre son gré, il avait quand même dû disputer cette épreuve lundi matin la mort dans l'âme. Il n'avait pas vraiment couru, il cherchait plutôt à préserver ses forces pour sa distance de prédilection, où il avait toutes les chances de gagner, ne tentant jamais de provoquer ses adversaires avec ses accélérations foudroyantes. Il s'arrêta au bout de 300 mètres. Coup de théâtre, le lundi 6 août, l'Iaaf annonçait que l'athlète algérien était exclu des JO pour «mauvaise foi» et «manque de combativité». La fédération internationale avait toutefois précisé que le coureur algérien pouvait être réintégré s'il présentait un certificat médical signé par un praticien local justifiant son refus de courir le 800 mètres. Le jeune coureur qui avait réussi à fournir un certificat médical, signé par deux médecins attestant qu'il souffrait d'une blessure douloureuse qui toutefois avec un traitement approprié pouvait s'estomper, il se présenta à la chambre d'appel, et pu participer au 1 500 m qu'il remporta facilement. Cette incompétence des dirigeants algériens aveuglés par les voyages et les frais de missions, a fait sortir les sportifs algériens de leur torpeur. Dans les cafés et les restaurants, l'on ne parlait que de cette bévue monumentale. Les Algériens estiment que, comme toujours, avec cette médaille on cherchera à gagner du temps. Ils estiment qu'il est temps qu'on arrête de tourner en rond, car disent-ils «on n'a jamais vu autant de problèmes et de situations conflictuelles au sein du mouvement sportif, de guerre des clans entre le COA, le MJS et les fédérations sportives.». Cette fois, l'événement Makhloufi a mis à nu leur incompétence, ils ne pourront plus chercher à gagner du temps par rapport aux problèmes existants qui rongent le mouvement sportif national. La prorogation des instances sportives et la présentation d'un nouveau discours programme vont permettre au ministre des Sports d'éviter les nombreuses interrogations sur sa gestion du sport en Algérie, donc de gagner du temps. Le ministre accueillera le champion olympique à l'aéroport, il viendra à nouveau avec des promesses qui ne seront jamais tenues. Indéniablement, nous sommes dans une période de crise, car jamais dans l'histoire du sport algérien on n'a vu autant d'incompétences, de problèmes et de situations conflictuelles au sein des fédérations. Depuis le retour des jeux africains, la situation n'a cessé d'être accablante avec très peu de solutions à l'horizon. On a constaté, encore une fois que les dirigeants algériens ne savent plus prendre en charge des éléments de valeurs sur tous les plans. Sous l'effet d'une crise latente de l'encadrement dont l'utilité est problématique, ces fameux dirigeants présents lors de toutes les campagnes, même non officielles, ont prouvé qu'ils ne sont là que pour leurs avantages jamais pour le labeur. Sans risque de nous tromper, on dira que 2012 est bien mal gérée. La médaille de Makhloufi arrange, pour un certain moment, les affaires du ministre. Mais il sait que ce ne sera pas pour longtemps. Y. B.