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Biskra : la pénurie de main-d'œuvre est devenue le casse-tête des producteurs
Touchant toutes les filières agricoles
Publié dans La Tribune le 02 - 01 - 2013

Grimpeurs de palmiers, trieurs de dattes et autres travailleurs aux champs sont des métiers qui se raréfient à Biskra où le manque de
main-d'œuvre agricole est devenu un véritable casse-tête pour les producteurs au point où, certains, songent à délocaliser une partie de leur activité vers d'autres pays.
En passe de devenir un grand pôle agricole, la wilaya de Biskra fait face, cependant, à «un important déficit de main-d'œuvre touchant toutes les filières agricoles», affirme Salim Haddoud, producteur et exportateur de dattes de la région de Tolga.
«Moi-même, j'ai un déficit de 150 ouvrières pour faire le tri et le conditionnement de dattes», a-t-il confié à l'APS, révélant un projet de délocalisation d'une partie de sa production au Sri Lanka, une première du genre en Algérie.
Ce projet devrait aider cet opérateur à accélérer la cadence de travail pour satisfaire la forte demande en prévision du mois de Ramadhan prochain, connu pour être une période où la consommation de dattes enregistre un «pic».
«J'ai fait mes calculs : si je continue à travailler avec la main-d'œuvre actuelle, je ne pourrais jamais satisfaire mes commandes à l'export», a-t-il dit.
Pour honorer ses engagements vis-à-vis de ses clients étrangers, l'entreprise Haddoud devrait traiter 20 tonnes par jour, alors qu'elle ne traite, actuellement, que 4 tonnes/jour par manque d'ouvrières.
Les unités de conditionnement de dattes emploient de la main-d'œuvre féminine, choisie généralement pour son doigté, sa technicité et sa rapidité dans le travail.
«Le nombre croissant des unités de conditionnement à Tolga ne fait qu'aggraver le problème», indique, pour sa part, Zendagui Ali, producteur et exportateur de dattes qui n'arrive pas à trouver de solution à cette «immense» contrainte.
«Les opérateurs sont en train de réfléchir à des délocalisations vers des pays étrangers alors que d'autres pensent à fermer carrément leurs usines», a-t-il regretté. Ce producteur a été contraint de transférer une partie de sa production à Ouled Jellal, une commune
distante de 50 kilomètres de Tolga, pour faire le tri des dattes à domicile «parce que les femmes préfèrent travailler chez-elles que d'aller à l'usine», explique-t-il. Il ajoute en avoir «gros sur le cœur» parce qu'il craint de ne pas satisfaire les commandes, en plus des risques qu'il encourt par rapport au manque d'hygiène, puisqu'il ne peut pas entrer dans les maisons pour superviser le travail des femmes qui font le tri des dattes.
«Pour des considérations socioculturelles, un homme étranger ne peut pas pénétrer à l'intérieur de leurs maisons», a-t-il soutenu.
Pour réduire les dégâts, répondre aux demandes qui s'accumulent et faire face à la concurrence farouche des autres pays, M. Zendagui compte ainsi ouvrir une unité de conditionnement à Ouled Jellal. Il demande, également, de pouvoir louer, avec les autres conditionneurs de dattes, les locaux de l'ex-Office national des fruits et légumes d'Algérie (Ofla) d'Alger, pour recruter une main-d'œuvre sur place, dans la capitale, et être proche des lieux d'embarquement des expéditions de dattes algériennes.

Grimpeur de palmiers, une denrée rare
La raréfaction de grimpeurs de palmiers dattiers fait aussi parler d'elle à Tolga et dans les autres régions où des milliers de régimes de dattes demeurent longtemps suspendues aux arbres, retardant la cueillette et induisant un impact négatif sur la qualité du produit. «L'assèchement des dattes par les fortes chaleurs de l'été dernier s'est accentué parce qu'il n'y a pas assez de grimpeurs pour cueillir les dattes à temps», a affirmé M. Haddoud.
Certains producteurs songent déjà à introduire des récolteuses de dattes pour pallier le manque de grimpeurs, ce métier ancestral qui est en voie de disparition, au moment où le patrimoine phoenicicole national ne cesse de croître.
«Les professionnels de la filière ont sollicité les spécialistes de l'Institut technique de développement de l'agriculture saharienne (Itdas) pour trouver des solutions techniques à ce problème», a fait savoir Nadjib Haddoud, membre du comité interprofessionnel de cette filière.
Autre facteur responsable du manque de main-d'œuvre à Biskra et partout ailleurs dans le pays : les dispositifs d'aide à l'emploi, créés par l'Etat pour absorber le chômage, notamment le dispositif Ansej (Agence nationale de soutien à l'emploi de jeunes).
«Fascinés par les aides offertes par les pouvoirs publics, les jeunes préfèrent créer leurs propres entreprises pour fuir le travail pénible des champs», indiquent des professionnels de la phoeniciculture.
Des manutentionnaires qui travaillaient dans le secteur de la datte ont, ainsi, acheté des véhicules par crédit à taux bonifié dans le cadre de l'Ansej et de la Cnac pour changer de métier et migrer vers le transport de voyageurs.
«Vous n'avez qu'à voir les embouteillages que cela a engendré dans la ville de Biskra», lance un producteur de dattes.
Mohammed Loucif, 71 ans, est, lui aussi, à la recherche d'ouvriers pour la cueillette de ses 800 oliviers, excessivement alourdis par le fruit, tandis que son frère est parti au centre-ville chercher des travailleurs pour arracher sa production de courgettes, arrivées à maturité.
«Ici, les ouvriers deviennent de plus en plus rares.
La situation s'est empirée depuis le renforcement des dispositifs d'aide à l'emploi, les jeunes sont séduits par l'Ansej», affirme cet agriculteur de Zeribet El Oued, à 70 km à l'est de Biskra.
Les quelques ouvriers qui travaillent dans les champs, dont certains sont des proches des exploitants, perçoivent 1 000 dinars pour quatre heures de travail, alors que le transport et la nourriture sont à la charge de l'exploitant.
«Il ne faut, surtout, pas lui dire que tu n'a pas bien fait ton travail, parce qu'il ne reviendra pas le lendemain»,ironise Loucif.
«Les jeunes ne veulent plus travailler dans l'agriculture, car c'est un travail pénible. Ils préfèrent créer leurs propres entreprises et bénéficier des facilités accordées par l'Etat. C'est un grand problème pour nous les agriculteurs», regrette cheïkh Mohammed, surnommé «El Omda» du Arch (tribu) des Loucif.
Le dynamisme que connaît l'agriculture à Biskra, ces quatre dernières années, a amplifié le problème de la main-d'œuvre agricole. La production maraîchère sous serre est l'un des créneaux qui séduisent de plus en plus les jeunes investisseurs.
La superficie réservée à la plasticulture à Biskra est passée de 3 000 ha en 2011 à plus de 4 000 ha une année après, selon les chiffres des services agricoles de Biskra.
APS


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