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La chaleur met à mal « Deglet Nour »
Récolte de la datte à Biskra
Publié dans Horizons le 28 - 12 - 2012

N ous quittons la commune de Foughala vers 8h 30, pour se rendre dans la localité de Lioua, située à 50 km au sud-ouest de Biskra (400 km au sud-et d'Alger), après un petit déjeuner dans un café maure et une discussion avec nos accompagnateurs. Il est 10h du matin. Première escale dans la palmeraie de Belkacem Belabdi dit « Maamar », originaire de Draa El Mizan, et son associé Idir Djenad, de Tizi Ouzou. Visitée déjà l'été dernier durant le Ramadhan, la palmeraie présente un décor déplorable et personne n'est à l'ouvrage pour récolter la datte. Cette récolte n'est pas à la hauteur des efforts consentis par l'ouvrier agriculteur durant la période d'entretien des palmiers dattiers. Une partie de la production a été mise dans des caisses en plastique dans un cellier de stockage et l'autre carrément de mauvaise qualité est jetée dans un coin à même le sol à l'extérieur en attendant sa vente comme aliment de bétail. Les fruits ont été retirés du régime de datte (aârdjoun), la partie qui les supporte. Un fruit sec et jaunâtre est entassé dans des caisses en plastique en attendant d'être trié. Les plus sèches vont servir d'aliment au bétail, notamment les chèvres. « Le premier choix est déjà vendu car il est rare », affirme Kaddour l'ouvrier. Dans cette oasis, la vague de chaleur, le délestage électrique et le manque d'eau en l'absence d'autorisation de forage attendue depuis 14 mois, selon le propriétaire et son ouvrier, ont été ravageurs. Une heure plus tard, au domicile de Hocine Selmane, un autre propriétaire de la région, du aârch (tribu) des « Bouazed » à Biskra. Dans une grande pièce, des régimes de dattes sont adossés fraichement retirés des palmiers alors que des tonnes d'autres, retirées de leurs branches, sont étalées sur un tapis en plastique. Des femmes triaient les fruits pour séparer les secs des mûrs et les stocker selon le choix, du plus beau fruit, le premier choix, au troisième choix sec mais consommable par l'homme et enfin la datte sèche de couleur jaune qui servira de nourriture aux animaux domestiques. Ces femmes sont les épouses et les filles du propriétaire ainsi qu'une voisine, une vieille dame venue les aider dans leur tâche. Elles sont payées 100 DA l'heure à raison de cinq à huit heures par jour. Pour cet agriculteur, la récolte entamée au mois d'octobre a atteint entre 250 à 300 quintaux, dont 40 à 50 quintaux de premier choix. « La vague de chaleur a réduit à néant nos efforts. Les températures ont atteint entre 55°C et 60°C à l'ombre », se plaint Hocine. Le propriétaire de plusieurs palmeraies avouera : « La datte devient de plus en plus difficile à cultiver et à travailler car si nous nous efforçons à mettre les moyens, nous ne pouvons lutter contre le climat ». Pour compenser le déficit financier enregistré cette saison, variant entre 30 à 50 millions de centimes, l'agriculteur a déployé des efforts dans la culture sous serres : des fèves, des choux-fleurs, des poivrons, des concombres et des courgettes. Fier de l'évolution de ses cultures fleuries, Hocine attend février pour la récolte du fruit de son labeur. L'an dernier, il a fait un gain de 150 millions de centimes.
La culture maraichère 0pour survivre à la datte
Hocine insiste pour montrer ce que peut produire sa terre sèche et plus ou moins rocheuse si elle est travaillée et bien irriguée. Ce « paradis terrestre », comme le qualifie son propriétaire, c'est en fait de l'agriculture bio. Arrivés sur les lieux, deux jeunes ouvriers, Zineddine et son collègue, retournaient la terre et y mettaient un engrais fabriqué à partir d'excréments de « smane » (un oiseau voisin de la colombe), séchés et broyés. Il coûte 25.000 DA environ les 2 tonnes. Un autre engrais naturel est produit à partir d'excréments de poulet dont le prix est de 16.000 DA les deux tonnes. Il faut dire que la terre ici est plus sablonneuse et rougeâtre. Un espace de 1,5 hectare est réservé à la culture maraichère. Un puits de 120 m de profondeur est rempli de 100 m3 d'eau. Sur ce terrain, un quart de la superficie est cultivé par deux associés venus de Tipasa à Biskra, avec lesquels Hocine partage à parts égales les bénéfices de 11 mois de labeurs. Retour à la palmeraie de Hocine où ses fils, aidés par des ouvriers, sont à l'œuvre pour finir la cueillette des régimes de dattes. Un grimpeur, fils du propriétaire, est perché sur un palmier. Il accroche le régime de datte à une corde pour le faire glisser à travers un système confectionné sans poulie jusqu'en bas. Il est décroché et ensuite entreposé à l'arrière d'un pick-up. Cette datte mûre à la chair juteuse et mielleuse est déjà vendue à un grossiste, un transformateur ou un exportateur qui l'achemineront vers différents marchés. La marchandise de 2e choix est cédée au prix variant entre 160, 180 voire à 200 DA le kilogramme. Celle de premier choix est cédée au prix de gros à plus de 200 DA/kg. La saison de récolte tire à sa fin en ce mois de décembre 2012. Il reste un mois encore pour la clôturer. Mais les agriculteurs affichent leur déception.
« Si l'Etat investit, Biskra fera nourrir l'Afrique entière grâce à la datte »
A 14h, nous nous rendons à l'oasis de Rachid Aïgoun, originaire de Bouira. Elle contient 1.400 palmiers dattiers plantés entre 2000 et 2002. Cet agriculteur, enthousiaste à son arrivée à Biskra pour se lancer dans la culture de la datte et de l'olivier, a perdu entre 100 millions et 200 millions de centimes cette saison par rapport au gain enregistré en 2011. « C'est pour la première fois que j'enregistre des pertes à cause de la vague de chaleur avec des températures qui ont atteint 58°C voire 60°C à l'ombre par moment jusqu'à fin septembre », dit-il. Durant son parcours d'agriculteur dans cette région, il a bénéficié d'une aide de l'Etat d'environ 700 millions de centimes dans le cadre du programme national de développement agricole et rural (PNDAR). Devant le désastre de la récolte de cette année et en l'absence d'ouvriers et grimpeurs professionnels, Rachid a décidé de vendre sa récolte à des opérateurs qui se chargent de la cueillette, depuis 45 jours déjà. Sur les lieux, des hommes chargeaient des régimes de dattes fraîchement cueillis sur un pick-up pendant qu'un grimpeur s'attelait à retirer le fruit tant convoité. La marchandise est cédée entre 150 et 200 DA le kg, selon le choix. Ici les gens commencent le travail à 10h du matin et finissent à 14h ou 14h 30 au plus. Pendant que ses clients récoltent le fruit de son travail, Rachid prépare la prochaine semence. Ils repèrent la « chetla » ou les rejets, ces jeunes pousses végétales qu'il est possible de planter pour obtenir un nouveau palmier. Il creuse les trous dans lesquels elles seront plantées entre février et mars mais la culture et le travail nécessaire se poursuivront jusqu'à août prochain. C'est le moment de passer à l'embellissement et le nettoyage du palmier après la récolte, « teziana » (embellissement) comme il est dit dans la région ou encore « t'karnif » (nettoyage), pour que le palmier évolue bien et donne une belle récolte la prochaine saison « si le climat s'adoucira », espèrent Rachid et son ouvrier. Ces opérations consistent à retirer le rejet avec un manche en métal dit « el aatla » pour enlever le cœur de la jeune pousse de palmier. Le prix du rejet est situé entre 5.000 et 8.000 DA, selon la taille. L'autre étape est de mettre l'engrais naturel ou frais, explique Rachid, fait à partir de la bouse de bovin ou d'ovin qui coûte entre 7.000 et 12.000 DA. La culture du palmier-dattier et la récolte de la datte nécessitent une trentaine d'ouvriers par an, explique ce propriétaire. En dépit de la situation, Rachid reste optimiste. « Si l'Etat investit en mettant les moyens, Biskra fera nourrir l'Afrique entière grâce à la datte », lance-t-il. Lui, il tire une marge bénéficiaire de 25% sur le total des recettes de la récolte et cela « parce que les moyens et la main d'œuvre ne sont pas disponibles », soutient-il. De plus, « l'Institut des cultures sahariennes de Biskra n'a pas de documentation pour permettre aux agriculteurs d'investir et de travailler selon de nouvelles techniques avec, à la clé, des rendements supérieurs en quantité et en qualité », affirme Rachid. Cet originaire de Bouira déplore que la datte de moindre qualité ne soit pas recyclée pour en tirer du sucre. En fervent croyant, il relève que certains agriculteurs ne sortent pas la zakat el nissab estimée, pour une valeur de 20 millions de centimes, à un million seulement. « C'est pourquoi leur « ghala » (récolte) n'est pas fructueuse ». Pourtant, à quelques kilomètres de là, la ville de Tolga se transforme en une mini-zone industrielle. Des mandataires ont installé des usines de conditionnement et de transformation ainsi que des chambres froides pour le stockage des dattes. L'une d'entre elles fait travailler entre 400 et 500 ouvriers. Pour s'y rendre, il faut passer par Bordj Ben Azouz.


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