Pour le touriste nord-américain en Chine, la vie n'est pas chère. Tout comme pour l'Européen. Un trajet en autobus ou en métro, donc en transport en commun à Péquin, le prix est dérisoire. Quelque chose comme un quart de dollar. Peut-être même moins. Evidemment, c'est en fonction du taux de change appliqué. Mais, comme la Chine garde son yuan dans sa sous-évaluation « anormale » pour les Américains et les Européens, alors les étrangers en visite en Chine applaudissent. Particulièrement en cette période de l'expo 2010 de Shanghai. Mais la vie n'est pas aussi rose pour tous les Chinois. Si des pays continuent de maintenir leur devise artificiellement basse dans le but d'augmenter leurs exportations, comme le fait la Chine, les entreprises canadiennes et américaines seront désavantagées, a déclaré le ministre canadien des Finances. Selon M. Flaherty, les exportations canadiennes sont relativement faibles et il n'est pas souhaitable que le Canada soit désavantagé par les actions économiques d'autres pays. Le ministre a toutefois mentionné que le Canada ne prévoyait pas user de représailles envers la Chine. La Chambre américaine des représentants a, quant à elle, voté récemment un projet de loi, qui aggravera les sanctions commerciales envers la Chine si le Sénat l'approuve. Cela se passait à Washington à l'occasion d'une conférence de presse dans le cadre des rencontres du week-end du Fonds monétaire international (FMI). Pas moins de 187 Etats membres du FMI y participent. Déjà on parle de consensus parmi les membres du FMI quant à la nécessité de convaincre les pays manipulant régulièrement leur devise pour qu'ils cessent cette pratique. Le FMI devrait surveiller rigoureusement la façon dont les pays gèrent leur devise et souhaite que ses pouvoirs soient augmentés. Ces négociations surviennent alors que les tensions économiques entre les pays pauvres et riches ont escaladé récemment sur la question des devises. Les pays industrialisés ont émis un avertissement contre une manipulation artificielle des devises, arguant que cela pourrait fragiliser la reprise économique mondiale. Les porte-parole chinois ont affirmé qu'ils ne prévoyaient pas effectuer de réformes rapides et qu'ils souhaitaient que le yuan croisse graduellement. Les Etats-Unis ont fait pression sur la Chine pour que le pays augmente sa devise. Les entreprises des Etats-Unis se plaignent que le yuan est sous-évalué d'environ 40% par rapport au dollar américain, ce qui rend la concurrence difficile face aux importations chinoises moins chères. L'on s'attend à ce que les pays qui ont des devises flottantes appuieront une résolution claire condamnant les pays qui font volontairement baisser la valeur de leur monnaie. Cette remarque semble particulièrement viser la Chine et son yuan faible. Le secrétaire américain au Trésor, a soutenu vendredi que les Chinois mettaient en danger la reprise économique mondiale en refusant de permettre à leur monnaie de s'apprécier. Il a appelé le FMI à resserrer la surveillance des décisions économiques de ses membres, mentionnant, qu'un tel examen pourrait aider à prévenir une future crise économique. En plus de la Chine, des pays comme le Japon, le Brésil et la Corée du Sud ont récemment mis en place des mesures pour garder leur devise faible et ainsi faciliter leurs exportations. Une guerre de taux de change se dessine entre pays développés et émergents : c'est à qui dévaluera le plus sa monnaie pour soutenir ses exportations. Cette logique du chacun pour soi risque de faire dérailler la reprise mondiale, en plus de causer des remous inédits sur les marchés monétaires. À l'approche de plusieurs rencontres internationales, toutes préparatoires à la prochaine réunion du G20 à Séoul au début du mois prochain, les déclarations se multiplient afin de calmer le jeu sur le marché des changes. Le temps presse. La mise en application de ce qui a été convenu à Toronto ne va pas de soi, même si les Etats membres s'étaient montrés «résolus à prendre des mesures concertées pour soutenir la reprise». Depuis, on assiste plutôt à la multiplication des initiatives unilatérales dans un esprit du chacun pour soi, car la reprise décélère dans les économies avancées. Une monnaie faible a pour double objectif de stimuler les exportations afin de conserver ou conquérir des marchés extérieurs et de renchérir les importations afin de maintenir le marché intérieur.