La Tunisie a réussi à faire en sorte, que la variété de dattes la plus prisée dans le monde à savoir Deglet Nour, soit considérée comme étant un produit de leur terroir. Elle est désormais l'exportateur de référence de ce produit agricole dont l'Algérie est le premier producteur. Notre voisin de l'Est en a exporté seulement 2% de sa production de dattes soit seulement 15.000 tonnes sur les 600.000 tonnes. Avec une telle quantité, l'Algérie n'arrive qu'en 28ème position dans le classement des pays exportateurs de dattes. Pourtant, elle est le deuxième producteur mondial après l'Irak. Les exportations de dattes de la Tunisie ont progressé de 20% ces cinq dernières années, alors que celles de l'Algérie ont stagné voire redressé. La Tunisie se classe quatrième exportateur mondial après l'Iran, l'Irak et l'Egypte, alors que l'Algérie est loin derrière. Le Gouvernement tunisien, estimant qu'il s'agit d'un bon filon, a mis le paquet pour renforcer cette filière, source intarissable de revenus en devises. Depuis 2005, les producteurs de dattes ont bénéficié de plusieurs mesures incitatives. Les services agricoles tunisiens ont tout mis en œuvre pour le rajeunissement des palmiers dattiers. Les tunisiens ont également compris que seule la qualité peut rendre compétitif leur produit en donnant beaucoup d'importance à la traçabilité en se conformant aux normes européennes. Ils ont ainsi obtenu toutes les certifications demandées par l'Europe. La Tunisie a également beaucoup investi pour le stockage et le conditionnement. La Tunisie profite aussi de la contrebande qui lui fournit des quantités importantes de dattes algériennes, qui seront par la suite conditionnées et exportées sous le label tunisien. De nombreux producteurs algériens sont complices de ce circuit informel en raison de l'absence d'une logistique qui leur permette de connaître son envol en matière d'exportation. Ces exportations informelles profitent donc au Trésor Tunisien. Selon de nombreux observateurs, il n'y a pas que les lenteurs administratives et l'absence de logistique qui empêchent le développement de l'activité d'exportation de la datte algérienne, plus précisément son label très prisé, la Deglet Nour. Ce produit agricole algérien qui fait, malgré tout, la fierté de la population du Sud et qui a le potentiel de devenir la deuxième ressource de recettes pour le pays après le pétrole, devient moins compétitif, dès lors qu'il est infesté du ver de la datte ou ce que les professionnels appellent la Pyrale. Le manque à gagner serait énorme. Le traitement de cette maladie qui ravage les dattes algériennes est fort onéreux, mais présente aussi le risque de laisser des résidus de pesticides à la surface et ne pourra donc être écoulé dans les marchés étrangers ciblés dont celui de l'Europe, dont les autorités sont connues pour être très pointilleuses en la matière. Si en Algérie la commercialisation de dattes atteintes de la Pyrale est admise, il n'en est pas de même en Europe où les consommateurs sont de loin beaucoup plus exigeants. Les producteurs font donc face à un vrai dilemme. D'autant plus que la phoeniciculture (culture du palmier dattier) reste encore au stade artisanal tant les agriculteurs qui la pratiquent ne respectent pas l'itinéraire technique. Les exportations de dattes restent dérisoires malgré l'augmentation de la surface consacrée à cette culture.