"La Banque d'Algérie n'est en aucun cas responsable des dépassements d'El Khalifa Bank, elle n'est pas le tuteur des banques primaires". C'est du moins ce qu'a déclaré, hier, le procureur général dans son réquisitoire et d'ajouter qu' "en tant qu'institution officielle, elle ne peut être responsable des vols commis par des individus travaillant dans une autre banque". Il a également affirmé que la Banque d'Algérie dont les missions se résument en la sauvegarde des équilibres financiers et économiques de l'Etat, peut se constituer partie civile. Voulant expliquer davantage ses propos, le procureur souligne que "l'Etat ne peut être, à travers la Banque d'Algérie, responsable des faits commis par un groupe de malfaiteurs", tout en rappelant que dans ce contexte, la Banque d'Algérie a été victime d'El Khalifa Bank en terme de transfert des fonds, de manière illégale, à l'étranger et ce d'une façon qui a porté atteinte à l'économie du pays. Et pour résumer la situation, la Banque d'Algérie qui pour rappel s'étant constituée partie civile afin de défendre ses intérêts, ne peut pas rembourser, selon le procureur général, les fonds détournés, à la place d'El Khalifa Bank. Exposant, durant la séance du matin, les conditions de la constitution d'El Khalifa Bank, le procureur a rappelé la conjoncture du pays, à cette époque, soulignant que "pendant que le pays souffrait des affres du terrorisme, certains profitaient de la situation pour créer des entreprises et piller l'argent du peuple". Pour lui, ce n'était pas par hasard si Abdelmoumen Khalifa a opté pour la création d'une banque : "il visait déjà la dilapidation des fonds des entreprises, notamment du secteur public". Qualifiant la création de la banque de "falsification flagrante" et "d'intention de nuire", le procureur général a aussi rappelé les innombrables irrégularités d'El Khalifa Bank, notamment les crédits sans garantie et le changement du statut de la banque, sans autorisation de la Banque d'Algérie, ni assemblée générale des actionnaires. Il a, indiqué à cette occasion que le code pénal prévoit la prison à vie pour tout faux et usage de faux émanant d'un notaire ou toute personne chargée d'établir des documents officiels et d'estimer que le groupe " machiavélique " de malfaiteurs, qui a entouré Rafik Khelifa, lui a facilité la tâche dans la dilapidation des deniers publics. Le procureur général a révélé qu'El Khalifa Bank n'a jamais payé ses impôts et que l'inspection des impôts l'a confirmé, et que Rafik Khalifa a bénéficié du soutien de l'Agence nationale de développement de l'investissement (ANDI), ce qui l'exonère d'impôts, selon un décret paru en 1993, et amendé par la suite en 2001. D'autre part, pour la seconde fois consécutive, la présidente Mme Brahimi a décidé de suspendre la séance de jeudi, afin de permettre aux avocats de s'entretenir avec leurs clients afin de répondre lors des plaidoiries des avocats de la partie civile.