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Pour être efficaces, les mesures de sécurité nucléaire doivent être universellement acceptées et mises en œuvre Mourad Medelci prend part à un déjeuner de travail à Washington
Organisé en l'honneur des pays membres du mouvement des Non-alignés et signataires du traité de non-prolifération nucléaire, Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, a pris part, lundi à Washington, à un déjeuner de travail offert par Joseph Biden, le vice-président américain. En plus de l'Algérie, d'autres représentants ont pris part à cette réunion, à savoir les représentants du Chili, d'Arabie Saoudite, et d'Egypte entre autres. Il est à signaler que cette réunion intervient peu avant l'ouverture du sommet sur la sécurité nucléaire, prévu dans la capitale fédérale américaine. Prenant parole à cette occasion, M. Biden a souligné que les objectifs du mouvement des Non-alignés et ceux des Etats-Unis concernant la sécurité nucléaire "n'ont jamais été aussi proches", en rappelant que les Etats-Unis s'étaient engagés à réduire le rôle et le nombre de leurs armes nucléaires, M. Biden a indiqué, à ce propos, qu'il était "dans l'intérêt de tous de contrôler les matériaux nucléaires pouvant servir à fabriquer une bombe". Il y a lieu de rappeler que Medelci est à Washington en tant que représentant du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au sommet sur la sécurité nucléaire auquel a appelé le président des Etats-Unis, Barack Obama. Les travaux de ce sommet porteront essentiellement sur l'examen des voies et moyens à mettre en place pour renforcer la coopération internationale en matière de sécurisation des matériaux nucléaires et de prévention des actes de terrorisme nucléaire. Par ailleurs, prennent part à cet événement les représentants de 47 pays, dont l'Algérie, ainsi que ceux de l'Organisation des Nations unies, de l'Union européenne et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cela intervient au lendemain de la signature, à Prague, du Traité de désarmement nucléaire START II, par les présidents américain et russe et à la veille de la Conférence d'examen du traité sur non-prolifération des armes nucléaires, prévue en mai à New York. S'agissant de la sécurité nucléaire, M. Medelci a souligné que "l'Algérie fait partie d'une majorité de pays qui ont choisi de mettre l'atome au service exclusif des applications civiles y compris en matière de recherche et de développement". "La protection des installations et matières nucléaires civiles est conçue par mon pays comme un processus en quête permanente d'amélioration et de renforcement", a-t-il affirmé dans une déclaration nationale de l'Algérie au sommet sur la "Sécurité nucléaire". Il a rappelé, dans ce cadre, l'adoption par l'Algérie de mesures à la fois d'ordres législatif, réglementaire et pratique citant, à titre d'exemple, la ratification de la Convention sur la protection physique des installations et matières nucléaires déposée auprès de l'AIEA, telle qu'amendée par la Conférence des Etats parties en juillet 2005, l'adhésion à la résolution 1540 du Conseil de sécurité de l'ONU et la présentation de rapports périodiques et réguliers sur sa mise en œuvre au plan national. M. Medelci a également cité le renforcement du dispositif réglementaire en matière de contrôle des sources radioactives, notamment pour ce qui est de la détention, l'utilisation et l'importation de ces sources ainsi que l'adoption d'un programme pour la sécurisation des sources radioactives de haute activité, en coopération avec l'AIEA. Dans le même contexte, le ministre a annoncé qu'un projet de loi sur la sécurité nucléaire, actuellement en cours de finalisation, comportera de nouvelles mesures et dispositions visant à mieux structurer, organiser et protéger les activités nucléaires civiles de l'Algérie. Il a aussi rappelé l'accueil périodique de missions d'évaluation et de conseils de l'AIEA. En outre, M. Medelci a affirmé que pour l'Algérie, des mesures additionnelles à la Convention sur le terrorisme nucléaire et à la résolution 1540 (2004) du Conseil de sécurité des Nations unies et, sans doute, d'autres mécanismes internationaux "sont nécessaires pour empêcher des acteurs non étatiques d'accéder à des armes nucléaires ou de destruction massive". "Pour être efficaces, ces mesures doivent être universellement acceptées et mises en œuvre", a estimé M. Medelci. En outre, il a salué, au nom du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, l'initiative "louable et bienvenue" du président américain, Barack Obama, de tenir un sommet sur la sécurité nucléaire, précisant qu'il s'agit-là d'une "initiative opportune qui répond à une préoccupation réelle liée aux défis grandissants posés par le risque d'accès des groupes terroristes aux installations et aux matières nucléaires". Il a souligné que "ce sommet offre l'opportunité de réaffirmer la validité des objectifs qui fondent nos obligations individuelles et collectives et de non-prolifération nucléaire et nos droits souverains à une utilisation pacifique de l'énergie nucléaire", réaffirmant l'importance qu'accorde l'Algérie à une progression d'ensemble sur tous les chapitres de la problématique du nucléaire, et dans tous les forums des Nations unies, notamment le volet du désarmement nucléaire qui demeure la clé voûte de l'édifice de l'action multilatérale pour que la paix devienne un jour une réalité véritablement partagée. Par ailleurs, six ans après l'adoption de la résolution 1540 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui impose aux gouvernements d'exposer leurs actions en matière de sécurité nucléaire, ce texte, en théorie contraignant, n'est toujours pas appliqué par une trentaine de pays, dont des producteurs d'uranium comme le Niger ou la RDC. Cette résolution demandait aux Etats de rendre compte de leurs efforts en matière de sécurité nucléaire avant octobre 2004. A ce jour, 29 pays ne l'ont toujours pas fait. Quant aux informations communiquées par les quelque 160 gouvernements qui ont répondu, elles sont souvent insuffisantes. Par ailleurs, la résolution "impose des obligations strictes de compte rendu aux Etats, mais peu les ont pleinement respectées", estime dans un rapport publié en décembre dernier la Commission internationale sur la non-prolifération et le désarmement nucléaire, groupe d'étude prestigieux. Et le sommet de Washington représente l'occasion d'"envoyer un message fort" sur l'importance de la résolution. En outre, les Etats n'ayant pas établi de comptes rendus, sont presque tous se trouvent en Afrique. comme la Zambie, le Malawi entre autres, qui produisent de l'uranium. Les obligations fixées par la résolution 1540 sont particulièrement importantes pour les pays qui ont des mines d'uranium ou un vieux réacteur de recherche. Pour finir, une base de données de l'AIEA recense de nombreux cas de vol, de perte ou d'autres incidents impliquant des matières nucléaires chaque année.