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Les huit mesures d'une transition démocratique en algérie
Publié dans Le Maghreb le 14 - 02 - 2011

Professeur Dr Abderrahmane MEBTOUL Expert International en management stratégique
L'Algérie qui a souffert du terrorisme pendant plus de 10 années et, selon les chiffres officiels plus de 200 000 morts, doit aller vers une transition démocratique pacifique, loin de toute violence condition du développement, de la paix et de la sécurité durable. Il faut éviter la vison d'assimiler la population algérienne à un tube digestif grâce à une redistribution passive de la rente des hydrocarbures pour une paix sociale éphémère.
Il serait maladroit pour le pouvoir algérien d'ignorer les expériences de la Tunisie et de l'Egypte.
Avec la grogne sociale croissante, la population algérienne a soif de démocratie et de justice sociale mais également d'efficacité économique avec un sacrifice partagé car les réformes à venir seront douloureuses. En espérant que la raison l'emportera, ma seule ambition étant l'avenir de l'Algérie et notamment de sa jeunesse, n'étant dans aucun Parti politique, je préconise huit mesures graduelles.
1- Redéfinir une nouvelle vision stratégique afin de mette en place une économie hors hydrocarbures compétitive dans le cadre des valeurs internationales si l'on veut créer des emplois durables et atténuer les tensions sociales inévitables.
Pour cela un débat national sans exclusive sur le bilan de tous les programmes économiques 2000/2010 afin de déterminer la trajectoire future 2011/2020 de l'Algérie et poser la problématique de la démocratisation de la gestion des hydrocarbures et de l'utilisation des réserves de change.
2-La dissolution des deux chambres du fait que ces députés et sénateurs et bien d'autres organisations satellites vivant du transfert de la rente des hydrocarbures incapables de mobiliser la société, les partis FLN/RND/MSP /PT ayant eu moins de 30% de voix lors des dernières élections par rapport aux nombre d'inscrits.
Il s'agit d'agréer de nouveaux partis et associations en évitant d'en faire des structures du pouvoir instrumentalisées lors des élections. Dans ce cadre, revoir les subventions aux Partis et associations qui doivent compter sur leurs adhérents, ainsi que larémunérationdes députés/sénateurs disproportionnée par rapport à leur rendement.
3-Le Parti du FLN ne doit plus instrumentaliser le sigle FLN, propriété du peuple algérien de la glorieuse guerre de libération nationale, le restituer à l'Histoire, et trouver une autre dénomination pour une concurrence loyale par rapport aux autres partis. En démocratie, le pouvoir est le pouvoir et l'opposition est l'opposition productive nécessaire au pouvoir lui-même pour corriger ses erreurs et éventuellement préparer l'alternance.
4- Un changement presque intégral du gouvernement par un regroupement de Ministères privilégiant l'efficacité au lieu de la distribution de postes qui se télescopent, composé de techniciens et de la composante de la jeunesse qui prépareront cette transition démocratique pacifique jusqu'à l'échéance présidentielle pour des élections libres, transparentes et démocratiques.
Afin d'éviter le fonctionnariat, source d'inertie et de relations de clientèles les walis, les grandes entreprises publiques/banques et des postes clefs de l'administration (douane, fiscalité notamment), limiter la durée à cinq années maximum d'exercice.
5. Favoriser le fonctionnement des institutions prévues dans la Loi ,tout en procédant à leur amélioration fonction des réformes, non en termes de promesses mais en actes, comme le conseil national de l'energie, la Cour des comptes, le conseil de la concurrence, car source du développement global parallèlement aux contrepouvoirs économiques, sociaux et politiques en évitant comme par le passé leur gel, le choix dictatorial personnel, étant totalement dépassé et source de dérives nuisibles à l'avenir du pays.
6. Les pratiques sociales contredisant les lois en vigueur, établir, mettre en place des mécanismes de régulation clairs tant politiques, économiques que sociaux, en impliquant la société civile par la promotion de la femme signe la vitalité de toute société, une réelle décentralisation , afin de moraliser tant les institutions que les personnes chargés de gérer la Cité , afin de lutter contre la corruption qui gangrène le corps social et démobilise la population privilégiant la connaissance et le mérite dans la promotion et non les rentes.
7- Revoir la constitution associant l'ensemble des forces politiques, sociales, économiques et des experts en limitant le nombre de mandats présidentiels. Toute révision fondamentale de la constitution devra passer par un référendum et non plus par les deux chambres.
8-Lever l'état d'urgence qui n'a plus raison d'être grâce aux efforts méritoires de l'ANP, des services de sécurité et de la mobilisation de la population algérienne, libérer les canaux d'information notamment l'entv, en autorisant des chaines de télévision indépendantes et les manifestations pacifiques, car vouloir étouffer comme une cocotte minute la société qui a besoin de respirer, l'explosion violente à terme pourrait être inévitable.
Ces huit mesures sont urgentes afin de donner une image positive de l'Algérie en ces moments de bouleversements géostratégiques et non d'un Etat répressif. Cela aura un impact positif sur le développement futur du pays car tous les observateurs nationaux et internationaux arrivent à cette conclusion que l'actuel gouvernement algérien dont la majorité des ministres sont là depuis plus de 10 ans, est en panne d'idées.
Une dépense publique de plus de 200 milliards de dollars entre 2004/2009, et une enveloppe de 286 milliards de dollars entre 2010/2014, dont130 milliards de dollars de restes à réaliser des projets de 2004/2009 ( soit plus de 400 milliards de dollars entre 2004/2014,le programme dont plus de 70% dans les infrastructures (empois précaires et non les segments inducteurs d'une véritable croissance) avec des impacts très mitigés tant économiques que sociaux.
Le gouvernement dépense deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats que certains pays similaires, montrant la mauvaise gestion et une corruption socialisée. Il est fini de tenir des discours démagogiques en voulant ignorer que le monde est devenu une maison en verre avec la révolution d 'Internet et misant sur la faiblesse de la culture économique de la population mais qui n'est pas dupe car confrontée à la dure réalité de la vie quotidienne comme si on créait trois millions d'emplois par décret.
Du fait de la panne de la réforme globale, promise mais non réalisée car déplaçant des segments de pouvoir jouant sur le statu quo et l'équilibrisme, permis grâce aux hydrocarbures, mais fatal pour le pays à terme, l'économie algérienne est une économie totalement rentière 98% d'exportation d'hydrocarbures et important 75% des besoins des entreprises et des ménages, les 155 milliards de dollars de réserves de change n'étant pas dus au génie créateur mais aux hydrocarbures, tout en posant la problématique de leur rentabilité pour les 80% déposées à l'étranger. La rente toujours la rente entre 1963 et 2011 mais avec une concentration excessive du revenu national au profit d'une minorité rentière : un Etat riche mais une population de plus en plus pauvre.
En bref, l'Algérie, qui a d'importantes potentialités pour devenir un acteur actif au sein de la mondialisation, a besoin de plus d'espaces de libertés, un Etat de droit, une gouvernance renouvelée, supposant une mutation systémique et une transition démocratique pacifique.
D'où l'urgence d'un discours de vérité, rien que la vérité et de privilégier non les intérêts personnels mais uniquement l'Algérie et je le répète uniquement l'Algérie, personne n'ayant le monopole du nationalisme.
Cela suppose une autre gouvernance et donc de revenir aux sources de la déclaration du 01 novembre 1954 : une Algérie démocratique et populaire au sein du concert des nations.
La leçon des expériences tunisiennes et égyptiennes dont les ondes de chocs ne sont qu'à leurs débuts, tant sur le monde arabe mais également sur l'ensemble des oligarchies de la planète, est qu'il faille avoir une autre vision et culture politique des pays développés et des institutions internationales dont les relations doivent tenir compte de l'aspiration de la société et non se fonder sur des relations personnalisées entre dirigeants.


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