Pressenti depuis quelques mois, le troisième remaniement ministériel a été opéré, jeudi, par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Ce nouveau gouvernement a vu le maintien du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Il est composé, outre, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'ANP, de 27 autres ministres et deux ministres délégués. Il a été constaté le départ de 13 ministres dont 4 femmes. Cette recomposition du Cabinet de Sellal se distingue par le départ du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaiz, et son remplacement par le ministre de la Formation professionnelle, Noureddine Bedoui. L'autre surprise, c'est la mise à la retraite du ministre de l'Energie, Youcef Yousfi et qui était prévisible, notent certaines sources. Dans le même sillage, le remplacement du ministre des Finances, Mohamed Djellab par l'ex-délégué général de l'ABEF, Abderrahmane Benkhelfa. Ce choix est tout à fait justifié tant M Benkhelfa est connu pour sa rigueur dans la gestion financière. Il est inutile de rappeler que les autres ministres limogés par le chef de l'Etat ont failli à leur mission à l'image de celui des Sports, Tahmi Mohamed, l'ex-ministre de la Culture, Nadia Labidi, et l'ex-ministre des Ressources en eau, Mohamed Nécib. D'autres ministres ont été maintenus à leur poste alors que d'autres Départements ont subi des retouches. En formant un gouvernement à majorité des technocrates compétents, le chef de l'Etat offre une fois de plus au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, les moyens de contourner certaines pesanteurs et d'arrimer solidement son Plan d'action à la locomotive de la dynamique souhaitée. Un gouvernement dont la majorité n'a pas de lien avec le Parlement, exception pour les ministres du FLN et du RND ni avec les autres formations politiques si l'on excepte le TAJ et le MPA à travers Amar Ghoul et Amara Benyounés. Qualifiée d'équipe de changement, le nouveau gouvernement se distingue par une volonté d'apolitique, bien qu'on a relevé un dosage minime. Le président Abdelaziz Bouteflika , à travers ce large remaniement ministériel, envoie un signe fort de la continuité de son programme, c'est-à-dire pour donner un nouvel élan, une nouvelle dynamique à l'action concernant le présent quinquennat 2015-19 pour conduire le pays sur la voie de la prospérité, du progrès et du bien-être collectif. Mieux d'embarquer l'économie nationale sur le chemin de la transformation radicale particulièrement que le programme présidentiel depuis 1999 a mis en place les fondements qui permettent d'assurer un développement rapide, durable et harmonieux. Au mois d'avril 2014, le chef de l'Etat a défini cette vision : la stratégie lancée pour relever les défis du développement à travers la diversification des capacités productives du pays et la création d'emplois dans le cadre d'un plan de développement durable, inclusif et équitable doivent être aujourd'hui intensifiés par le nouveau gouvernement afin d'amorcer un véritable changement du régime de croissance et pour une pleine valorisation du potentiel national qui est nettement supérieur aux taux réalisés ; l'objectif pour le nouvel Exécutif est de bâtir une économie émergente, fondée sur le savoir et à la hauteur des exigences de productivité et de compétitivité du moment. C'est combien le chef de l'Etat attend de la nouvelle équipe d'élaborer une stratégie de développement efficiente et rentable qui s'attachera à lever les contraintes qui entravent une croissance forte et soutenue à travers l'amélioration de l'environnement de l'investissement au triple plan des procédures, des délais et des coûts, ainsi qu'en mettant en œuvre des politiques rénovées de promotion de l'entreprise. Le souci de ce changement ministériel est d'inscrire le développement économique et social dans une perspective de protection des acquis sociaux du peuple et du renforcement de la solidarité nationale et la cohésion sociale. Sur un autre registre, le gouvernement devra relever le défi majeur de renforcer l'efficacité de l'administration publique afin de répondre aux attentes des citoyens en leur offrant des services de qualité. Il devra également renforcer sa capacité d'absorption en utilisant à bon escient toutes les ressources qui sont mises à disposition. Enfin, le nouvel Exécutif doit faire preuve de détermination, de courage, d'intégrité, et de mérite. Il est le serviteur du peuple, et il doit donner l'exemple.