Le café a souffert cette semaine de la perspective d'une production mondiale en hausse en 2015/2016, tandis que le cacao a tenté de se stabiliser après deux semaines de baisse et que le sucre tenait toujours bon. Le café affecté par une production attendue en hausse Les cours du café, qui ont souffert comme les autres matières premières d'inquiétudes renouvelées sur la demande chinoise, ont également été lestés cette semaine par de nouvelles données sur la production. Le robusta échangé à Londres a ainsi atteint vendredi 1 430 dollars, un plus bas depuis le 10 juin 2010, tandis que l'arabica est tombé jeudi à New York à 113,50 cents de dollar, un minimum depuis le 19 novembre 2015. "En plus des thèmes généraux comme les craintes autour de la Chine et l'aversion au risque, sans parler de l'affaiblissement du réal brésilien, une estimation plus large de la situation de l'offre de café a aussi contribué au mouvement des prix (à la baisse)", ont commenté les analystes de Commerzbank. Dans son dernier communiqué, publié cette semaine, l'Organisation internationale du café (ICO) estime en effet provisoirement la production mondiale de café en 2015/2016 à 143,4 millions de sacs (de 60 kg), en hausse de 1,4% par rapport à la saison précédente. Cela marquerait la première hausse en trois saisons. Cette hausse sera d'autant plus marquée que la récolte 2014/2015 a été révisée en baisse, de 143,3 millions de sacs à 141,4 millions. Ainsi, la baisse attendue de la récolte d'arabica au Brésil, son premier producteur, devrait être compensée par la hausse de l'offre en provenance de la Colombie, deuxième plus gros producteur d'arabica au monde, qui a connu en 2015 sa plus importante récolte en 23 ans, et dont la production poursuit sa hausse. L'ICO prévoit en outre "une augmentation significative de 3,7% des robustas, la production du Vietnam et de l'Indonésie étant provisoirement estimée en hausse". "En d'autres termes, les analystes ne voient toujours pas de pénurie de café se produire en 2015/2016", ont conclu les analystes de Commerzbank.
Le cacao a-t-il atteint un plancher? Les cours du cacao, après avoir fortement décroché lundi dans le sillage des marchés chinois, ont amorcé une consolidation et pourraient avoir atteint un niveau planché, de l'avis des analystes. La tonne de cacao a ainsi atteint mardi à Londres 2 044 livres sterling, un minimum depuis fin août, tandis qu'elle est tombée jeudi à New York à 2 844 dollars, un plus bas depuis fin avril. "Les prix du cacao ont chuté fortement au cours des deux dernières semaines, et pourraient avoir suffisamment baissé", a relevé Jack Scoville, analyste chez Price Futures Group. "La question qui se pose est désormais +quel prix est assez bas ?+, ce qui implique que le mouvement actuel à la baisse pourrait être proche de sa fin", a poursuivi l'analyste. Selon l'analyste, le fort décrochage de lundi s'inscrivait dans la continuité de la semaine précédente, qui a vu les investisseurs se débarrasser de certains contrats à long terme pour des raisons techniques. En outre, de bonnes conditions de production contribuaient également à peser sur les cours, laissant présager une offre abondante, notamment en provenance de Côte d'Ivoire, le premier producteur de cacao au monde.
Le sucre toujours en tête Les cours du sucre, malgré un petit accès de faiblesse en début de semaine, se sont rapidement repris, poursuivant sur la lancée haussière de ces derniers mois. Les cours ont toutefois atteint mardi à Londres 410,60 dollars, un plus bas depuis fin décembre, et 13,93 cents à New York, un minimum depuis le 9 novembre. "Le marché mondial s'attend toujours à une production mondiale moindre que la demande pour la première fois en au moins cinq ans, et le déficit général de production soutient toujours le marché", a commenté M. Scoville. Ainsi, contrairement aux autres matières premières, les cours du sucre sont restés globalement assez insensibles à la tourmente entraînée sur les marchés mondiaux par les inquiétudes renouvelées autour d'un ralentissement économique de la Chine. Les prix ont notamment été soutenus par les craintes persistantes entourant la récolte en Inde, deuxième producteur de sucre au monde, qui pourrait être moins importante cette année en raison des pluies de mousson inégales qui ont laissé le quart sud-ouest du pays en proie à la sécheresse l'an passé. Plusieurs analyses ont remarqué que le sucre blanc échangé à Londres a enregistré de meilleures performances que le sucre brut échangé à New York, grâce à une forte demande. Selon Nick Penney, une récolte tardive chez certains producteurs traditionnels de sucre raffiné en Amérique centrale, des prix élevés sur le marché intérieur brésilien en raison de l'approche de l'intersaison, mais aussi une récolte décevante dans le nord-est du pays, ont contribué à soutenir les cours à Londres et devraient avoir un effet boule de neige sur ceux de New York. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mars valait 1 441 dollars cette semaine, contre 1 486 dollars la semaine précédente. Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'arabica pour livraison en mars valait 114,20 cents, contre 119,55 cents sept jours auparavant. A Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en mars valait 429 dollars, contre 430,70 dollars le vendredi précédent. A New York, la livre de sucre brut pour livraison en mars valait 14,99 cents, contre 14,91 cents sept jours auparavant. A Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 2 098 livres sterling, contre 2 123 livres sterling le vendredi précédent. A New York, la tonne pour livraison en mars valait 2 900 dollars, contre 2.981 dollars sept jours plus tôt.