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Les inquiétudes de Malika Mokaddem
Manque de librairies en Algérie
Publié dans Le Midi Libre le 27 - 09 - 2011

La romancière algérienne Malika Mokeddem considère que le manque de librairies en Algérie, notamment dans les régions isolées où le livre est rare, risque d'altérer davantage l'épanouissement intellectuel des plus jeunes, déjà mis à rude épreuve par un environnement scolaire et social peu propice à l'éclosion de l'imagination et de la créativité.
La romancière algérienne Malika Mokeddem considère que le manque de librairies en Algérie, notamment dans les régions isolées où le livre est rare, risque d'altérer davantage l'épanouissement intellectuel des plus jeunes, déjà mis à rude épreuve par un environnement scolaire et social peu propice à l'éclosion de l'imagination et de la créativité.
"Le nombre des librairies en Algérie et très réduit. Les libraires ont disparu de l'Algérie profonde", s'est désolée, dimanche, la romancière d'expression française qui pense que cela procède d'une "politique visant à décérébrer les gens, notamment les plus jeunes", selon ses propres dires. Dans un entretien à l'APS en marge du 16e Salon international du livre d'Alger (Sila), où elle signait La désirante, son dernier roman paru chez l'éditeur français Grasset, Malika Mokeddem a décortiqué sa conception du rôle du livre et de la lecture dans la structuration de la personnalité de l'individu. Pour elle, le livre est "primordial" dans une société. Il nécessite, outre une politique nationale, des initiatives citoyennes ainsi que des actions conjuguées des libraires et des éditeurs pour en assurer la distribution dans les quatre coins du pays, considère l'auteure qui se remémore avec nostalgie sa rencontre avec les grands noms de la littérature universelle, grâce à un libraire installé dans sa région natale, Kenadsa (lieu de naissance aussi de l'écrivain Yasmina Khadra) dans le Sud-Ouest algérien.
Etablie en France à la fin des années 1970, Malika Mokeddem, auteure de plusieurs romans ayant pour trame la "condition de la femme dans une société d'hommes", a estimé que le système de distribution manquait depuis des années et représentait la tâche "la plus importante et la plus urgente à accomplir pour encourager la lecture dans les zones enclavées et injecter le livre dans toute la société algérienne".
Pour autant, la romancière estime que la situation du livre en Algérie s'améliore, vu l'existence de jeunes auteurs au potentiel avéré et qui portent un intérêt certain à la littérature. "La demande est là, il faut (juste) l'accompagner", a-t-elle jugé.
Parlant de la "littérature féminine", en Algérie, l'auteure de L'interdite considère que le nombre des romancières algériennes demeure modeste comparativement à leurs consoeurs dans d'autres pays. "Ceci ne nous (romancières algériennes) a pas empêchées de porter haut et fort, à travers nos écrits, une contestation et une critique sociales", a-t-elle rappelé avec cette fierté qui la caractérise.
Pour elle, ce nombre "réduit" de romancières en Algérie, est dû à l'école, voire à la nature de l'enseignement : "Vous savez, pendant les années sanglantes qu'a vécues mon pays, je disais que j'avais moins peur du terrorisme que de l'école algérienne, car les tueries finiront par s'arrêter un jour...", a encore dit Malika Mokeddem. Considérée comme écrivaine de la cause féminine, Malika Mokeddem semble désapprouver cette "classification", s'estimant être une "femme engagée" par l'écriture et dont l'acte d'écrire est "éminemment politique", pas seulement en faveur de la femme, même si cette dernière "est la plus lésée, particulièrement dans nos sociétés", a-t-elle expliqué.
"Il est vrai que dans mes romans, la revendication féminine est un sujet récurrent, mais derrière ce thème principal, il y a toute une société avec ses paradoxes et ses contradictions. Pour moi, j'ai besoin que les droits des humains soient reconnus pour tous et qu'il y ait une démocratie réelle et pas seulement de façade", a-t-elle encore expliqué à cet égard.
Concernant le "conflit passé" entre des écrivains algériens d'expression arabe et ceux d'expression française, Malika Mokeddem en a nié l'existence même si elle pense que c'est "le politique qui a essayé de le créer dans les années 1970 lorsqu'on a tenté de dresser les arabophones contre les francophones".
"Je serais ravie qu'il y ait de plus en plus d'écrivains dans la langue qui m'a été usurpée et volée (l'arabe)", a-t-elle ajouté, estimant qu'au-delà de la langue d'expression, "il y a un besoin de dignité", et que "la prise de conscience de sa citoyenneté et le respect de l'autre dans sa différence sont indispensables si l'on veut construire une société fondée sur l'égalité".
Par ailleurs et à propos des notions d'amour et de violence qui caractérise la dizaine de romans qu'elle a publiés depuis le début de sa carrière, au début des années 1990, la romancière a estimé qu'elles étaient indissociables dans la société algérienne, qui reste, selon cette intellectuelle, "répressive" à l'égard de la femme et des libertés individuelles.
"L'amour et la violence vont souvent ensemble dans mes romans parce que chez nous, il est interdit pour une femme d'aimer. Ce serait même un péché. Un homme amoureux est traité de femmelette et raillé, alors un homosexuel, n'en parlons même pas, c'est encore plus violent. Dans notre société, l'amour et la violence vont de pair ", a-t-elle encore analysé.
A contrario, a-t-elle estimé, l'épanouissement de l'individu, l'ouverture d'esprit, la considération de l'autre, l'acceptation et la reconnaissance de sa différence, feront que l'amour "deviendra, simplement, chose naturelle dans notre société".
Invitée à donner son avis sur le mouvement de révoltes populaires contre les régimes dans certains pays arabes, Malika Mokeddem a d'emblée tenu à préciser qu'elles "ne sont pas toutes pareilles", avant d'ajouter que "ces révoltes ont confirmé que l'indépendance d'un pays ne signifiait pas forcément respect des libertés individuelles".
Pour elle, les libertés individuelles s'arrachent et l'émergence de la citoyenneté se font à travers l'application du droit, la reconnaissance de l'égalité et la primauté de la justice.
Malika Mokeddem, née en 1949 à Kenadsa (Béchar), est venue à l'écriture par des chemins des plus inattendus. Elle part en France au milieu des années 1970 pour terminer une spécialité en médecine et se consacrer à l'écriture.
L'année 1990 marquera son entrée dans le monde de la littérature avec la parution de son roman Les hommes qui marchent, salué par la critique internationale et traduit dans plusieurs langues.
"Le nombre des librairies en Algérie et très réduit. Les libraires ont disparu de l'Algérie profonde", s'est désolée, dimanche, la romancière d'expression française qui pense que cela procède d'une "politique visant à décérébrer les gens, notamment les plus jeunes", selon ses propres dires. Dans un entretien à l'APS en marge du 16e Salon international du livre d'Alger (Sila), où elle signait La désirante, son dernier roman paru chez l'éditeur français Grasset, Malika Mokeddem a décortiqué sa conception du rôle du livre et de la lecture dans la structuration de la personnalité de l'individu. Pour elle, le livre est "primordial" dans une société. Il nécessite, outre une politique nationale, des initiatives citoyennes ainsi que des actions conjuguées des libraires et des éditeurs pour en assurer la distribution dans les quatre coins du pays, considère l'auteure qui se remémore avec nostalgie sa rencontre avec les grands noms de la littérature universelle, grâce à un libraire installé dans sa région natale, Kenadsa (lieu de naissance aussi de l'écrivain Yasmina Khadra) dans le Sud-Ouest algérien.
Etablie en France à la fin des années 1970, Malika Mokeddem, auteure de plusieurs romans ayant pour trame la "condition de la femme dans une société d'hommes", a estimé que le système de distribution manquait depuis des années et représentait la tâche "la plus importante et la plus urgente à accomplir pour encourager la lecture dans les zones enclavées et injecter le livre dans toute la société algérienne".
Pour autant, la romancière estime que la situation du livre en Algérie s'améliore, vu l'existence de jeunes auteurs au potentiel avéré et qui portent un intérêt certain à la littérature. "La demande est là, il faut (juste) l'accompagner", a-t-elle jugé.
Parlant de la "littérature féminine", en Algérie, l'auteure de L'interdite considère que le nombre des romancières algériennes demeure modeste comparativement à leurs consoeurs dans d'autres pays. "Ceci ne nous (romancières algériennes) a pas empêchées de porter haut et fort, à travers nos écrits, une contestation et une critique sociales", a-t-elle rappelé avec cette fierté qui la caractérise.
Pour elle, ce nombre "réduit" de romancières en Algérie, est dû à l'école, voire à la nature de l'enseignement : "Vous savez, pendant les années sanglantes qu'a vécues mon pays, je disais que j'avais moins peur du terrorisme que de l'école algérienne, car les tueries finiront par s'arrêter un jour...", a encore dit Malika Mokeddem. Considérée comme écrivaine de la cause féminine, Malika Mokeddem semble désapprouver cette "classification", s'estimant être une "femme engagée" par l'écriture et dont l'acte d'écrire est "éminemment politique", pas seulement en faveur de la femme, même si cette dernière "est la plus lésée, particulièrement dans nos sociétés", a-t-elle expliqué.
"Il est vrai que dans mes romans, la revendication féminine est un sujet récurrent, mais derrière ce thème principal, il y a toute une société avec ses paradoxes et ses contradictions. Pour moi, j'ai besoin que les droits des humains soient reconnus pour tous et qu'il y ait une démocratie réelle et pas seulement de façade", a-t-elle encore expliqué à cet égard.
Concernant le "conflit passé" entre des écrivains algériens d'expression arabe et ceux d'expression française, Malika Mokeddem en a nié l'existence même si elle pense que c'est "le politique qui a essayé de le créer dans les années 1970 lorsqu'on a tenté de dresser les arabophones contre les francophones".
"Je serais ravie qu'il y ait de plus en plus d'écrivains dans la langue qui m'a été usurpée et volée (l'arabe)", a-t-elle ajouté, estimant qu'au-delà de la langue d'expression, "il y a un besoin de dignité", et que "la prise de conscience de sa citoyenneté et le respect de l'autre dans sa différence sont indispensables si l'on veut construire une société fondée sur l'égalité".
Par ailleurs et à propos des notions d'amour et de violence qui caractérise la dizaine de romans qu'elle a publiés depuis le début de sa carrière, au début des années 1990, la romancière a estimé qu'elles étaient indissociables dans la société algérienne, qui reste, selon cette intellectuelle, "répressive" à l'égard de la femme et des libertés individuelles.
"L'amour et la violence vont souvent ensemble dans mes romans parce que chez nous, il est interdit pour une femme d'aimer. Ce serait même un péché. Un homme amoureux est traité de femmelette et raillé, alors un homosexuel, n'en parlons même pas, c'est encore plus violent. Dans notre société, l'amour et la violence vont de pair ", a-t-elle encore analysé.
A contrario, a-t-elle estimé, l'épanouissement de l'individu, l'ouverture d'esprit, la considération de l'autre, l'acceptation et la reconnaissance de sa différence, feront que l'amour "deviendra, simplement, chose naturelle dans notre société".
Invitée à donner son avis sur le mouvement de révoltes populaires contre les régimes dans certains pays arabes, Malika Mokeddem a d'emblée tenu à préciser qu'elles "ne sont pas toutes pareilles", avant d'ajouter que "ces révoltes ont confirmé que l'indépendance d'un pays ne signifiait pas forcément respect des libertés individuelles".
Pour elle, les libertés individuelles s'arrachent et l'émergence de la citoyenneté se font à travers l'application du droit, la reconnaissance de l'égalité et la primauté de la justice.
Malika Mokeddem, née en 1949 à Kenadsa (Béchar), est venue à l'écriture par des chemins des plus inattendus. Elle part en France au milieu des années 1970 pour terminer une spécialité en médecine et se consacrer à l'écriture.
L'année 1990 marquera son entrée dans le monde de la littérature avec la parution de son roman Les hommes qui marchent, salué par la critique internationale et traduit dans plusieurs langues.


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