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"Le patriotisme commence par le paiement des impôts"
Aïmene Benabderrahmane :
Publié dans Le Midi Libre le 15 - 11 - 2021

Le financement du déficit budgétaire de l'exercice 2022 s'effectuera par le recours au marché financier intérieur, aux banques et à des prélèvements sur le Fonds de régulation des recettes (FRR)...
Le financement du déficit budgétaire de l'exercice 2022 s'effectuera par le recours au marché financier intérieur, aux banques et à des prélèvements sur le Fonds de régulation des recettes (FRR)...
C'est ce qu'a indiqué, samedi 13 novembre, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane. Le "gouvernement recourra, pour combler le déficit budgétaire, au financement bancaire, au marché financier et aux prélèvements sur le FRR, en attendant l'augmentation continue des cours du pétrole par rapport au prix fixé dans le budget de l'exercice prochain (45 dollars)", a précisé Benabderrahmane en réponse aux préoccupations des députés sur le projet de loi de finances (PLF 2022), selon le compte-rendu de l'agence officielle.
La "couverture du déficit du budget prévu dans le PLF 2022 se fera essentiellement à travers le recours au financement intérieur de l'économie via le développement des outils de financement bancaire", a expliqué le Premier ministre, indiquant que ce marché contient "beaucoup de potentialités financières qu'il faudra mobiliser", ce qui permettra de desserrer l'étau sur le budget de l'Etat. À ce propos, il a passé en revue l'effort que déploiera le gouvernement, sur les trois prochaines années, pour la couverture totale des dépenses de fonctionnement par la fiscalité ordinaire, estimée cette année à plus de 65 %, qualifiant ce niveau de "très considérable, eu égard au taux en vigueur". Benabderrahmane a mis en avant l'importance d'élargir l'assiette fiscale, déplorant le fait que
"plusieurs catégories de la société ont été contraintes, par la nature des lois en vigueur, de ne pas accomplir leur devoir fiscal et ne pas contribuer au développement". Pourtant, a-t-il dit, "le patriotisme commence par le paiement des impôts et la contribution à l'effort national de développement". La bureaucratie a dissuadé plusieurs opérateurs de traiter avec l'administration, or "cette bureaucratie est vouée à l'échec, et le PLF 2022 vient faciliter les procédures et imprimer davantage de transparence afin de récupérer les fonds en dehors des banques", a-t-il soutenu. Par ailleurs, le gouvernement s'attèlera à thésauriser l'argent circulant dans le marché parallèle à travers de nouvelles mesures également introduites dans le projet de loi qui prévoit un déficit budgétaire de 4.175,2 milliards DA. "L'Algérie nourrissait l'Europe..."
L'Algérie qui "nourrissait l'Europe importe des céréales d'un pays aussi petit en surface comme la Lituanie", a regretté le premier ministre Aïmene Benabderrahmane. Lors d'une séance plénière à l'APN, consacrée aux questions orales sur le projet de loi des finances (PLF) 2022, le Premier ministre n'a pas usé de langue de bois pour souligner la dépendance de l'Algérie vis-à-vis de l'étranger en matière de blé. Grand importateur et consommateur de céréales, l'Algérie importe l'essentiel de ses besoins à coup de milliards de dollars. Selon le département américain de l'agriculture (USDA), en raison du manque de pluie, la "production de céréales va chuter de 38 % à 35 millions de quintaux cette saison. Résultat, l'Algérie devrait importer 8 millions de céréales en 2021-2022 contre 7,5 millions de tonnes durant la campagne 2020-2021". En plus de la sécheresse endémique ces dernières années, la filière céréales souffre aussi de son retard dans les domaines logistique et technologique ainsi que des prix fixés par l'Etat pour acheter la production locale.
"Prix injustes"
Le Premier ministre a estimé que "le prix d'achat actuel des céréales auprès des agriculteurs est injuste par rapport aux dépenses de l'état en matière d'importation". Une injustice qui pourrait être réparée bientôt, selon Aïmene Benabderrahmane. "Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le gouvernement a procédé à l'examen de la révision des prix de céréales en vigueur, une étude qui sera transmise au président de la République pour trancher", a-t-il révélé, sans donner plus de détails. "Un barème obsolète" La dernière révision des prix des blés locaux (tendre et dur) remonte à 2007. Le prix du quintal de blé dur est fixé à 4.500 dinars contre 3.500 dinars pour le blé tendre. Toutefois, le barème de bonification et de réfaction n'a pas été révisé depuis 1988. Ce barème, qui a été établi sur la base des prix des blés de 1988 (100 DA le quintal) est devenu obsolète aujourd'hui, selon un spécialiste. Ce barème octroie des bonus et des malus aux agriculteurs en fonction de la qualité des blés produits en Algérie. Son "indexationsur un prix de 100 dinars n'encourage pas les agriculteurs à investir dans leur exploitation et produire des blés de qualité", pointe le même spécialiste. "S'il y a une révision à faire, elle doit toucher essentiellement ce barème", estime-t-il. "En 2007, quand le dollar valait 70 dinars, les céréaliers algériens étaient les mieux payés au monde, ce n'est pas le cas aujourd'hui, avec un dollar à près de 140 dinars.
En plus, le barème de bonification et de réfaction qui donne une prime aux blés de qualité est largement dépassé", ajoute-t-il. La relance de la filière céréales passe donc par une réforme du dispositif d'incitation qui va, de son côté, obliger les agriculteurs à moderniser leurs exploitations et à produire des blés en quantités et en qualité. Dans son exposé, le Premier ministre regretté la dépendance de l'Algérie vis-àvis de l'étranger en matière de blé, un produit de large consommation dans le pays. "Un pays comme l'Algérie nourrissait l'Europe. La France prenait du blé de l'Algérie pour le revendre à d'autres pays, ce qui montre que la production était abondante en Algérie", a-t-il expliqué. "À cause de beaucoup de facteurs, nous importons du blé d'un pays dont la surface est de 1 % celle de l'Algérie, qui est la Lituanie, que s'est-il passé ?", s'est interrogé le Premier ministre.
C'est ce qu'a indiqué, samedi 13 novembre, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane. Le "gouvernement recourra, pour combler le déficit budgétaire, au financement bancaire, au marché financier et aux prélèvements sur le FRR, en attendant l'augmentation continue des cours du pétrole par rapport au prix fixé dans le budget de l'exercice prochain (45 dollars)", a précisé Benabderrahmane en réponse aux préoccupations des députés sur le projet de loi de finances (PLF 2022), selon le compte-rendu de l'agence officielle.
La "couverture du déficit du budget prévu dans le PLF 2022 se fera essentiellement à travers le recours au financement intérieur de l'économie via le développement des outils de financement bancaire", a expliqué le Premier ministre, indiquant que ce marché contient "beaucoup de potentialités financières qu'il faudra mobiliser", ce qui permettra de desserrer l'étau sur le budget de l'Etat. À ce propos, il a passé en revue l'effort que déploiera le gouvernement, sur les trois prochaines années, pour la couverture totale des dépenses de fonctionnement par la fiscalité ordinaire, estimée cette année à plus de 65 %, qualifiant ce niveau de "très considérable, eu égard au taux en vigueur". Benabderrahmane a mis en avant l'importance d'élargir l'assiette fiscale, déplorant le fait que
"plusieurs catégories de la société ont été contraintes, par la nature des lois en vigueur, de ne pas accomplir leur devoir fiscal et ne pas contribuer au développement". Pourtant, a-t-il dit, "le patriotisme commence par le paiement des impôts et la contribution à l'effort national de développement". La bureaucratie a dissuadé plusieurs opérateurs de traiter avec l'administration, or "cette bureaucratie est vouée à l'échec, et le PLF 2022 vient faciliter les procédures et imprimer davantage de transparence afin de récupérer les fonds en dehors des banques", a-t-il soutenu. Par ailleurs, le gouvernement s'attèlera à thésauriser l'argent circulant dans le marché parallèle à travers de nouvelles mesures également introduites dans le projet de loi qui prévoit un déficit budgétaire de 4.175,2 milliards DA. "L'Algérie nourrissait l'Europe..."
L'Algérie qui "nourrissait l'Europe importe des céréales d'un pays aussi petit en surface comme la Lituanie", a regretté le premier ministre Aïmene Benabderrahmane. Lors d'une séance plénière à l'APN, consacrée aux questions orales sur le projet de loi des finances (PLF) 2022, le Premier ministre n'a pas usé de langue de bois pour souligner la dépendance de l'Algérie vis-à-vis de l'étranger en matière de blé. Grand importateur et consommateur de céréales, l'Algérie importe l'essentiel de ses besoins à coup de milliards de dollars. Selon le département américain de l'agriculture (USDA), en raison du manque de pluie, la "production de céréales va chuter de 38 % à 35 millions de quintaux cette saison. Résultat, l'Algérie devrait importer 8 millions de céréales en 2021-2022 contre 7,5 millions de tonnes durant la campagne 2020-2021". En plus de la sécheresse endémique ces dernières années, la filière céréales souffre aussi de son retard dans les domaines logistique et technologique ainsi que des prix fixés par l'Etat pour acheter la production locale.
"Prix injustes"
Le Premier ministre a estimé que "le prix d'achat actuel des céréales auprès des agriculteurs est injuste par rapport aux dépenses de l'état en matière d'importation". Une injustice qui pourrait être réparée bientôt, selon Aïmene Benabderrahmane. "Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le gouvernement a procédé à l'examen de la révision des prix de céréales en vigueur, une étude qui sera transmise au président de la République pour trancher", a-t-il révélé, sans donner plus de détails. "Un barème obsolète" La dernière révision des prix des blés locaux (tendre et dur) remonte à 2007. Le prix du quintal de blé dur est fixé à 4.500 dinars contre 3.500 dinars pour le blé tendre. Toutefois, le barème de bonification et de réfaction n'a pas été révisé depuis 1988. Ce barème, qui a été établi sur la base des prix des blés de 1988 (100 DA le quintal) est devenu obsolète aujourd'hui, selon un spécialiste. Ce barème octroie des bonus et des malus aux agriculteurs en fonction de la qualité des blés produits en Algérie. Son "indexationsur un prix de 100 dinars n'encourage pas les agriculteurs à investir dans leur exploitation et produire des blés de qualité", pointe le même spécialiste. "S'il y a une révision à faire, elle doit toucher essentiellement ce barème", estime-t-il. "En 2007, quand le dollar valait 70 dinars, les céréaliers algériens étaient les mieux payés au monde, ce n'est pas le cas aujourd'hui, avec un dollar à près de 140 dinars.
En plus, le barème de bonification et de réfaction qui donne une prime aux blés de qualité est largement dépassé", ajoute-t-il. La relance de la filière céréales passe donc par une réforme du dispositif d'incitation qui va, de son côté, obliger les agriculteurs à moderniser leurs exploitations et à produire des blés en quantités et en qualité. Dans son exposé, le Premier ministre regretté la dépendance de l'Algérie vis-àvis de l'étranger en matière de blé, un produit de large consommation dans le pays. "Un pays comme l'Algérie nourrissait l'Europe. La France prenait du blé de l'Algérie pour le revendre à d'autres pays, ce qui montre que la production était abondante en Algérie", a-t-il expliqué. "À cause de beaucoup de facteurs, nous importons du blé d'un pays dont la surface est de 1 % celle de l'Algérie, qui est la Lituanie, que s'est-il passé ?", s'est interrogé le Premier ministre.


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