Ooredoo Algérie annonce l'extension de son réseau 5G à l'ensemble des wilayas    Les députés adoptent la projet de loi relatif à l'organisation territoriale du pays    La Confédération africaine de football pour la saison 2025/26 se dérouleront en mai prochain    Krikou préside une cérémonie en l'honneur de femmes activant dans l'entrepreneuriat environnemental    Départ du premier vol des pèlerins le 29 avril prochain    Le Liban dans la ligne de mire    Liban : Le Ghana saisit l'ONU après l'attaque sioniste ayant blessé ses Casques bleus dans le sud du pays    Sayoud et Badari rendent hommage aux 20.833 femmes policières    Tournoi Presse by Ooredoo : début des quarts de finale    Kaylia Nemour en or aux barres asymétriques    Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations inaugure le Salon de la chaussure et du cuir    Le peuple iranien, pris en étau entre la répression interne et les bombes israélo-américaines    Plus de 11.700 touristes ont visité la wilaya durant la saison 2025/2026    Hommage artistique à la femme algérienne et africaine    La star du Malouf, Abbas Righi anime un concert    90 participants au concours de wilaya de mémorisation et psalmodie du Saint Coran    Les iftar collectifs    Abdelkader Teta nous a quitté    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Aux sources du «roman national» algérien
Conférence de Mohamed Harbi, au CCF
Publié dans Le Midi Libre le 18 - 10 - 2008

«Ce sont les nationalistes qui créent la nation et pas le contraire» a rappelé, lors de sa conférence, Mohamed Harbi, historien et acteur historique, devant une assistance tellement nombreuse qu'aux portes du CCF on a renvoyé du monde.
«Ce sont les nationalistes qui créent la nation et pas le contraire» a rappelé, lors de sa conférence, Mohamed Harbi, historien et acteur historique, devant une assistance tellement nombreuse qu'aux portes du CCF on a renvoyé du monde.
Toujours aussi dynamique, élégant et percutant, Mohamed Harbi a captivé l'assistance, jeudi après-midi lors de sa conférence intitulée «Ecriture de l'histoire et mémoire» organisée par le Centre culturel français, dans ses locaux d'Alger. Son exposé nuancé et clair a explicité la notion de «roman national» défini comme une lecture de l'histoire s'articulant sur la création de mythes, mis en avant par l'historiographie nationaliste. Il a défini son ancrage comme la nécessité de résister, dans un contexte d'humiliation et de détresse, à l'amère réalité coloniale. Pourtant, cette historiographie non pluraliste a induit des effets pervers divers. L'histoire a été mise au service de la légitimité au prix d'une grave amputation de la mémoire et d'une rétention d'informations. Ceci a entraîné entre autres un certain anti-intellectualisme et la pensée critique a été galvaudée. Revenant à la genèse de cette situation M. Harbi, a déclaré qu'en Algérie comme dans beaucoup d'autres pays, ce sont les clercs qui sont aux origines premières des grands mythes nationalistes. «Les auteurs Tewfik el-Madani et Moubarak El-Mili ont mis l'accent sur l'islam comme ciment unificateur des Arabes et des Algériens (….) , toute l' élaboration s'est faite à partir de thèmes qui ont été puisés d'une certaine manière dans l'oralité, dans la mémoire populaire. D'ailleurs selon l'auteur Joseph Desparmet*, les discours de
El-Mili et El-Madani ne sont que la traduction littéraire de thèmes oraux populaires dont le folklore livrerait facilement les germes, mais également répondait aux traits généraux de fierté qui sont dans le caractère des Maghrébins.» A partir de cette tradition et de l'écriture d'une contre-histoire, des auteurs sont arrivés à produire une idéologie qui allait être à la base du sentiment national algérien. « C'est-à-dire », a souligné l'historien que « la mémoire fournit à l'histoire en marche, l'histoire en marche étant la ligne politique bien sûr, ses ingrédients. » La définition identitaire de l'algérianité donnée par Ben Badis en réaffirmant la transcendance islamique s'est inscrite dans une démarche propre aux clercs de toutes les religions. M. Harbi a ensuite abordé le concept d'«inanité» et celui de « mise en péril». Le premier selon lequel, les structures profondes de la société résistent à toute entreprise de changement, aurait imprégné durablement les élites francophones du pays. Le second qui considère que « ce que l'on perd a plus de valeur que ce que l'on peut gagner » a eu comme conséquence la naissance d'un type de personnage connu comme «L'homme du ressentiment» né dans un contexte de détresse et d'humiliation. M. Harbi a mis en exergue le fait que le récit historique de Tewfik El Madani se situe déjà dans le national avec une notion de territorialité « . L'auteur dessine une carte de géographie avec l'Algérie comme centre du monde, une guerre contre les Espagnols de trois siècles (de 1492/1792, durant l'Algérie ottomane), et une galerie de héros nationaux de Jugurtha à Abdelkader. Les années 1930 ont donc été, selon Mohamed Harbi, un moment décisif d'élaboration d'une histoire algérienne.
Le racisme et le colonialisme ont joué à fond contre un renouvellement de l'historiographie algérienne. Des tentatives de réaménagement ont eu lieu plus tard , notamment de la part de Lacheraf. Mais jamais on ne s'est attaqué au noyau dur du roman national ! » a encore dit le conférencier qui a développé et approfondi son propos, à la grande joie des présents.
K. T.
Toujours aussi dynamique, élégant et percutant, Mohamed Harbi a captivé l'assistance, jeudi après-midi lors de sa conférence intitulée «Ecriture de l'histoire et mémoire» organisée par le Centre culturel français, dans ses locaux d'Alger. Son exposé nuancé et clair a explicité la notion de «roman national» défini comme une lecture de l'histoire s'articulant sur la création de mythes, mis en avant par l'historiographie nationaliste. Il a défini son ancrage comme la nécessité de résister, dans un contexte d'humiliation et de détresse, à l'amère réalité coloniale. Pourtant, cette historiographie non pluraliste a induit des effets pervers divers. L'histoire a été mise au service de la légitimité au prix d'une grave amputation de la mémoire et d'une rétention d'informations. Ceci a entraîné entre autres un certain anti-intellectualisme et la pensée critique a été galvaudée. Revenant à la genèse de cette situation M. Harbi, a déclaré qu'en Algérie comme dans beaucoup d'autres pays, ce sont les clercs qui sont aux origines premières des grands mythes nationalistes. «Les auteurs Tewfik el-Madani et Moubarak El-Mili ont mis l'accent sur l'islam comme ciment unificateur des Arabes et des Algériens (….) , toute l' élaboration s'est faite à partir de thèmes qui ont été puisés d'une certaine manière dans l'oralité, dans la mémoire populaire. D'ailleurs selon l'auteur Joseph Desparmet*, les discours de
El-Mili et El-Madani ne sont que la traduction littéraire de thèmes oraux populaires dont le folklore livrerait facilement les germes, mais également répondait aux traits généraux de fierté qui sont dans le caractère des Maghrébins.» A partir de cette tradition et de l'écriture d'une contre-histoire, des auteurs sont arrivés à produire une idéologie qui allait être à la base du sentiment national algérien. « C'est-à-dire », a souligné l'historien que « la mémoire fournit à l'histoire en marche, l'histoire en marche étant la ligne politique bien sûr, ses ingrédients. » La définition identitaire de l'algérianité donnée par Ben Badis en réaffirmant la transcendance islamique s'est inscrite dans une démarche propre aux clercs de toutes les religions. M. Harbi a ensuite abordé le concept d'«inanité» et celui de « mise en péril». Le premier selon lequel, les structures profondes de la société résistent à toute entreprise de changement, aurait imprégné durablement les élites francophones du pays. Le second qui considère que « ce que l'on perd a plus de valeur que ce que l'on peut gagner » a eu comme conséquence la naissance d'un type de personnage connu comme «L'homme du ressentiment» né dans un contexte de détresse et d'humiliation. M. Harbi a mis en exergue le fait que le récit historique de Tewfik El Madani se situe déjà dans le national avec une notion de territorialité « . L'auteur dessine une carte de géographie avec l'Algérie comme centre du monde, une guerre contre les Espagnols de trois siècles (de 1492/1792, durant l'Algérie ottomane), et une galerie de héros nationaux de Jugurtha à Abdelkader. Les années 1930 ont donc été, selon Mohamed Harbi, un moment décisif d'élaboration d'une histoire algérienne.
Le racisme et le colonialisme ont joué à fond contre un renouvellement de l'historiographie algérienne. Des tentatives de réaménagement ont eu lieu plus tard , notamment de la part de Lacheraf. Mais jamais on ne s'est attaqué au noyau dur du roman national ! » a encore dit le conférencier qui a développé et approfondi son propos, à la grande joie des présents.
K. T.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.