Avec l'annonce des 8 décès causés par le virus H1N1 de la grippe porcine, désormais la maladie est appréhendée par la rue algérienne comme une réalité objective qui est plus qu'une vue de l'esprit. Cependant, cette prise de conscience ne va pas jusqu'à remettre en cause les us et coutumes en vigueur en matière d'hygiène dans les cafés, et les restaurants populaires, voire moyens. Une simple tournée dans ces lieux publics permet de constater qu'il y a des mœurs si têtus dont l'enracinement est si profond qu'on a fini par les admettre comme des normes de conduite des plus normales. Ainsi, en est-il des cuillères à café qu'on ne lave pas après qu'on s'en soit servies. Les consommateurs, après avoir utilisé leur cuillère pour dissoudre le sucre, sont invités à la remette dans un pot – généralement en fer blanc ou en plastique - rempli d'eau. L'eau, par sa seule vertu liquide, est ainsi censée faire l'effet d'un détergent tensioactif. Evidemment, le pot encombré par des dizaines de cuillère non lavées capte toutes les petites gouttes de café et de thé qui s'y sont déversées. A quoi sert-il de se laver les mains pour se prémunir contre la grippe porcine lorsque la cuillère que nous prenons entre les mains est un réceptacle potentiel du virus que nous redoutons ? Il y a beaucoup de choses à dire aussi sur le sucrier, lequel est servi en commun. En effet, en étant livré en poudre, le sucre est malmené par mille cuillères qu'on aura sorties du pot. N'étant pas lavées, celles-ci mouillent la poudre qui vire par endroit en petites boules de café. Au niveau des restaurants, la situation ne prête pas aussi à l'optimisme puisque, là, c'est le pain qui pose problème. Servi en commun, généralement un panier par table, des dizaines de mains y convergent avant qu'elles le palpent et le malaxent car chacun à sa façon de choisir le morceau qui lui convient. Tous donc puisent dans ce même panier. Et on n'est pas sûr que tout le monde a les mains propres. A plusieurs reprises, les autorités sanitaires locales ainsi que les directions du commerce ont fait part de leur intention de sévir contre ces pratiques, mais toutes ces professions de foi se sont avérées, à la longue, des vœux pieux. Paradoxalement, à l'heure où l'on parle de prévention et de mobilisation pour lutter contre la propagation de la maladie, ce sont les lieux les plus névralgiques en ce qu'ils sont réservés à la restauration qui sont davantage les plus exposés à la contamination. Ce sont finalement les métiers destinés à «remplir le ventre » qui constitue en Algérie le ventre mou de la prévention contre le virus A/H1N1. Pour rappel, 525.000 cas de grippe porcine ont été recensés à travers le monde depuis le début de la pandémie. Selon le denier bilan de l'Organisation mondiale de la santé 67.770 personnes sont décédées de la grippe A (H1N1). Avec l'annonce des 8 décès causés par le virus H1N1 de la grippe porcine, désormais la maladie est appréhendée par la rue algérienne comme une réalité objective qui est plus qu'une vue de l'esprit. Cependant, cette prise de conscience ne va pas jusqu'à remettre en cause les us et coutumes en vigueur en matière d'hygiène dans les cafés, et les restaurants populaires, voire moyens. Une simple tournée dans ces lieux publics permet de constater qu'il y a des mœurs si têtus dont l'enracinement est si profond qu'on a fini par les admettre comme des normes de conduite des plus normales. Ainsi, en est-il des cuillères à café qu'on ne lave pas après qu'on s'en soit servies. Les consommateurs, après avoir utilisé leur cuillère pour dissoudre le sucre, sont invités à la remette dans un pot – généralement en fer blanc ou en plastique - rempli d'eau. L'eau, par sa seule vertu liquide, est ainsi censée faire l'effet d'un détergent tensioactif. Evidemment, le pot encombré par des dizaines de cuillère non lavées capte toutes les petites gouttes de café et de thé qui s'y sont déversées. A quoi sert-il de se laver les mains pour se prémunir contre la grippe porcine lorsque la cuillère que nous prenons entre les mains est un réceptacle potentiel du virus que nous redoutons ? Il y a beaucoup de choses à dire aussi sur le sucrier, lequel est servi en commun. En effet, en étant livré en poudre, le sucre est malmené par mille cuillères qu'on aura sorties du pot. N'étant pas lavées, celles-ci mouillent la poudre qui vire par endroit en petites boules de café. Au niveau des restaurants, la situation ne prête pas aussi à l'optimisme puisque, là, c'est le pain qui pose problème. Servi en commun, généralement un panier par table, des dizaines de mains y convergent avant qu'elles le palpent et le malaxent car chacun à sa façon de choisir le morceau qui lui convient. Tous donc puisent dans ce même panier. Et on n'est pas sûr que tout le monde a les mains propres. A plusieurs reprises, les autorités sanitaires locales ainsi que les directions du commerce ont fait part de leur intention de sévir contre ces pratiques, mais toutes ces professions de foi se sont avérées, à la longue, des vœux pieux. Paradoxalement, à l'heure où l'on parle de prévention et de mobilisation pour lutter contre la propagation de la maladie, ce sont les lieux les plus névralgiques en ce qu'ils sont réservés à la restauration qui sont davantage les plus exposés à la contamination. Ce sont finalement les métiers destinés à «remplir le ventre » qui constitue en Algérie le ventre mou de la prévention contre le virus A/H1N1. Pour rappel, 525.000 cas de grippe porcine ont été recensés à travers le monde depuis le début de la pandémie. Selon le denier bilan de l'Organisation mondiale de la santé 67.770 personnes sont décédées de la grippe A (H1N1).