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ADDI Lahouari : « La guerre d'indépendance sert à asseoir la légitimité du régime »
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 02 - 11 - 2014

Algérie : « La guerre d'indépendance sert à asseoir la légitimité du régime »
Texte par Assiya HAMZA
Dernière modification : 01/11/2014
L'Algérie célèbre ce 1er novembre le soixantième anniversaire du début de la guerre d'indépendance. Cette page de l'Histoire, aujourd'hui instrumentalisée par le pouvoir, est mal connue de la jeunesse. Entretien avec le sociologue Lahouari Addi.
1er novembre 1954. Les « fils de la Toussaint », une poignée de militants anticolonialistes, faisaient exploser des bombes à Alger et un peu partout en Algérie. Cette journée, appelée la « Toussaint rouge », marque le début de huit ans de guerre sanglante qui mènera le pays à l'indépendance après 132 ans de colonisation française.
Soixante ans plus tard, cet acte fondateur de l'Algérie indépendante et moderne reste encore la source de légitimité du pouvoir. De nombreuses personnalités politiques, à commencer par le président Abdelaziz Bouteflika, sont des vétérans de cette guerre. Pour être éligible à la présidence de la République algérienne, la Constitution précise d'ailleurs en son article 73 que les candidats doivent « justifier de la participation à la Révolution du 1er Novembre 1954″ s'ils sont nés avant juillet 1942.
Pourtant aujourd'hui, alors qu'Alger célèbre en grandes pompes cet anniversaire, l'influence de cette mémoire tend à s'estomper, notamment auprès des jeunes générations. En 2014, que reste-t-il de cette page de l'Histoire ? En France, le débat sur les « crimes coloniaux » et la nécessité de s'en excuser auprès de l'ancien peuple colonisé, véritable serpent de mer depuis des années, a été relancé par le sénateur communiste Pierre Laurent. La repentance est-elle une étape obligée pour relancer les relations entre Paris et Alger ? France 24 a interrogé Lahouari Addi, sociologue et professeur à l'IEP de Lyon, auteur de « Deux anthropologues au Maghreb : Ernest Gellner et Clifford Geertz« , paru aux éditions des Archives Contemporaines.
France 24 : Soixante ans après, quel héritage a laissé la guerre de libération en Algérie ? Peut-on considérer que, depuis l'indépendance, cette page de l'Histoire a été confisquée par le pouvoir ? Aujourd'hui, elle est mythifiée…
Lahouari Addi : Il reste beaucoup. L'Algérie moderne est née des évènements du 1er novembre 1954. Certes, il y a beaucoup de problèmes aujourd'hui. Les aspirations ont été grandes et les déceptions sont nombreuses. Le régime s'est montré incapable de moderniser la société, la culture ou l'Etat de droit. En Algérie, il y a un mythe de la guerre d'indépendance qui sert à asseoir la légitimité du régime. Le régime dit : « C'est nous qui avons libéré le pays » et le drame c'est qu'il n'arrive pas, encore aujourd'hui, à sortir de cette légitimité. Ce phénomène de mythification a existé après toutes les guerres, comme par exemple en France avec la Résistance. Presque tous les acteurs politiques disent avoir participé à la guerre, même le président Abdelaziz Bouteflika a fait partie de l'ALN [Armée de libération nationale]. À la veille de la signature des accords d'Evian en 1962, l'ALN comportait 3 000 combattants. Dix ans après, ce chiffre était porté à 300 000 ! Le ministère des Anciens combattants a le plus gros budget du gouvernement. Il y a beaucoup de fausses attestations. Dans certaines localités, on a délivré des attestations de moudjahidines à des personnes nées après l'indépendance ! C'est un statut qui ouvre des droits et que l'on peut acheter, la corruption faisant rage.
Que connaît la jeunesse algérienne de cette période ?
Elle ne connaît pas l'Histoire mais seulement la mythologie. Dans les discours officiels, la mémoire ne repose que sur l'idéologie. Le régime s'est approprié l'Histoire, l'a monopolisée sans laisser aucune liberté académique aux universitaires, aux historiens. Fort heureusement, ces dernières années il y a eu beaucoup de publications de combattants de l'ALN. On commence donc tout juste à écrire l'Histoire.
Un sénateur français a récemment demandé « l'ouverture des archives sur la guerre d'Algérie et la reconnaissance des crimes de la guerre d'Algérie ». La repentance de la France est-elle le prix de la réconciliation avec l'Algérie ?
C'est un débat franco-français. Les crimes et les tortures commises par l'armée française durant la guerre ont été mis en lumière par les historiens. En Algérie, il y a une surenchère politique. Pour se montrer nationaliste, il faut être agressif vis à vis de la France. Ces mêmes personnes sont les premières à avoir des biens et des comptes bancaires en France. Pour la population, il n'y a pas de problème. L'homme de la rue a la sagesse de dire : « Il y a eu la guerre, il y a eu l'indépendance, la page est tournée. Nous devrions avoir des relations mutuelles intelligentes ». Ce débat est de la politique politicienne. La plupart de ceux qui tiennent ce discours n'ont même pas participé à la guerre. Ils veulent simplement se faire une légitimité. Poussons la réflexion : si la France refuse de présenter des excuses, l'Algérie va lui déclarer la guerre ? C'est tout simplement ridicule.
Première publication : 31/10/2014
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