La sortie officielle du président du CR Bélouizdad, Charafeddine Amara, demandant l'arrêt définitif du championnat, a ouvert la voie à une vive polémique sur les réseaux, entre des voix favorables et d'autres pas convaincues par la démarche des responsables du leader actuel de la Ligue 1. Le communiqué officiel du Chabab de Bélouizdad est une juste consécration des idées énoncées par le DG du club, Toufik Korichi qui, depuis quelques jours, a mis la pression pour la mise à l'arrêt de la saison 2019-2020 à telle enseigne que le président de la LFP, Abdelkrim Medaouar, se sentait comme obligé de lui répondre par les mêmes canaux. C'est, en effet, à travers la presse que le «débat» en question a été lancé. Devant les tergiversations des autres clubs également concernés par la question de savoir où nous allons, la direction du club de Laâqiba a fini par agir officiellement. Nonobstant que la sortie officielle des dirigeants du CRB est intervenue à la veille, probablement pour influencer la décision des experts du MJS, de la FAF, de la LFP et du CNMS qui se réunissaient hier, il y a lieu surtout de mettre en exergue le courage du CRB d'avoir ouvert le débat et, mieux, d'avoir fait la demande d'arrêt sans passer par les fameux «lobbies» et autres cercles qui se réunissaient dans les salons et salles d'hôtels et dans des sièges de clubs pour imposer leur diktat aux structures de gestion du football national. Ce manque de «communicativité» avec le reste des acteurs de la Ligue 1 est peut-être hasardeux mais il a le mérite d'être courageux et honnête. Où pourrait se situer le tort du CR Bélouizdad d'estimer préférable de ne pas reprendre la saison, à l'arrêt depuis déjà deux mois ? Raisonnablement, les impératifs énoncés dans le communiqué officiel du CRB n'ont rien d'étrange. Au contraire, «le principe de précaution et l'incompatibilité du football avec les exigences de distanciation sociale» invoqués par la formation bélouizdadie sont en droite ligne avec la réalité. De surcroît défendus et par les instances du football et par les pouvoirs publics. Quand le rédacteur du texte publié sur la page officielle du CRB sur Facebook insiste sur le fait que «le football est un sport d'équipe et de contact physique permanent entre partenaires et adversaires» et s'interroge ensuite «comment organiser d'éventuels déplacements de joueurs et de staffs, même réduits au minimum ? Comment assurer le transport, l'hébergement, la restauration ?», il ne fait, en somme, que reprendre les inquiétudes nourries par tous (dirigeants, joueurs et entraîneurs) mais rares sont ceux qui ont des réponses. La feuille de route de la FAF discutée depuis quelques jours en vase clos a beau tenter chercher une suite favorable à la demande exprimée par certains de reprendre coûte que coûte le championnat. Il n'en demeure pas moins que les conditions, toutes les conditions, d'une reprise ne sont pas réunies. Le CRB qui avance qu'«aucune condition de sécurité parfaite, fût-elle réputée parfaite, et il n'en existe pas, ne serait en mesure d'assurer un risque zéro», admet, à juste titre, son incapacité de réunir toutes les conditions énoncées dans le protocole proposé. Si bien qu'avec tous les moyens de Madar Holding, le «strict minimum» n'est pas garanti, il ne faudrait pas demander à ce que des clubs gérés sur le budget des collectivités puissent réunir lesdites conditions. Il ne s'agit pas, en définitive, de faire l'hypocrite et de vouloir tenter le diable sachant que des clubs et des sociétés sportives qui ont des tailles économiques plus importantes que beaucoup de pays ont émis des réserves sur une telle suite (reprise), préférant perdre de l'argent, des milliards d'euros, que de mettre en danger la vie des personnes. M. B.