Pas de projet de réforme du système de la santé ficelé et prêt à être appliqué. Le ministre délégué chargé de la Réforme hospitalière préfère une approche participative. Une instance nationale réunissant l'ensemble des acteurs de la santé sera chargée de formuler des propositions pour en finir avec l'insatisfaction éternelle, tant des usagers que des pouvoirs publics qui, au fil des années, ont injecté, sans résultats, des sommes faramineuses dans le secteur. Des axes jugés prioritaires feront partie de la feuille de route finale avec, à leur tête, la numérisation du secteur, la décentralisation de la gestion mais également une plus grande transparence dans les dépenses. Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Ce n'est un secret pour personne : les performances du système de santé ne sont du goût ni des usagers, ni des professionnels du secteur, ni des décideurs. Après des années de réformes et de contre-réformes, un ministère délégué est entièrement dédié à la problématique. Son premier responsable a été chargé de mener des « réformes structurelles ». Pour ce faire, Smaïl Mesbah n'a pas apporté une recette prête à l'emploi. Il propose, au contraire, une large réflexion impliquant les professionnels de la santé, mais également la société civile, pour aboutir à un projet consensuel devant « remettre l'usager des services de santé au centre des préoccupations, considérer la ressource humaine comme un facteur déterminant du changement, rétablir l'équité et la solidarité dans l'accès à des soins de qualité pour tous, asseoir une plus grande transparence et une plus grand équité dans la gestion de la dépense nationale de santé ». Le plan d'action du ministère délégué a été synthétisé dans un document que le ministère délégué a remis aux partenaires sociaux. Y sont consignés ce que le département de Mesbah considère comme des priorités. À leur tête, la numérisation du secteur, qualifiée d'« action fondamentale » la contractualisation, considérée comme « prioritaire » car jouant « un rôle important dans l'amélioration des performances. Elle permet de responsabiliser les acteurs du secteur en passant d'une culture de moyens à une culture de résultats ». Au centre de cette réforme, les comptes nationaux de santé qui constituent un « outil efficace pour l'analyse de la dépense nationale de santé », mais, également, la décentralisation de l'acte de gestion et la simplification des procédures. L'intérêt de la réforme est justifié par un constat selon lequel « notre système de santé, malgré les efforts et les acquis indéniables, demeure une préoccupation et un motif d'insatisfaction aussi bien pour les pouvoirs publics que pour les professionnels de la santé, les partenaires sociaux, la société civile et les citoyens ». Pour y remédier, le département de Smaïl Mesbah propose une «approche participative », devant faire de ce processus « un exemple de démocratie sanitaire », considérée non seulement comme stratégique, mais comme « une condition de réussite ». Une approche qui « prend également en compte les résistances naturelles aux changements », ce qui explique que depuis le 8 août dernier, plus de 60 rencontres avec les différents acteurs ont été tenues. Concrètement, c'est à une instance nationale de la réforme hospitalière que sera dévolue la mission de « recueillir toutes les contributions, d'en élaborer la synthèse, et de faire toute proposition ». Il est proposé que l'instance nationale de réforme hospitalière soit dotée de représentations régionales pour une participation plus large et une prise en compte des spécificités. Un texte réglementaire portant sa création est d'ailleurs en cours d'élaboration. Elle aura pour mission d'élaborer une analyse de situation du système nationale de santé et capitaliser toutes les expériences menées dans le domaine de la réforme hospitalière. Ses membres, des d'experts, des chercheurs, des personnalités nationales reconnues dans le domaine de la santé publique, des partenaires sociaux mais également des membres de la société civile auront à « donner leur avis sur les principes fondamentaux et les priorités de la politique nationale de santé, ainsi que la définition du rôle et du champ d'action de l'Etat et des différents intervenants, l'organisation, la gouvernance et le financement du système de santé, ainsi que les statut des établissements et des professions de santé, la place de la promotion de la santé et de la prévention, l'éthique, la déontologie et la bioéthique ». Au terme de leurs consultations, les membres de ladite instance élaboreront un rapport sur le projet de réforme hospitalière. Une fois n'est pas coutume, une consultation citoyenne en ligne sera mise en place afin de permettre aux citoyens d'apporter leur contribution. La réforme attendue s'appuiera sur un cadre référentiel politique que constitue le programme d'action du gouvernement, et législatif avec les dispositions de la loi sanitaire. Un fonds documentaire permettant aux membres de l'instance nationale de prendre connaissance de tout ce qui avait été déjà entrepris a déjà été constitué, de même qu'un état des lieux. Ils constitueront le point de départ en attendant que les consultations aboutissent à un projet de réforme. N. I.