Les hooligans embarrassent de nouveau le pouvoir en Argentine : l'assassinat d�un militant d�voile les liens entre la violence du football et les poids lourds de la Conf�d�ration g�n�rale du travail (CGT), alli�e du gouvernement. C�est la deuxi�me fois en quatre mois que des hooligans sont soup�onn�s d��tre utilis�s par des politiciens proches du gouvernement, apr�s les expulsions en s�rie du Mondial d�Afrique du Sud de membres de l�ONG Supporters argentins unis. Une trentaine de hooligans, appel�s �barras bravas �, avaient fait scandale en juin en se rendant en Afrique du Sud � bord du m�me avion que le s�lectionneur Diego Maradona et toute son �quipe. Certains de ces hooligans avaient �t� condamn�s en Argentine et n�auraient pas d� pouvoir quitter le territoire national, d�o� la question des protections haut plac�es. Cette fois l�affaire est plus grave : un militant du Parti ouvrier (PO, trotskiste), Mariano Ferreyra, 23 ans, a �t� tu� par balle mercredi dernier, frapp� � la poitrine dans un quartier du sud de Buenos Aires. �Charognards� Une militante de 61 ans a �t�, pour sa part, touch�e par balle � la t�te et demeure depuis dans le coma. Des hooligans auraient �t� embauch�s par l�Union des chemins de fer, un syndicat appartenant � la CGT, pour emp�cher les militants trotskistes de couper les voies. Ces militants exigeaient que des camarades licenci�s soient r�int�gr�s dans l�entreprise. La pr�sidente argentine, Cristina Kirchner, a accus� l�ancien pr�sident et rival Eduardo Duhalde (2002- 2003) d��tre derri�re le responsable de l�assassinat. Mais les principaux journaux du pays ont publi� ensuite des photos r�centes du principal suspect, un m�canicien au ch�mage et supporter appel� Cristian Favale, en compagnie du ministre de l�Economie, Amado Boudou, et du ministre de l�Education Alberto Sileoni, lors d�une r�union politique. Ces photos figuraient sur le profil Facebook de Favale. Mme Kirchner a qualifi� les journaux sur Twitter d��tre des �charognards�. Les m�dias ont titr� pendant quatre jours : �Toujours pas de d�tenu.� Mais Favale s�est finalement rendu � la police dimanche et un dirigeant du syndicat soup�onn� d�avoir fait appel � lui, Pablo Diaz, a �t� d�tenu juste auparavant. Soup�onn� d�avoir �sous-trait� des hooligans Favale a reconnu avoir �t� sur les lieux mercredi dernier mais a ni� �tre le responsable du meurtre. �Un seule personne a tir�. Je l�ai vue car elle �tait � mes c�t�s�, a-t-il dit, ajoutant : �J�ai peur.� �On devait frapper et, au minimum, jeter des pierres, mais sans user d�armes�, a dit Favale. Les enqu�teurs soup�onnent le responsable depuis 25 ans du syndicat, Jos� Pedraza, d�avoir �sous-trait� des hooligans. �Quelques syndicats ont recours � la violence et � des personnages n�fastes, des hooligans pour qui la vie ne vaut rien�, a reconnu le chef du groupe du parti au pouvoir au S�nat, Miguel Pichetto, niant n�anmoins que ces personnes soient li�es au pouvoir. La police f�d�rale est elle-m�me accus�e par plusieurs t�moins de s��tre retir�e juste � temps pour laisser agir en toute impunit� les groupes de choc de l�Union ferroviaire. La justice l�a d�ailleurs dessaisie de l�affaire, demandant � la gendarmerie de la remplacer dans l�enqu�te. Au total, 241 personnes ont p�ri en Argentine victimes des violences li�es au football depuis 1924, selon les statistiques de l�ONG Sauvons le football. Une violence qui glisse de plus en plus sur le terrain de la politique.