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KIOSQUE ARABE
Le fondamentalisme � vue de nez
Publié dans Le Soir d'Algérie le 26 - 03 - 2012


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L'avantage incontestable qu'ont les Europ�ens, et les Fran�ais en particulier, sur nous c'est qu'ils ne se lassent pas de nous �tudier sous toutes les coutures, surtout celles qui servent � ajuster nos gandouras et nos djilbabs. De ce c�t�-ci de la plaque tectonique, en charge du choc des civilisations, nous ne voyons pas la n�cessit� de faire la m�me chose. Convaincus de la sup�riorit� de notre religion, arriv�e en dernier, mais s�rement pas la derni�re, nous r�futons tout ce qui dans leur spiritualit� peut nous causer des cas de conscience.
M�me lorsque nous vivons chez ces �kouffars� et que nous jouissons de leur hospitalit�, nous veillons � nous pr�munir contre leurs travers qui ne sont pas assur�ment les m�mes que les n�tres. Nous ne cherchons pas � comprendre ces �Gens du livre�, ce qui nous demande trop d'efforts et occasionne un surcro�t de migraines, mais nous nous attachons � vivre comme eux sans devenir comme eux. Vaste programme, s'il en est. Car pendant que nous nous acharnons � islamiser leur modernit�, via la fili�re du �halal�, ils s'ent�tent � nous labelliser. Ils croient mieux nous s�rier et nous cerner en nous estampillant en musulmans pratiquants ou en islamistes mod�r�s, par opposition aux extr�mistes terroristes. Chez les Fran�ais surtout, il y a m�me eu des cuv�es exceptionnelles de sp�cialistes, g�n�r�es par des �v�nements moins exceptionnels, mais motivants. Ainsi, pour ne pas heurter de front le fondamentalisme, ou �salafisme�, saoudien, on s'�vertue � �tablir la distinction entre les �pi�tistes� et les �djihadistes � au sein de cette mouvance. R�ponse du berger � la berg�re : l'Islam n'a rien � voir avec tout �a ! Il est heureux que le naturel fasse irruption sur la sc�ne du crime sans y avoir �t� convoqu� : un imam saoudien vient d'en apporter la preuve. Or, il ne s'agit pas de n'importe quel imam d'une province �loign�e du royaume, mais d'une sommit� religieuse, en l'occurrence Abdelaziz Ben-Abdallah Al-Cheikh. Ce dernier est, entre autres, pr�sident du coll�ge des grands savants ou th�ologiens saoudiens, la plus haute autorit� de l'Islam wahhabite. Il cumule cette fonction avec celle, non moins redoutable, de mufti g�n�ral du royaume et de pr�sident du comit� permanent pour la recherche th�ologique et la fatwa. Autrement dit, une pointure. Le cheikh a appel� purement et simplement � d�truire toutes les �glises de la presqu'�le arabique, car leur pr�sence signifiait une reconnaissance de facto de religions autres que l'Islam. La fatwa est venue en r�ponse � une initiative du nouveau Parlement kowe�tien proposant d'interdire d�sormais par voie constitutionnelle la construction d'�difices religieux chr�tiens au Kowe�t. Or, a expliqu� le v�n�rable cheikh, le Proph�te a dit qu'il ne saurait y avoir de place pour deux religions dans la presqu'�le arabe, et le Kowe�t en fait partie. Ce qui reviendrait � �tendre aussi le champ de la fatwa au Y�men et � Oman, en plus du Kowe�t et de l'Arabie saoudite. Pour le mufti g�n�ral du wahhabisme, ces �glises n'auraient jamais d� voir le jour, car elles ont �t� construites � l'encontre des recommandations du Proph�te(1). Bien �videmment, des autorit�s eccl�siastiques europ�ennes ont exprim� leur �tonnement devant la virulence du propos et exig� des explications. C'est le cas notamment de l'�piscopat autrichien, pays connu pour ses pouss�es r�currentes d'islamophobie. Quant au Vatican, il observe une prudente expectative, sachant que le th�ologien en chef d'Arabie saoudite peut �tre d�savou� par une note diplomatique. Hormis les r�actions de protestation et les inqui�tudes exprim�es par la chr�tient�, notamment dans le monde arabe, la fatwa pi�tiste n'a suscit� aucune r�action officielle saoudienne. Seul l'�crivain lib�ral saoudien Turqui Al- Alhamd a fait entendre sa diff�rence en critiquant l'initiative de son compatriote. �Et si les chr�tiens en faisaient autant et d�truisaient nos mosqu�es en Am�rique et en Europe ? Est-ce que nous le leur reprocherions ?, s'est-il interrog�. L'�crivain a saisi l'occasion pour mettre en garde contre les dangers de la mont�e de la contestation au sein des universit�s(2). Tous les grands incendies ont commenc� par des �tincelles, dit-il, et le sage est celui qui cherche � conna�tre la cause de ces �tincelles et � les �teindre.� Il va encore plus loin dans la critique : �Nous avons besoin d'un nouveau discours religieux et politique. Un discours religieux qui respecte les croyances des autres et cohabite avec elles. Un discours politique qui prend en charge les changements intervenus dans la soci�t�. Voix discordante, Turqui Al-Alhamd a d�j� d�fray� la chronique en s'en prenant � un membre �minent de la cour, le prince Abdelaziz Ben-Fahd. Il l'avait notamment interpell� sur Twitter en ces termes : �Vous �tes n�s avec une cuill�re en or dans la bouche. Avez-vous �t� sensibles un jour au sort de ceux qui sont n�s sans cette cuill�re ? Avezvous connu un jour la faim, savez-vous ce que sont les privations, savez-vous ce que c'est qu'un peuple ? Vous ne savez rien de rien, mais en d�pit de cela, vous continuez � diriger l'�tat avec la m�me politique, et alors que nous courons � la catastrophe.� En mati�re de d�bordements, le salafisme peut parfois �tonner, voire r�jouir, comme l'histoire de ce d�put� fondamentaliste du nouveau Parlement �gyptien, Anour Belkimi. Cet �lu du peuple se serait mari� secr�tement avec une danseuse �gyptienne assez c�l�bre, nomm�e Samma Al-Misri. Cette pratique du mariage secret tr�s courante et tr�s courue dans les milieux islamistes aurait pu �tre banalis�e si le sieur Belkimi n'�tait pas dot� d'un nez affligeant. Ce qui l'a conduit � commettre un acte plus r�pr�hensible : simuler une agression contre sa personne. En effet, le pr�tendant avait d� c�der � l'une, et pas la moindre, des exigences de la belle : arborer un appendice nasal plus s�duisant que celui dont la nature l'avait malencontreusement dot�. Il y en a qui se laissent mener par le bout du nez pour moins que �a, et l'amour d'une danseuse peut vous pousser, c'est connu, � d'autres extr�mit�s. L'amoureux transi eut donc recours � la chirurgie esth�tique, et pour justifier le pansement sur son visage et une note de frais m�dicaux �ventuelle, il a racont� qu'il avait �t� victime d'une agression. Las, la police a flair� une op�ration qui sentait la combine � plein nez et a d�masqu� le simulateur dont l'immunit� parlementaire a �t� imm�diatement lev�e. � trop vouloir faire des entrechats, et dans la clandestinit�, on risque de perdre la t�te, tout en ayant gagn� un nez. Et puis, je vous rassure : ce n'est pas chez nous que cela risque d'arriver. On ne transige pas ici sur le nez, m�me si on est prompt � retourner sa veste. Encore un d�tail d'importance : nous n'avons pas de danseuses �gyptiennes, et c'est sans doute l� qu'est tout le drame.
A. H.
(1) Ces paroles sont � comparer avec les propos de l'�crivain �gyptien Ala Aswani, connu pour sa grande pi�t�, et qui a ouvert les portes du paradis promis aux musulmans � un non-musulman, en l'occurrence le pape copte Chenouda, d�c�d� la semaine derni�re. (Lire sur ce lien : http://alaaalaswany.maktoobblog. com/1622245/).
(2) Les m�mes causes ne produisent pas n�cessairement les m�mes effets. Alors que les �tudiants saoudiens r�clament plus de libert�s, l'universit� tunisienne de Manouba est prise en otage par des fondamentalistes, nourris au wahhabisme.


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