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LES CONDITIONS D'UNE SUCCESSION PACIFIQUE
Préparer le terrain pour une élection pluraliste
Publié dans Le Soir d'Algérie le 01 - 06 - 2013

«Le quotidien français Le Monde publie ce vendredi 31 mai 2013 un dossier consacré à la conjoncture politique en Algérie. Ce dossier est basé sur des contributions de différents experts dont celle de Mohamed Chafik Mesbah, bien connu des lecteurs du Soir d'Algérie . Dans cette contribution que nous reproduisons ci-dessous, l'auteur plaide pour une succession pacifique à travers la candidature consensuelle de l'ancien Président Liamine Zeroual qui aurait à engager un vrai processus de transition démocratique devant déboucher dans un délai de deux ans sur une élection présidentielle pluraliste et ouverte.»
Alors que l'état de santé du Président Abdelaziz Bouteflika incite, de plus en plus, à l'inquiétude, le pays vogue vers l'inconnu. Une vie politique paralysée. Absence de partis politiques efficients ou de mouvement syndical et associatif représentatif. Eclipse de leaders nationaux disposant de charisme. Régression économique chronique malgré la manne financière puisée des ressources énergétiques. Précarité sociale quasi générale avec détérioration de la qualité de vie, en particulier l'accès aux besoins essentiels – santé, école, logement et transports —. La situation sécuritaire prévalant aux frontières avec les pays du Sahel — et, désormais, du Maghreb — accentue ce sombre tableau. Le déclin diplomatique de l'Algérie — avec perte de son statut de puissance régionale – n'est pas en reste. Un dangereux spectre de menaces pèse sur l'Algérie. Risque de dislocation de la cohésion sociale. Risque d'amputation de l'intégrité territoriale. Risque d'effritement de l'unité de l'armée si elle était forcée de s'impliquer dans des tâches qu'elle réprouve. En l'absence d'un capitaine capable de tenir la barre, le pays est exposé à un risque d'implosion certain. Quels scénarios d'évolution pour la situation à venir en Algérie ? Ce sont le statu quo, la succession violente ou la succession pacifique, essentiellement. Le statu quo comporte deux variantes. La première serait que le commandement militaire et les services de renseignement procèdent à un «coup de force» pour destituer l'actuel chef de l'Etat en intronisant un nouveau qui perpétuerait l'ancien mode de gouvernance. L'ère des coups d'Etat étant révolue, il est peu probable que les chefs militaires, à la tête du corps de bataille ou de l'appareil de renseignement et de sécurité, acceptent de se placer en situation de rébellion vis-à-vis du pouvoir légal. La deuxième variante serait que les détenteurs des «vrais leviers de pouvoir» maintiennent, virtuellement, en fonction M. Abdelaziz Bouteflika jusqu'à 2014, terme du mandat présidentiel en cours. Le temps de s'accorder sur un candidat de compromis et d'organiser une succession négociée. Ce serait compter sans le climat social délétère qui règne dans le pays ni le profond état d'exaspération contre les actuels scandales de grande corruption. Le statu quo n'est plus tenable aujourd'hui. La succession violente ? Elle pourrait être marquée par l'éclatement de profondes divisions politiques – jusque-là étouffées — suivies de puissantes manifestations qui pourraient déboucher sur un soulèvement populaire. La police ne pouvant y faire face, c'est l'armée qui serait requise. Improbable que les chefs militaires actuels acceptent de tirer sur la foule. Ce serait l'avènement d'une conjoncture nouvelle dont le cours dépendra des rapports qui se noueront entre l'armée qui aura refusé de réprimer et la population qui se sera soulevée. Quid de la succession pacifique ? Première possibilité. Une élection ouverte et pluraliste où les candidats déclarés se livreraient à une compétition loyale. Il est difficile d'imaginer, cependant, que, dans sa configuration actuelle, l'Etat algérien puisse organiser, dans un délai de soixante jours, un scrutin incontestable. L'administration publique algérienne est plus rodée à organiser des élections truquées que des scrutins transparents. Deuxième possibilité. Une élection consensuelle suivie d'un vrai processus de transition démocratique avec élection d'une Assemblée constituante. L'ancien Président Liamine Zeroual est, à cet égard, la seule personnalité à pouvoir faire l'unanimité. Jouissant de la sympathie populaire, il dispose de l'adhésion des divers courants politiques et de l'appui des institutions nationales en général, l'armée et les services de renseignement en singulier. Naturellement, son élection ne poserait guère problème. Sa mission consisterait à passer le relais dans un délai moyen de deux ans. Le délai suffisant pour que les partis politiques se reconstituent, que le mouvement syndical et associatif reprenne souffle et que les leaders politiques de dimension nationale s'imposent. Ceux qui connaissent le Président Liamine Zeroual savent combien il est horrifié par les honneurs officiels. Il n'aura de cesse à organiser, rapidement, dans des conditions incontestables, l'élection présidentielle pluraliste qui lui permettra de passer le relais et de rejoindre, paisiblement, le lieu de son terroir, au cœur des Aurès. Face à ces scénarios, quelle pourrait être la position des principaux partenaires de l'Algérie, en premier lieu les Etats- Unis d'Amérique et la France ? Les Etats-Unis d'Amérique ont l'avantage de ne pas cultiver les ambiguïtés. Leur préoccupation consiste à éviter que l'Algérie ne bascule, précipitamment, vers un état de déstabilisation irréversible. Pour l'heure, ils entretiennent un partenariat, quasiment stratégique, avec les services de renseignement et, accessoirement, l'armée. Ils s'évertuent à vouloir établir un pont entre leurs partenaires connus d'aujourd'hui et ceux qu'ils escomptent pour demain, les leaders d'un courant islamiste fort et uni. Moins sensible à cette feuille de route stratégique, la France reste prisonnière de l'esprit «Françafrique» qui privilégie les rapports avec les régimes en place — peu importe s'il s'agit de dictature — au détriment de l'écoute des aspirations des peuples africains et maghrébins. L'évolution du monde fait que, désormais, facteurs internes et externes sont inextricables dans le cours des situations nationales. Il ne faut pas imaginer, pourtant, que les Algériens attendent des puissances étrangères qu'elles accomplissent, en leur lieu et place, la révolution démocratique dont leur pays est en attente. Il serait de bon aloi, tout de même, que la patrie des «droits de l'Homme» appuie les droits de l'Homme là où ils sont bafoués ! Pour le reste, prenons date avec l'Histoire. La conjonction attendue entre des chefs militaires pétris de convictions patriotiques et une jeunesse palpitante de vivacité et d'ardeur, bien des miracles peuvent survenir. L'Algérie aujourd'hui souffrante est en attente de son destin. L'Algérie, demain, sera debout !
C. M.
*Officier supérieur de l'ANP en retraite, Mohamed Chafik Mesbah est politologue. Docteur d'Etat en sciences politiques et diplômé du Royal College of Defence Studies de Londres, il a publié, en 2009, Problématique Algérie.


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