Quelques semaines après avoir démissionné de son poste d'entraîneur national de la sélection féminine juniors qu'elle dirigeait depuis 11 mois, Soraya Haddad revient, à travers une lettre dont nous détenons une copie, sur les raisons qui l'ont poussée à «claquer» la porte de la Fédération algérienne de judo (FAJ) présidée par Messaoud Mati. En prélude à sa missive, Soraya Haddad explique qu'il était préférable pour elle et plus raisonnable de prendre en charge les jeunes catégories pour faire un travail de formation à moyen et long terme et ainsi contribuer à faire émerger une nouvelle génération de judokas en leur faisant profiter de sa longue expérience d'athlète de haut niveau et de ses cinq années de formation à l'ISTS . Ceci au moment où la FAJ voulait lui confier la sélection féminine «seniors». La médaillée de bronze (52 kg) aux JO de Pékin s'étalera, ensuite, sur la période passée, en compagnie de sa collègue Lila Latrous, à la tête de cette équipe nationale juniors, marquée, selon elle, par une passion et une volonté de réussir. Cela a permis un début de réussite lors de deux compétitions officielles internationales, truffées de sept médailles en or. Aussi, Soraya Haddad citera avec fierté les quatre médailles d'or récoltées par ses athlètes lors du championnat d'Afrique en Tunisie et les trois autres au cours du championnat arabe en Egypte. Elle ne s'empêchera pas, non plus, de qualifier ces résultats de «très positifs», et «qui ont même dépassé nos prévisions grâce au talent et au sérieux des athlètes». Ne voulant surtout pas tirer la couverture sur sa personne pour expliquer ces performances, Soraya Haddad avouera qu'elle n'a fait que poursuivre sans relâche «le bon travail réalisé par nos prédécesseurs». Elle n'omettra pas, toutefois, de signaler «toutes les difficultés qu'elle et Lila Latrous ont rencontrées» durant l'accomplissement de leur mission à la tête de la sélection féminine juniors. Une fois présentée cette belle vitrine achalandée de titres internationaux, Soraya Haddad fait le grand déballage sur les mauvaises conditions de travail qui ont perduré, selon elle, ajoutées aux contraintes ayant freiné la concrétisation de ses objectifs ainsi que les dysfonctionnements de la gestion des équipes nationales. Puis s'ensuit toute une palette de griefs, allant du non-respect des programmes établis par les entraîneurs aux problèmes des athlètes en passant par le volet relationnel de plus en plus acerbe avec le président de la FAJ. Lançant un pavé dans la mare, elle affirme n'avoir reçu aucun salaire depuis son installation à son poste alors que sa situation sociale est précaire. Elle précise ne pas posséder de contrat, avouant par la même assumer les conséquences. «Je tiens à vous rappeler qu'à ce jour, je n'ai reçu aucun salaire depuis mon installation à ce poste. Sachant que je n'ai aucune autre ressource et personne ne s'est inquiété de mon sort, mais le problème n'est pas là, puisque j'ai accepté à mes dépens de travailler sans contrat et j'assume les conséquences», dira-t-elle. Soraya Haddad a justifié son retrait de la barre technique de l'EN juniors par ce «marasme, ce dysfonctionnement total dans la gestion des équipes nationales et les conditions catastrophiques et à l'environnement malsain.» Elle tiendra à rappeler que malgré le fait que le judo représentait pour elle sa seconde famille, et ce, depuis 14 années de carrière d'athlète marquée par son sérieux et son acharnement à honorer l'Algérie, elle a jugé utile de se retirer avec la conscience tranquille «tout en espérant que ces problèmes trouvent solution dans l'intérêt des équipes nationales.» Pour conclure, elle affirme avoir souhaité contribuer dans le même esprit en sa qualité d'entraîneur. Malheureusement, regrette-t-elle, «j'ai constaté qu'il n'ya aucune volonté sincère pour remédier à cette situation et par conséquent, j'ai décidé de me retirer pour ne pas m'engager dans une mission dont l'unique issue serait l'échec».