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L'entretien de la semaine
Sabah M'rakach, Psychologue et DG de SAB Solutions, et Sophie Bouguerra, Psychologue, au soirmagazine : «Faire du parascolaire à ses enfants est une affaire vitale, d'occupation temporelle et spatia
Publié dans Le Soir d'Algérie le 04 - 01 - 2014

Dans cet entretien, deux psychologues reviennent sur l'importance accordée aux activités parascolaire qui sont vitales à l'épanouissement de l'enfant sans pour autant tomber dans le transfert.
Soirmagazine : En plus de la présence des parents dans la vie scolaire de leurs enfants, nous assistons à une autre dominance, mais cette fois-ci dans la vie parascolaire. Est-ce une bonne chose pour la relation parents-enfant ? Et à quel moment la pression est trop forte pour l'enfant ?
Sabah M'rakach et Sophie Bouguerra : Peut-être est-ce une question de performance sociétale, encore une fois ! Comme aimait à le répéter Evelyne Kestemberg, «si tout se joue à l'adolescence, tout cependant se prépare à l'enfance». Bien entendu, dans une intrication entre deux facteurs : la mise en place de tous les processus de développement et la constante dépendance par rapport à un environnement relationnel et affectif. Vraisemblablement, on est «une bonne maman» ou «un bon papa», quand on a fait «un enfant qui réussit aujourd'hui sur le plan scolaire et qui démontre d'autres talents, en l'occurrence artistiques, pour encore prouver qu'il a de fortes chances de se distinguer, à l'avenir». Vous pouvez comprendre la noblesse comportementale et sociétale que recherchent inlassablement maman et papa à travers leur progéniture...
Dans d'autres exemples, quand on sait que Victor Hugo compose ses premiers poèmes entre 1815 à 1818, quand ses parents se séparent, on se pose la question aussi sur le leitmotiv de certaines capacités... Et là, on comprend vite qu'il ne s'agit point d'une équation mathématique, qu'elle est peut-être plus complexe, ou plus simple, d'ailleurs, puisque l'avenir, se décide, in fine, par des besoins vitaux, comme expérimenter soi-même, l'échec, la séparation de l'objet d'amour, etc., qui s'inscrivent dans le développement... Car l'enfant, de par son statut même, est en perpétuelle évolution, à la recherche d'un équilibre toujours remis en question, les parents savent le rôle déterminant de l'environnement dans la mise en place de tous ces processus de développement. Ils s'appuient manifestement sur ce postulat pour multiplier les activités sociales dans la vie de leur enfant, quant à l'art et à son introduction motivée par les parents, il faudrait d'abord reconnaître qu'il appelle l'action. Qu'il s'agisse de musique, de théâtre, de cinéma, de peinture, d'art plastique, art martial, ou encore de constructivisme russe ou de néo-plasticisme hollandais, ou même de sport de haut niveau, l'art, à sa manière, exprime la plus haute conscience que l'homme prend de lui-même et de sa destinée. Par-delà les clichés et la routine, il renouvelle notre vision du monde et nous fait accéder à son drame par l'intermédiaire de l'œuvre, lieu de rencontre entre le créateur et son public. A ce titre, son élaboration ne concerne pas seulement les artistes, les spécialistes, les techniciens, mais tous les hommes dont elle engage de quelque façon l'avenir. Ainsi, derrière le confort de la connaissance et du talent, l'on peut éventuellement dissimuler certaines carences affectives et psycho-émotionnelles, qu'il ne convient point d'afficher en société... Faire faire du parascolaire à ses enfants est une affaire vitale, d'occupation temporelle et spatiale... C'est une sorte de recherche active, d'être le meilleur parent, dans une société qui récompense ceux qui brillent !
Je pense que bien que nous ayons évolué, du point de vue générationnel et culturel, dans une région du monde (en Afrique du Nord) où le dur labeur a été pour nos parents et nos grands-parents, autant une chance qu'une nécessité, en fonction de si on servait le colon, ou si on faisait des études pour parer à l'illettrisme, nous sommes aujourd'hui en train de rattraper l'Occident sur les méthodes éducationnelles et psycho-développementales...
On retrouve dans la pièce théâtrale française Sonate d'automne une grande Rachida Brakni qui joue excellemment bien et qui définit son travail comme un espace ludique, de passion et de partage humain. «Rares sont les moments artistiques où tout se réunit, on partage la scène avec une complicité et on touche à des sujets très universels. C'est un conflit mère-fille, c'est aussi le droit des femmes, la réussite des femmes passionnées par la musique.» Et Françoise Fabian qui fait une synthèse de la pièce : «La mère fait son métier, signe des contrats... Elle croit avoir tout fait bien, mais parce qu'il est dur d'être parent célèbre et d'être absent, et les reproches arrivent vite.» Elle rajoute très justement : «C'est très mystérieux, on ne sait jamais comment les enfants nous accueillent... on peut être étouffants ou trop absents...» Enfin, sans faire de morale, on est tenté par citer ici l'un des plus beaux textes du prophète de Khalil Gibran : «Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont fils et filles du désir de vie en lui-même. Ils viennent par vous mais non de vous, et bien qu'ils soient avec vous, ce n'est pas à vous qu'ils appartiennent. Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leurs corps mais non leurs âmes, car leurs âmes habitent la demeure de demain, que vous ne pouvez-vous efforcer de leur ressembler, mais n'essayez pas qu'ils vous ressemblent. Car la vie ne retourne pas en arrière ni s'attarde à hier. Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants telles des flèches vivantes.
L'archer voit la cible sur le chemin de l'infini, et il vous courbe avec toute sa force pour que ses flèches aillent vite et loin. Que cette courbure, dans les mains de l'archer, tende à la joie ; car comme il aime la flèche qui vole, il aime aussi l'arc qui est stable.»
Il y a des parents qui font un transfert de leurs désirs vers leur enfant. Est-ce une bonne chose, et quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir ?
Concernant ce thème, je pense qu'on ne peut qu'en revenir au fameux guimmick de ce cher Freud : «l'enfant est pour son parent un prolongement narcissique.» Ceci permet, je crois, de poser dès l'ouverture de cette question de l'éducation la nécessité d'être exigeant dans le cadre proposé (règles de vie, socialisation, rythmes...), tout comme la nécessité de laisser le temps de l'enfance exister, pour voir poindre, peut-être, un adulte désirant ultérieurement. Il me semble intéressant de développer la question du versant inconscient (projections liées à l'idéal du moi, etc.) de l'humain. Donc, le fait qu'il est nécessaire de rappeler aux adultes qu'un enfant doit d'abord apprendre à s'ennuyer et jouer (et se tromper, etc.), avant de le plonger dans cet impitoyable univers adulte de la performance et de la compétition. L'apprentissage de l'altérite dans l'enfance est la seule option pour que le petit apprenne ludiquement ensuite l'émulation et la complémentarité des rapports humains. Cela peut paraître, à ce jour, très décalé..., mais la tendance à faire l'économie de l'enfance de nos sociétés ultralibérales est un pari triste sur l'avenir, comme on peut le constater dans nos cabinets lorsque l'on reçoit des enfants.
On voit des petits dressés à être de futurs toxicomanes de la vie, agités comme des shakers dès le plus jeune âge, à cause de ces gaves d'injonctions paradoxales : «Secoues-toi !», «Tiens-toi tranquille !», qui les rend sujets aux shoots d'adrénaline, dès très tôt... Vive la vie ! Bref, je ne vois pas comment ne pas situer cette question des rapports enfants/adultes sans la situer dans un contexte socioéconomique donné.
Ensuite, la question des loisirs comme nouveaux lieux de rentabilisation de l'éducation des enfants me taraude depuis que je travaille en cabinet, en France. Un enfant qui n'est pas performant, concentré, est sensible à la mise en abîme de ses petits camarades de «loisirs», il est vite désigné par ses parents/les animateurs/les autres enfants comme «un nul qui fait perdre l'équipe»... Les atteintes narcissiques sont donc précoces, profondes et répétées pour certains enfants. Ce constat (amer) peut être fait dans divers domaines où évolue l'enfant (école, famille, loisirs).
L'enfant peut-il satisfaire tous les désirs de réussite de ses parents ? Si c'est non, comment faire en sorte de ne pas le culpabiliser ?
Certainement pas, la meilleure façon est de comprendre ses blessures, pour les panser, et ne pas envahir ses propres enfants, dont la relation est déterminante pour le développement sain de ce dernier.
Et la réussite de l'enfant ? doit-elle être partagée entre parents et enfant ?
Cette question me rappelle la si belle description que fait Masud R. Khan au sujet de D.W. Winnicott, spécialiste de la psychothérapie de l'enfant, auxquels les cursus universitaires les plus développés au monde font appel, avec évidemment Mélanie Klein et d'autres... Je le cite : «Winnicott écoutait de son corps, et son regard se portait sur vous, sans chercher à vous pénétrer, avec un mélange d'incrédulité et d'acquiescement total. Une sorte de spontanéité infantile clownesque marquait ses gestes, et pourtant il pouvait être si tranquille... Il avait été élevé dans la tradition de son peuple, les Anglais ! Pour lui, les faits, c'était la réalité ; les théories, le balbutiement humain dans son effort pour saisir les faits... pour lui, tout homme se devait de trouver et de définir sa propre vérité...» Dans les systèmes d'éducation anglo-saxons, la simplicité est de mise, nous ne disons point dans notre propos que telle ou telle société est meilleure que l'autre, mais posons quelques constats de par les expériences de vieilles civilisations. En effet, toute identité se construit par identification, non seulement aux personnes investies mais aussi à leur mode de relation. Tout aussi important semble la relation qu'entretiennent les parents entre eux et la façon, le degré de partage des émotions et des expériences émotionnelles.


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