La conférence de presse du BEA français n'a pas fourni les détails que l'on attendait sur le crash de l'avion d'Air Algérie. Très médiatisée, cette intervention n'aura apporté que quelques éléments minimes sur les circonstances de cet accident, laissant le mystère entier. Un événement quelconque est survenu à l'extérieur de l'avion, événement que la thèse officielle lie aux «conditions orageuses» en altitude, obligeant l'équipage à dévier légèrement de la route initiale, avant que l'appareil ne chute en vrille, «comme une pierre». Si la première boîte noire, celle qui enregistre les paramètres du vol, commence à livrer ses secrets — en fait juste pour reconstituer les conditions du vol selon plusieurs indications techniques qui fournissent la vitesse, l'altitude, les changements de cap, les comportements de tous les composants de l'appareil —, il n'en est pas de même pour la seconde, celle dont on attendait qu'elle détaille les conversations de l'équipage avant et au moment du crash. C'est un mystère de plus ! Pourquoi cette boîte noire, solide et étanche, qui a pour habitude de «parler» est-elle restée silencieuse ? Les derniers échanges entre l'équipage auraient permis de comprendre exactement ce qui s'est passé. Doit-on croire le BEA qui parle d'une bande sonore défaillante, froissée, mais «réparée», sans pour autant obtenir des voix «audibles»? Ou, au contraire, faut-il y voir un élément supplémentaire qui vient épaissir l'énigme ? Pourquoi cette mobilisation au plus haut niveau de l'Etat français ? C'est que, depuis le début de cet étrange accident, les petits détails qui s'accumulent laissent penser que l'affaire pourrait ne pas être celle que l'on nous vend. Retour sur ces petits points qui intriguent : 1. Dès l'annonce de l'accident, le nombre des victimes est sujet à fluctuations. On parle de 118 passagers, même de 119, pour ne retenir officiellement que celui de 116. Par ailleurs, la présence d'un si grand nombre de voyageurs français intrigue, d'autant plus que, dans les différents journaux télévisés, l'on apprend que juste une vingtaine d'entre eux -une trentaine, au plus- était attendue dans différents aéroports français. Il s'agit de familles faisant du tourisme ou d'hommes d'affaires qui devaient simplement transiter par Alger. Et les autres ? Devaient-ils s'arrêter à Alger et pourquoi ? Etaient-ils des militaires ou des agents du renseignement français comme l'ont écrit certains journaux. 2. Pourquoi cette mobilisation inhabituelle au plus haut sommet de l'Etat français autour de ce crash ? Certes, les motivations de politique intérieure n'ont échappé à personne, mais ça en faisait un peu trop. Une autre question vient à l'esprit, dans le prolongement de la précédente : pourquoi cette présence militaire et ce quadrillage du site dès la découverte des débris ? Pourquoi cet empressement à envoyer tout de suite les deux boîtes noires à Paris ? Pourquoi la même célérité et la même détermination à expédier en totalité les corps à Paris ? Pourquoi tous les bagages et affaires personnelles ayant échappé à l'incendie qui suivit l'impact, ont-ils été mis sous scellés dans un hangar au Mali ? Y avait-il quelque chose que l'on voulait cacher ? Ou, autrement dit, y avait-il quelque chose que l'on cherchait et que l'on n'a pas trouvé ? Où est passé «l'avion» signalé par le pilote ? 3. Pourquoi personne, ni dans la presse, ni dans les réactions officielles n'est revenu sur les premières déclarations de la tour de contrôle de Gao, qui affirmait que le pilote avait demandé à changer de cap pour échapper à une formation orageuse, mais aussi pour «éviter un avion». Depuis, on n'a plus entendu parler de cet avion. 4. S'il est certain que l'appareil d'Air Algérie n'a pas explosé en vol, auquel cas ses débris se seraient étalés sur plusieurs kilomètres, il y a un problème qui doit être résolu en urgence par les enquêteurs et que cette conférence de presse n'a pas élucidé entièrement : une simple difficulté météo peut-elle envoyer un avion avec cette force et cette vitesse vers le sol ? Certes, les experts en aviation nous disent que les orages, la foudre, la grêle ont parfois été à l'origine de nombreux crashs dans le passé et que cet avion n'était pas de la dernière génération pour réagir correctement à ces conditions. Mais, en même temps, l'on sait que, face à cette situation, l'équipage tente de redresser l'avion, d'éviter le décrochage et que l'appareil lui-même résiste, perd progressivement de l'altitude, tente mille et une solutions, tout en communiquant avec le sol et en lançant des messages de détresse. Ces appels au secours ne sont pas audibles sur la boîte noire, nous dit-on. Oui, mais les tours de contrôle ainsi que les avions volant dans le secteur auraient pu les entendre. Rien. Mystère et boule d'avion fonçant à une vitesse incroyable vers le sol ! Et si c'était un impact de missile ? Ou un «avion» volé à Tripoli ? Alors, se dessine un scénario incroyable. Juste une piste parmi tant d'autres et que nous avons bâtie en partant des questions posées précédemment. L'avion d'Air Algérie a été peut-être heurté par un objet qui ne l'a pas fait exploser mais qui a causé une avarie soudaine, l'empêchant de continuer à voler normalement. Quelque chose qui a totalement détruit les systèmes de commande, rendant l'appareil incapable de rester en l'air par ses propres moyens, d'où cette chute vertigineuse que les experts disent n'avoir jamais vue. C'est comme si vous mettez le MD 83 affrété par Air Algérie dans un immense avion cargo et que vous le lâchez depuis une altitude de 9500 mètres. L'avion descend en spirale, à une vitesse de 740 km/h ! Cet objet était-il un avion ? Ce qui expliquerait ce «détail» annoncé par le pilote et oublié par tout le monde. Cet autre avion — au cas où il existerait — n'aurait pas pu être un appareil de transport civil, auquel cas une autre compagnie aurait signalé l'accident. S'agit-il d'un avion militaire ? Or, seuls les Français en possèdent dans la région. Une bévue que l'on essaye d'occulter ? Il serait trop tôt pour avancer avec un tant soit peu de crédibilité cette thèse, mais il s'agit ici d'exposer toutes les pistes, même les plus farfelues. Car l'accident dû à la météo ne semble plus en mesure de satisfaire les spécialistes. Cela pourrait être aussi un missile qui n'a pas touché l'avion en son cœur mais l'a effleuré, causant des dégâts tels qu'il devenait impossible de le maîtriser. L'appareil touché n'a pas explosé mais a décroché d'une manière tellement brutale qu'elle a causé des pertes humaines, y compris l'équipage. Ce qui expliquerait son silence au cours de ces trois minutes qui séparent le moment de l'incident en altitude de l'impact au sol. Cela pourrait être aussi l'un de ces avions disparus de l'aéroport de Tripoli et aux mains des terroristes libyens. Mais on en aurait trouvé les débris au sol, à moins que le secret militaire, imposé dès le départ à cette enquête, n'ait empêché la divulgation d'une telle information. D'autres pistes pourraient être citées mais en l'absence d'une exploitation complète de la fameuse seconde boîte noire, on n'en saura pas certainement plus avant la mi-septembre, date d'un rapport d'étape de la commission d'enquête. Jusque-là, le mystère demeurera entier.