A la lecture du palmarès de la boxeuse Manel Maherzi, que de jalousie s'en dégagera de certains misogynes. Mais cette talentueuse sportive n'en a cure et poursuit sa jeune carrière qu'elle désire truffer davantage. Mais, en fait, qui est Manel Maherzi et que représente-t- elle dans le giron de la boxe féminine algérienne ? Il faut remonter à la fin des années 90 même si, sur le plan de la pratique sportive, il faut s'arrêter à la fin de l'année 1998 quand la petite Manel, alors âgée de 9 printemps, fait une entrée sur la pointe des pieds dans une salle sportive des arts martiaux. Avant de goûter à l'ambiance que seule le sport peut procurer, Manel accompagnait ses frères et ses cousins à leurs entraînements de sports de combat. Pendant que les athlètes transpiraient sur le tatami, l'amour du sport germait doucement mais sûrement en elle. Elle voyait en ces sports de combat, le respect, la combativité, le défi, le courage. En deux temps, trois mouvements, la petite Manel se laisse emporter et fonce dans la pratique sportive en s'inscrivant au niveau du club du Chabab Hamma Bouziane. Là, elle est bien prise en charge par Belmili Khaled, son coach, qui, il faut le mettre en exergue, l'encadre à ce jour. Elle nous avoue qu'elle n'a fait que répondre aux sollicitations de cet entraîneur qui est de surcroît, un membre de sa famille et qui a détecté en elle des caractéristiques de championne de grande envergure. L'avenir lui a, d'ailleurs, donné entièrement raison surtout quand on épluche son palmarès. Pendant que les années s'égrènent, la sportive Manel s'accrochait à deux volets de sa vie que sont le sport et les études. Sa famille aidant, elle parvient à s'illustrer en décrochant son bac, en 2006 avec mention et une superbe note de 13, 94 et la même année, le titre de championne d'Algérie seniors alors qu'elle n'est que juniors tout en s'illustrant au Festival national de la discipline. Qui dit (et fait) mieux ! Gonflée à bloc, elle se lance dans le monde des études universitaires et plus spécialement à l'Institut des sciences de l'information et de la communication sans pour autant délaisser son sport favori. Dominant partenaires et adversaires, elle intègre logiquement l'équipe nationale dès l'année de sa réussite scolaire. Dès cette année-là, elle ne s'arrête pas d'orner continuellement sa vitrine en titres et trophées nationaux et internationaux. Parmi ses sacres, citons son encourageante 5e place au Championnat du monde de New Delhi. Parallèlement à son éreintante activité sportive, les études ne sont pas délaissées. Plus concrètement, elle se retrouve devant une trilogie difficile à honorer, à savoir sa famille, ses études et son sport. Mais la compréhension familiale lui permet d'allier, et le sport, et sa vie familiale. Mais au niveau de l'université, le chef du département des études ne se montre pas vraiment conciliant avec ses entraînements biquotidiens et ses fréquents stages avec l'équipe nationale. La mort dans l'âme, elle sacrifie quelques-uns de ses regroupements. Sans sombrer dans le pessimisme, Manel s'accroche pour démontrer que lorsque la volonté existe, elle peut vaincre tous les aléas de la vie. Actuellement, au sortir de ses études couronnées d'une licence acquise en 2011, elle est branchée vers des échéances internationales de grande importance, en l'occurrence le Mondial 2014 à Jeju (Corée du Sud) et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro. Sous la férule du coach national Harima Khaled, elle se défonce quotidiennement pour aller représenter le plus dignement possible l'Algérie à ces deux joutes. Tout en étant en admiration avec son coach, elle souhaite du fond du cœur qu'il soit secondé pour plus d'efficacité. A la gent féminine inactive, elle lance un appel pour qu'elle pratique le sport, qu'importe la discipline. Défendant son sport favori, notre championne souligne que la boxe est loin d'être aussi dangereuse que se l'imagine une certaine frange de la population. Au contraire, elle encourage toutes les filles à venir à la boxe qui est, pour elle, «une école de la vie» car c'est toute une éducation que l'on y trouve.