Les Ensembles algérois de Hammamet 2 et de Kouba lauréats du 5e Festival du chant religieux des jeunes    Baddari supervise le lancement de trois plate-formes numériques    Coupe d'Algérie: l'USM El Harrach premier qualifié pour les demi-finales    Un méga-Iftar aux couleurs d'une «qaâda assimia» avec Bingo    «La Présidente de la Tanzanie se félicite des relations excellentes unissant les deux pays»    Les délégations russes et américaines entament un nouveau cycle de négociations bilatérales en Arabie saoudite    124.000 personnes déplacées    Journée de sensibilisation dédiée à l'entrepreneuriat féminin    Le Cap-Vert est au vert pour le moment    Développement du football : Sadi appelle à s'allier au projet de la FAF    Séminaire sur la professionnalisation du football en avril à Alger    Déstockage de 155 tonnes de pommes de terre pour en réguler le prix sur le marché    Un jeune grièvement blessé par arme à feu à Kaïs    Attaque d'un bureau de poste à Bougtob    Une catastrophe à cause de la malnutrition    En célébration de la tenue traditionnelle féminine du Grand Est algérien    L'artiste Bilal Boutobba lauréat    Projection du film historique ''Zighoud Youcef''    Agressions sionistes: le Conseil des droits de l'Homme condamne les graves violations du droit international    Laylat Al-Qadr: le Premier ministre préside une cérémonie religieuse    Hamlaoui reçoit le président de la Fondation "Sinaat Al-Ghad"    Elaboration de la loi criminalisant la colonisation : d'anciens députés nommés au sein de la commission spéciale    Lutte antiacridienne : l'Algérie déploie depuis des années de gros moyens pour faire face au fléau    Fêtes : lancement vendredi d'une application numérique indiquant les commerçants de permanence    Le ministre des Finances inspecte plusieurs infrastructures de service au port de Mostaganem    Tournoi de la presse-2025 : la 4e édition prend fin jeudi soir à la Coupole du complexe olympique    Handball / Championnat d'Excellence A (messieurs et dames): reprise des compétitions au mois d'avril    Aïd El-Fitr : la nuit du doute pour l'observation du croissant lunaire du mois de Chaoual fixée au samedi prochain    Radio algérienne: tenue jeudi de la 3e édition de l'initiative "Nous, les enfants de demain" au profit des enfants atteints de cancer    Fête de l'Aïd El Fitr : la Protection civile lance une campagne de sensibilisation contre les risques d'accidents    Cisjordanie occupée : près de 850 points de contrôle mis en place par l'occupant sioniste    Projection du film historique "Zighoud Youcef" à l'Opéra d'Alger    Ghaza: le bilan de l'agression génocidaire sioniste s'alourdit à 50.183 martyrs et 113.828 blessés    « Préservons les valeurs de tolérance et de fraternité »    Le président de la République reçoit l'ancien président tanzanien    Lutte contre le terrorisme        L'Algérie happée par le maelström malien    Un jour ou l'autre.    En Algérie, la Cour constitutionnelle double, sans convaincre, le nombre de votants à la présidentielle    Algérie : l'inquiétant fossé entre le régime et la population    Tunisie. Une élection sans opposition pour Kaïs Saïed    BOUSBAA بوصبع : VICTIME OU COUPABLE ?    Des casernes au parlement : Naviguer les difficiles chemins de la gouvernance civile en Algérie    Les larmes de Imane    Algérie assoiffée : Une nation riche en pétrole, perdue dans le désert de ses priorités    Prise de Position : Solidarité avec l'entraîneur Belmadi malgré l'échec    Suite à la rumeur faisant état de 5 décès pour manque d'oxygène: L'EHU dément et installe une cellule de crise    









SON NOM REVIENT TROP SOUVENT DANS LES RECENTS SCANDALES
La réhabilitation de Chakib Khelil compromise ?
Publié dans Le Soir d'Algérie le 06 - 04 - 2016

A l'heure où le pouvoir algérien tente de disculper Chakib Khelil des accusations dont il fait l'objet en matière de corruption, de nouveaux éléments révélés par des enquêtes internationales qui éclaboussent la planète tendent à prouver le contraire de ce qui est avancé chez nous compromettant ainsi gravement l'opération de réhabilitation en cours.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Il y a un «monde» entre ce qui se dit en Algérie et les révélations fracassantes du consortium de journalistes qui s'attellent depuis un long moment à révéler à la face du monde l'implication des personnalités dans la corruption.
Depuis son retour, l'ancien ministre de l'Energie tente chaque jour d'inverser les rôles, se présentant à une opinion médusée par sa réapparition comme étant la victime d'une sombre machination. Pour lui permettre de s'expliquer, une télévision privée passant pour être proche du pouvoir lui ouvre régulièrement l'antenne. Ce dernier affirme n'avoir rien à se reprocher, les accusations portées contre lui ne sont rien d'autre qu'une cabale et ont, selon lui, lourdement pesé sur sa mère avant qu'elle ne décède.
Des images le montrent au sein d'une zaouia. Chakib Khelil donne l'image d'un homme qui ne veut cependant pas regarder le passé. Il livre son opinion sur la crise économique algérienne, la crise pétrolière et se dit être au service de son pays. L'objectif de son retour se dessine.
Le Secrétaire général du FLN, qui passe pour être le véritable porte-parole des dirigeants algériens, le présente comme un homme intègre dont l'absence s'est répercutée sur les affaires de la Sonatrach et annonce son retour à un poste de responsabilité que «va lui proposer le Président».
Ouyahia, directeur de cabinet de la présidence de la République et SG du RND, révise lui aussi sa position et affirme que l'ancien procureur d'Alger qui avait émis un mandat d'arrêt contre Chakib Khelil avait obéi à des ordres. C'était il y a trois jours à peine. Mais des éléments ahurissants déversés via des centaines de journaux internationaux sont venus faire basculer toute l'opération en cours. En Italie, le journal La Republica qui suit de très près l'affaire Saipem-Sonatrach révèle en début de semaine l'existence d'écoutes rapportant des conversations téléphoniques entre l'ancien responsable du géant pétrolier italien, Paolo Scaroni et son collaborateur.
Paolo Scaroni, qui fait l'objet d'une demande de poursuites par le tribunal de Milan pour versement de pots-de-vin d'un montant de 198 millions de dollars à Chakib Khelil pour l'obtention de contrats avec la Sonatrach, fait savoir à son collègue que l'affaire Saïpem a été déclenchée suite à des «informations venues d'Alger». Selon la même source, le collaborateur de Scaroni évoque l'enquête publiée par La Republica et selon laquelle Saipem s'est retrouvée au centre «d'un complot en Algérie en versant des pots-de-vin à des responsables algériens». «C'est vrai, répond Scaroni, il y a eu des règlements de compte et des luttes d'intérêt, mais la corruption a bien eu lieu».
La publication de l'enregistrement téléphonique révèle un autre passage de la conversation : «Un différend est apparu entre Chakib Khelil et le P-dg de Sonatrach, Meziane, et ils ont balancé cela à l'extérieur. Le règlement de compte porte sur plusieurs affaires, Saipem n'est pas la seule affaire». Plus grave, le même journal révèle ensuite une autre conversation entre l'ancien patron de l'ENI et le ministre italien du Développement (elle date de 2013) qui s'inquiète de la réputation des societés italiennes contrôlées par l'Etat. «Les magistrats italiens n'ont pas tort de soupçonner l'existence de versements de pots-de-vin de 198 millions de dollars à des responsables algériens».
L'affaire se passe de tout commentaire. L'enquête de La Republica intervient cependant à l'heure où le tribunal de Milan procède à la réouverture du dossier Saipem-Sonatrach. Les juges en charge du dossier doivent se prononcer sur la demande de Farid Bedjaoui d'auditionner Chakib Khelil sur les faits qui lui sont reprochés. En Algérie, Ammar Saâdani affirmait une semaine avant la publication de cette enquête que rien ne permettait de douter de l'implication de l'ancien ministre de l'Energie dans l'affaire Saipem.
Pas de réaction en revanche sur les scandales de Panama Paper ni ceux révélés par les journaux Huffington Post et The Age. En début de semaine, les Algériens déjà abasourdis par l'épisode du retour de Chakib Khelil au pays apprennent que celui-ci pourrait être étroitement mêlé à une autre affaire de corruption.
L'enquête démontre que des compagnies coréennes et italiennes liées au secteur de l'énergie auraient versé des pots-de-vin pour obtenir des contrats en Algérie par l'intermédiaire d'une société pétrolière, basée à Monaco, du nom d'Unaoil. Une famille de millionnaires iraniens à la tête de cette societé aurait travaillé avec des hauts dirigeants algériens (Chakib Khelil était alors en poste) de Sonatrach pour l'obtention de contrats d'un montant de 1.8 milliard de dollars avec Samsung et Hyundai. Des pots-de-vin auraient été versés à des cadres de la Sonatrach en échange de contrats. L'un d'entre eux devait toucher jusqu'à 750 000 dollars après la transaction. La même source nous apprend que des responsables de Saipem, auraient également versé des pots-de-vin contre des contrats en Algérie.
A peine l'enquête est-elle publiée que le scandale de la Panama Papers éclate. Farid Bedjaoui, bras droit de Chakib Khelil, Omar Habour et Réda Hemche, son neveu, sont cités. Le Monde révèle que «le cabinet financier, Mossack Fonseca, a créé une myriade de sociétés offshore pour Farid Bedjaoui». L'une de ces sociétés, Pearl Partners, basée à Honk Kong, aurait recu un montant 198 millions de dollars sur un compte émirati. L'argent est en partie versé sur un compte en Suisse de la banque Edmond de Rotschild où Farid Bejdaoui détient un mandat de gestion pour la société Sorung Associates Inc. Le Monde révèle aussi que Réda Hemche, neveu de Ckakib Khelil, dispose également d'un compte «approvisionné de 1,75 millions de dollars entre l'été 2009 et janvier 2010, dans cette même banque»
Mais ce n'est pas tout. Selon Panama Papers, une enquête menée suite à un courrier adressé par l'agence d'investigation financière du gouvernement des îles Vierges britanniques au cabinet Mossack Fonseca a débouché sur l'existence d'une société dénommée Minkle Consultants SA, détenue conjointement par Bedjaoui et Omar Habour. «Ce dernier, qui possède avec M. Khelil une propriété dans le Maryland, aux Etats-Unis, aurait reçu un virement de 34,3 millions de dollars (30 millions d'euros) sur un de ses comptes au Liban», rapporte le quotidien français.
Outre-mer, les pays concernés par les révélations promettent l'ouverture d'enquêtes judiciaires sur les personnalités citées. Des crises politiques d'une ampleur inédite ont éclaté comme en Islande par exemple où la démission du Premier ministre est réclamée.
En Algérie, et pour l'heure, nos responsables se murent dans un silence total, inhabituel pour tenter de résister au tsunami Panama Papers. Les vagues d'une hauteur effrayante risquent cependant de balayer sur leur passage tous les efforts en cours pour la réhabilitation de Chakib Khelil.
A. C.
Précision du journal Le Monde
Les responsables algériens auraient-ils réagi aux révélations du Monde ? Dans son édition d'hier, le quotidien francais a publié une précision : «Contrairement à ce que la photo en Une du Président algérien, Abdelaziz Bouteflika a pu laisser croire, le nom du Président algérien n'apparaît pas dans les Panama Papers». Bien qu'aucune réaction officielle n'ait été enregistrée, plusieurs sources affirment qu'Alger aurait protesté auprès du Quai d'Orsay pour la publication du premier responsable algérien dans l'édition consacrée à l'implication de plusieurs dirigeants du monde dans des scandales liés à la corruption.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.