Universitaire – elle est diplômée en Science de la communication et de l'information et est titulaire d'un master 2 en Histoire — ancienne journaliste, Mériem Merdaci a fait le choix difficile de l'édition et qui plus est, à Constantine si loin du cœur battant d'Alger. C'est en 2008 qu'elle édite son premier ouvrage – la biographie d'une éminente figure de combattante du FLN à Constantine — et son catalogue ouvert au patrimoine musical algérien fait une large place aux auteurs de première œuvre comme c'est le cas cette rentrée avec la publication de la jeune Noelka. Nous nous sommes rapprochés d'elle au stand de sa maison d'édition. Le Soir d'Algérie : Parlez-nous des Editions du Champ Libre et à quoi renvoie cette enseigne ? Mériem Merdaci : Les Editions du Champ Libre existent depuis 2008 et ont à leur actif un nombre conséquent d'ouvrages eu égard à la modicité de leurs moyens. Notre choix éditorial est de contribuer à la promotion de la littérature algérienne en arabe, en tamazight ou en français. Le plus souvent ce sont des premiers romans d'auteurs inconnus ou de jeunes poètes mais j'ai fait le choix de les publier et de les accompagner. L'autre versant de notre choix est lié d'une part au patrimoine musical national et d'autre part au retour sur l'histoire du nationalisme et de la guerre d'indépendance. Cela traduit tout à fait notre engagement en faveur de la promotion de la liberté d'expression et de création. C'est cela le sens de notre enseigne. Au quotidien, c'est quoi éditer ? J'ai envie de dire c'est d'abord de s'acquitter de mille et une charges. En fait, recevoir des manuscrits, des auteurs, expliquer les phases et les difficultés d'une publication du rapport du comité de lecture à l'impression en passant par l'infographie et enfin une distribution souvent aléatoire. Pour dire les choses simplement, c'est difficile mais il faut refuser la résignation. Editer un chemin de croix ? Je ne suis pas sûre que la loi sur le livre ait changé grand-chose au monde l'édition algérienne. Comment notamment défendre un auteur, un ouvrage quand on n'a pas ses entrées et qu'on vienne de l'intérieur du pays. Le rôle des médias et particulièrement de la presse écrite est ici particulièrement important. Sans compter le fait que nous éditeurs algériens ne pouvons pas exporter nos œuvres à l'étranger et en parallèle le marché algérien est envahi par les ouvrages étrangers. Je pense que le vide juridique ne joue pas en notre faveur. Et le Sila ? Le Sila est un moment clé pour l'édition algérienne et je m'attache à y prendre part même si parfois c'était dans des conditions difficiles. C'est l'occasion de contacts, d'échanges avec les éditeurs, le public, les médias. Que trouvera-t-on à votre stand ? Une vue d'ensemble sur notre catalogue et notamment l'ouvrage d'une jeune auteure bourrée de talent, Noelka, qui sera d'ailleurs présente au stand pour une signature. Je signale enfin aux amis qui n'avaient pas eu l'occasion de rencontrer le professeur Abdelmadjid Merdaci et de débattre avec lui de son ouvrage sur l'histoire du chaâbi qu'il sera aussi présent au Sila. A côté de cela figurent aussi des ouvrages de littérature — des nouvelles, celles de Osman Chaggou, Djamel Boussafsaf, le récit de Zadimene ; un roman de Redha Boubeguira – des biographies comme celle de Mohamed Charfi, une enquête journalistique comme celle de René Backmann sur la Palestine.