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HALTES ESTIVALES
Tlemcen, un incendie au c�ur� Par Ma�mar FARAH [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 10 - 08 - 2006

Durant les vacances, quelques chroniques des ann�es pr�c�dentes pour se replonger dans le feu d�une actualit� qui rel�ve d�sormais de l�histoire. Nous ferons �galement des haltes dans des villes ou des r�gions coups de c�ur. Aujourd�hui, un amour nomm� Tlemcen.
Quant tout part et fout le camp, il reste les souvenirs� Il reste ces images mur�s au fond de la m�moire et qui ne veulent pas jaunir, gardant intactes toute leur luminosit� et la fra�cheur de leurs couleurs. Une ville, une autre halte dans nos p�r�grinations de journalistes jet�s sur les routes de l�Alg�rie profonde � l��poque de la grande qui�tude et de la paisible ronde des jours sans heurts� Ah ! Sereine nonchalance des saisons tranquilles, o� es-tu ? Pour les voyageurs infatigables que nous �tions, ces stations n��taient pas pourtant celles du r�pit, car il fallait cravacher dur pour r�colter ces bribes d�informations qui serviront de canevas au reportage ou � l�enqu�te� Un h�tel. Une chambre sans faste et sans t�l�phone, avec, comble du luxe, une douche o� l�eau ne coule qu�� des horaires stricts. Et ces in�vitables aquarelles suspendues au-dessus du lit, �uvres d�obscurs dessinateurs qui se prenaient pour des artistes dou�s ! Un balcon qui s�ouvre sur un �t� lumineux. Siestes de reporters, partag�es entre le bar du coin et la pi�ce aust�re l�ch�e par les br�lants lance-flammes du soleil m�diterran�en. Et la ville, paisible et laborieuse, qui s�offre � vous dans un moment d�extase partag�e. La ville aux parfums et reflets si particuliers. Encore une aux charmes d�suets, m�lange d�Orient exotique et d�Occident moderne. Laquelle ? La ville blanche, bien s�r, superbe joyau nich� au creux de la riante et verdoyante vall�e. La cit� d�art et d�histoire, titre galvaud� mais qui prend ici toute sa valeur, car qui, mieux que la capitale des Zyanides, peut m�riter cette qualit� ? Tlemcen est une invite, un sourire, une caresse� Quand on prononce ce mot magique, je pense au plateau de Lalla Setti qui prot�ge l��blouissante ville laiteuse parcourue de luxuriants jardins. Je pense aux cerises, �carlates et galb�es, vendues pour quelques sous � chaque coin de rue par des marchands ambulants. Je pense aux fresques d�ombre et de lumi�re qui patrouillent les bosquets des monts de Tlemcen. Je pense aux vertes �tendues de pins qui glissent sur la corniche. Je pense aux oliveraies rectilignes surgies d�Andalousie. Je pense aux seigneurs vautr�s dans les patios rafra�chis par les jets d�eau et les senteurs des lilas. Je pense aux belles dames de jadis valsant sur les airs d�une musique �ternellement jeune. J�y suis rentr� par la belle route qui vient d�Oran et traverse quelques villages coloniaux non encore pollu�s par le b�ton et le trabendisme. Une succession d�adorables et pimpantes localit�s aux maisons surmont�es de toitures rouges. J�y suis rentr� en venant de Sidi Bel Abb�s, apr�s une halte m�morable aux cascades d�El-Ourit, dans le flamboyant rouge et or d�un cr�puscule d��t�, calme et savoureux, qui annonce une magnifique nuit de musique andalouse. Mes yeux ne voulaient pas quitter l�abrupt rempart vert qui d�vale des hauteurs de Lalla Setti, avec, � son sommet, cet incroyable viaduc d�acier qui enjambe deux falaises escarp�es. L�eau, surgie des profondeurs de la for�t, explose en une multitude de gerbes dont le roucoulement est comme une seconde musique� L�orchestre entame une nouba. Les tables se remplissent. L�odeur des brochettes embaume l�air. Je m�enivre d�j�, mais le chauffeur avertit : �Si tu restes, tu ne te l�veras pas avant minuit. Il faut penser � r�server l�h�tel��. Qu�il est difficile de quitter ce paradis ! Apr�s une courte correspondance � Oued Tlelat, j�y suis rentr� par cet interminable train qui avance comme une tortue � travers le paysage d�pouill� de la plaine belabessienne travers�e par les vents sib�riens de janvier. Et voil� les tunnels. Voil� les monts qui dorlotent les nuages du c�t� d�El-Ourit. Cette fois-ci, je suis sur le viaduc d�acier et le regard qui plonge dans les abysses, accroch� par le ruban scintillant de la route de la corniche, se trouble de vertige� Vertiges des sens cabriol�s dans les panoramas c�lestes. Tournis des gouffres verdoyants qui vous accompagne jusqu�au bout du voyage, et m�me un peu plus, lorsque les yeux, ivres de beaut�s pures, s��teignent dans l�obscurit� d�une chambre z�br�e par l��clat bleu�tre d�un n�on qui clignote � l�ext�rieur. J�y suis rentr� par la route de Sebdou, apr�s un p�lerinage chez les nobles pasteurs de la r�gion. Partis pour un reportage sur l��levage dans cette r�gion consid�r�e comme l�un des principaux viviers de la race ovine alg�rienne, nous avons �t� �kidnapp�s� par des h�tes qui nous ont oblig�s d�accepter leur l�gendaire hospitalit�. Affables, ils sont aussi d�une franchise d�routante. Ces fiers �leveurs qui tiennent de leurs a�euls ce sens h�r�ditaire du bon accueil, nous ont tellement g�t�s que je conserve de cette r�gion l�un des meilleurs souvenirs de ma vie de reporter. J�ai rarement connu un tel accueil, et je garde jusqu�� pr�sent le go�t de ce d�licieux couscous mang� � la main et servi avec une exquise �paule de mouton local. C��tait quelque part dans la steppe. C��tait quelque part dans le c�ur des hommes, des vrais, de ceux qui ne trichent pas, qui ne calculent pas et qui offrent ce qu�ils ont de meilleur sans vous demander d�o� vous venez ! C��tait � quelques pas du bonheur, au carrefour des rencontres fraternelles, n�es d�un arr�t de car dans la brousse d�v�tue, d�un caf� que l�on prend dans une baraque, d�une main tendue, d�une invite, d�un �change� J�ai souvent entendu dire que les Tlemc�niens n�avaient pas le sens de l�hospitalit� et accueillaient mal les ��trangers�, terme que j�ai en horreur ! Je jure que je n�ai jamais senti cela dans les quartiers et les rues de Tlemcen et que le nombre de fois o� j�ai �t� invit� � d�jeuner ou � d�ner par des gens que je venais � peine de conna�tre est r�v�lateur de cette hospitalit� que l�on veut maquiller pour je ne sais quelle raison. Le r�gionalisme, peut-�tre ? Cette plaie qui a ressurgi soudainement apr�s des ann�es de parfaite communion entre tous les enfants de ce m�me pays ! Heureux qui, comme nous, n�a pas vu cela dans les yeux du Kabyle qui vous accueillait dans son hameau avec le sourire �ternel du Djurdjura et quelques figues s�ch�es barbotant dans l�huile d�olive. J�ai pass� des nuits � Mekla et j�avais oubli� que j��tais � des centaines de kilom�tres de chez moi. J�ai mang� du couscous au m�rou chez une famille de Jijel et il me semblait que c��tait ma m�re qui l�avait pr�par�, elle qui n��tait pas forte en poisson ! J�ai si longtemps err� dans l�Alg�rie profonde et parcouru les villes et les villages d�est en ouest, du centre au sud, que je peux t�moigner de la disparition totale de ce fl�au durant les ann�es soixante-dix. Du moins, chez le peuple ! Tlemcen est de ces villes qui ont une esp�ce de pudeur interne, h�ritage le plus pur de la civilisation et la r�serve que l�on peut parfois observer dans les attitudes des uns et des autres n�est pas de l�indiff�rence, loin de l�. Quant au patriotisme, je crois qu�il faut visiter les maquis de la r�gion, parcourir les montagnes qui entourent Maghnia, monter du c�t� de Ghazaouet ou descendre vers Sebdou, pour comprendre que cette r�gion frontali�re qui a donn� � la cause de l�Alg�rie ses meilleurs enfants, n�a jamais trich� avec l�histoire J�arrive � la fin de cette chronique sur Tlemcen. Allez-y, vous ne le regretterez pas ! J�ai �vit� les cartes postales standardis�es, pour vous raconter ces hommes simples et fiers qui s�en fichent du visa et de l�Europe, tant ils ont conscience de vivre dans le plus beau pays du monde. Je vous parle de leur v�rit�. Et de l��me rebelle qui a fa�onn� les g�n�rations � l�ombre de Lella Setti. Non, mille avenues parisiennes ne valent pas le souffle de tes cr�puscules quand le soleil descend doucement sur Bab El Kermadine et que ses derniers rayons se font caresse sur la chevelure dor�e de tes monuments. Ni Rome, ni Pers�polis, ni les Venise de leurs contes d�amour normalis�s dans la logique du marketing touristique, ni les �toiles du monde entier ne t�arrivent aux chevilles, ville de Mohammed Dib. Dans nos c�urs, l�incendie br�le toujours. Car c�est un vrai conte d�amour. Entre un peuple et une r�volution�

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