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La dure réalité africaine, comme terreau fertile à la création
Littérature et cinéma africains
Publié dans Le Temps d'Algérie le 25 - 03 - 2009

Avec la résurgence du second festival panafricain prévu pour le mois de juillet prochain à Alger , l' Afrique sera a l'honneur à travers sa culture à l'incommensurable richesse et diversité dans divers modes d'expression, aussi bien littéraire, musical, théâtral , pictural que folklorique.
Cette Afrique à variations multiples, souvent meurtrie par une ancienne colonisation, malmenée par des problèmes socio-économico-politiques et gangrenée par des régimes despotiques et dictatoriaux, constitue un fonds universel propre à l'humanité. Les arts et la culture sont une passerelle entre ces innombrables pays qui composent cet immense continent. La littérature et le cinéma se déclinent à travers différentes thématiques qui puisent de ce terreau fertile de la réalité africaine avec ses préoccupations, ses problèmes et ses panacées. Les belles lettres se caractérisent par les littératures d'expressions française, anglaise et espagnole en raison des conditions historiques liées aux différentes colonisations.
L'Afrique avec ses difficultés socio-politiques est au centre des préoccupations de cette littérature. D'où une littérature coloniale rivée aux problèmes de la colonisation et de la décolonisation a été appréhendée par le passé par des auteurs épris de liberté, de justice et d'égalité. L'Afrique qui ambitionne de cerner son quotidien plaide pour une résolution de ses difficultés et obstacles. Le ton de cette littérature est à la contestation. Il est aussi à la dénonciation des maux qui minent ce continent noir.
Souvent sous une coloration intimiste, elle prend l'air du temps de l'actualité. L'essentiel des œuvres littéraires tous genres confondus, roman, poésie, pièces de théâtre, nouvelles sont de facture classique enseignant une douloureuse et sanglante page de l'histoire. Elle met en exergue toute la complexité du continent africain tout en restituant sa grandeur et la richesse de ces cultures multiples qui dans un melting-pot fondent cette pathétique âme africaine.
Les thématiques des belles lettres
Du nord au sud, d'est en ouest l'Afrique vit aux rythmes des événements qui l'ont secouée durant plusieurs décennies. Aussi, l'écriture sonde les méandres de ce quotidien tissé de difficultés et d'embûches. Elle aborde les thématiques éculées comme l'apartheid, la révolte, la dictature et la violence. La vie la mort, l'amour, la liberté sont omniprésents dans cette littérature exubérante et salvatrice. Avec certains auteurs, le choc de cultures, les conflits de cultures, l'exil, l'émigration, le retour au pays, la paupérisation, le chômage, l'illettrisme sont autant de ferments porteurs d'une expression littéraire.
Dans le registre des femmes, la polygamie, la mère, l'excision, la condition féminine, la maternité et l'enfant donnent une vision pessimiste et machiste de ces sociétés patriarcales et tribales. Revendicatrice, l'Afrique a connu moult problèmes dans lesquels elle se débat encore. Ce qui entraîne une réapparition de ces écrits engagés et progressistes. Notons qu'une particularité de cette littérature puise son substrat de l'oralité. Les sociétés africaines où l'illettrisme et l'analphabétisme font des ravages sont orales. Ainsi, la transmission des contes et légendes se fait à travers des griots.

Des écrivains de renom très prolifiques
Le panel des écrivains est très large et varié. Chacun dans son style, selon sa faconde et son expression romanesque, théâtrale ou poétique, raconte sa vision des choses, de la vie et du quotidien africain. Avec comme dénominateur commun des maux sociaux et politiques, ils dressent un tableau synoptique d'un continent ravagé par tant de souffrances, de misère et de détresse. Sembene Ousmane (cinéaste aussi), Fatou Diomé, Hampate Ba Amadou, Serge Bilecote, Bâ Mariamo, Mongo Béti relatent avec force émotions cette Afrique meurtrie. Les écrivains, toutes générations confondues, abordent les mêmes sujets toujours en vogue.
Dans cette féconde palette d'auteurs, il ressort deux prix Nobel, le Nigérian Wole Soyinka en 1986 et la Sud-Africaine Nadine Gordimer en 1991. C'est dire l'impact et la portée de cette littérature résistante. La richesse de cette littérature témoigne de la prise de conscience des écrivains qui dénoncent par leurs écrits ces sociétés gangrenées par tant de maux sociaux et de coups d'état, où les concepts de liberté et de démocratie n'ont pas droit de cité.

Un cinéma progressiste
Dans le septième art, la prise de conscience d'un débat de fond de cette Afrique doit passer inévitablement par un large battage médiatique, c'est le credo des réalisateurs. Aussi, comme seule arme à large diffusion, le cinéma avec l'image qui véhicule des messages compris par tout le peuple. De ce fait, les cinéastes africains de notoriété publique comme les Sénégalais Sembene Ousmane et Djibril Diop Mambety, le Burkinabé Idrissa Ouedraogo, Souleymane Cissé et Cheikh Oumar Sissoko (Mali), le Mauritanien Abderrahmane Sissako et le Camerounais J. P. Dikongué Pipa ont su porter les revendications de leurs sociétés à l'écran et en dehors des frontières de ce continent.
Ils se sont caractérisés par un cinéma engagé qui s'insurge contre les guerres, la violence, le manque de libertés et de droits. Ils brocardent avec dérision leurs sociétés sapées par la précarité sociale et la sorcellerie et le charlatanisme.
Malgré le manque de moyens pécuniaires et l'absence d'une industrie cinématographique, le cinéma africain qui reste relativement jeune a su s'exporter à l'étranger. Présent à d'innombrables festivals, le septième art africain donne une vision de ce continent loin des prospectus idylliques et des clichés paradisiaques d'une Afrique touristique.
Par ailleurs, malgré sa jeunesse et sa faible production, les réalisateurs ont initié des festivals comme les journées cinématographiques de Carthage (depuis 1966), le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (1969), Ecrans noirs à Yaoundé au Cameroun depuis 1966 et le Fesnaci (Festival national de Côte d'Ivoire). Ces multiples festivals traduisent cette volonté des cinéastes à donner une large portée à leur cinéma novateur dans sa forme, son esthétique et ses thématiques, même si bon nombre d'entre eux se sont expatriés ou décédés.
Il ressort que ces divers registres littéraires et cinématographiques prennent la couleur de l'Afrique, un environnement souvent délétère mais riche à la création artistique. Terreau fertile à la création, celle-ci est freinée par le nerf de la guerre, l'argent. Néanmoins, on peut affirmer sans honte ni vergogne que malgré ces maux et ces carences de moyens, les Africains ont su élever leurs voix à travers des modes d'expression. L'Afrique est et restera ce continent aux multiples richesses immatérielles et potentialités humaines qui font sa renommée et sa grandeur.


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