Aujourd'hui, le monde de la presse, tous supports confondus et des quatre coins de la planète, célèbre sa journée. Une célébration intervenant dans un contexte particulièrement difficile marqué par la crise économique mondiale menaçant bien de mass media. Aussi, la presse écrite n'est-elle pas encore plus menacée que jamais de disparition par l'intrusion de nouveaux supports de communication que permet la fameuse toile. Chez nous, l'événement est marqué du sceau du tant souhaité saut qualificatif à même de garantir à la corporation son implication dans le développement tous azimuts du pays et de répercuter véritablement les pulsions de la société. Et les promesses d'appui du Président à l'occasion, en termes de modernisation et de professionnalisation davantage du secteur, participent de son souci de faire du monde de la presse ce véritable quatrième pouvoir. Combien nous étions à connaître le père de la presse algérienne, avant de tomber sur l'écrit de Abdellali Merdaci, un universitaire constantinois ? C'est à lui que revient, en effet, le mérite d'avoir révélé le nom du premier journaliste algérien, du nom de Omar Samar, qui a lancé en 1893 l'hebdomadaire El Hack, dont il assure la rédaction en chef. Depuis cette époque, bien des générations de journalistes sont venues marquer de leurs lettres de noblesse cette noble profession, somme toute assez exceptionnelle. Le journalisme est loin d'être un domaine cloisonné. Il est basé sur des rencontres quotidiennes, offre des opportunités infinies. Sa finalité, qui est de délivrer de l'info au plus grand nombre, reste quelque chose de bien gratifiant ! En cette Journée mondiale de la presse, nous avons choisi de vous faire connaître deux de nos collègues, journalistes bien sûr ! Le doyen de l'équipe, Belkacem Rouache, et la cadette qui vient d'entamer sa carrière dans le domaine, Ghania Lassal. Belkacem Rouache Un journaliste passionné de culture Difficile de faire le portrait de Belkacem Rouache, tant l'homme est riche et passionné. Parler du romancier ou du poète, du passionné des arts plastiques ou du journaliste, de l'homme de radio ou du critique de théâtre et de cinéma. Belkacem Rouache est tout cela à la fois. S'il faut le définir, le titre qu'il a choisi pour son dernier roman, L'homme qui regarde la mer, lui siérait à merveille, tant le mot et d'autres qui s'y rattachent reviennent souvent dans ses œuvres. Normal pour un natif de Dellys, une coquette ville côtière d'Algérie. Est-ce le large, l'horizon bleu qui l'a inspiré ? Son tout premier recueil de poésie intitulé Certitude incertaine, il l'a écrit très jeune, dans les années 1960-70 et publié en 1982. Le point de départ d'une vie artistique des plus riches. Plusieurs romans et recueils de poésie et de nouvelles s'en suivront, dont Le Naufrage rythmé, Tant que le soleil se lèvera, La Grotte, Chants des sirènes. Quand la pierre a soif, elle va à la mer, un recueil de poésie et le roman cité plus haut sont en voie d'achèvement. L'autre vocable qui lui colle à la peau est celui de culture. Dans les multiples rédactions, dont Révolution Africaine, Alger Républicain, dans les années 1990, puis le Soir d'Algérie, El Watan, l'Authentique, Le Jeune Indépendant et d'autres magazines où il écrit, c'est dans la rubrique culturelle qu'il a essentiellement signé. Ces écrits consacrés à tout ce qui touche au domaine culturel sont aussi nombreux que riches. Une contribution à sa manière pour sortir ce secteur du marasme dans lequel il est plongé depuis des années. Aujourd'hui, la page culturelle de notre journal dans laquelle il aborde différents sujets, avec une prédilection pour les arts plastiques, serait bien terne sans son apport prolifique. S'arrêter là serait trop tôt. Belkacem a un autre violon d'Ingres à son actif, l'audiovisuel. Il est l'auteur de scénarios pour des feuilletons et des sitcoms célèbres, dont Pas de gazouz pour Azzouz, Chahra, Cri des mouettes… Du métier de journaliste qu'il a mené parallèlement à sa vie de créateur artistique, il dira que c'est un métier passionnant et fascinant parce qu'il lui a fait connaître beaucoup de personnalités, une profession qui nous fait découvrir des gens et des nouveautés. C'est un métier de terrain que la monotonie ne gagne pas quand on le fait avec cœur, comme il a su le faire lui-même, écouté et respecté par les jeunes journalistes et autres. Ghania Lassal :«Je veux bouger» Toute jeune, Ghania était une petite «pipelette» qui parlait sans arrêt, un carnet à la main. Un débit verbal tel que son grand-père a dit un jour : «Cette fille fera une bonne journaliste !» Des années après, Ghania lui a donné la réponse. Depuis peu qu'elle exerce ce métier, elle est déjà pleine d'ambition. Une scolarité entamée en France a induit chez elle des lacunes en langue arabe, ce qui l'a éloignée de l'école de journalisme. Mais pas du métier de journaliste qu'elle a adopté après des études brillantes en interprétariat anglais-français. Fille d'enseignante de français, elle n'a pas fait rougir sa mère en obtenant des notes qui frôlaient le 20 dans les deux langues citées précédemment. Si aujourd'hui Ghania laisse planer sur elle l'image d'une charmante jeune fille réservée, ce n'est pas pour autant que la branche du journalisme où elle se voit le mieux évoluer, c'est celle où l'action est le maître mot. Reporter de guerre, voilà ce qui lui plairait. Grade auquel elle aspire arriver un jour. En attendant, des reportages qui la mèneraient à découvrir l'Algérie serait un bon début pour couper avec la routine des écrits au jour le jour. Non ingrate, elle reconnaît que le fait d'avoir été amenée dès le départ à écrire régulièrement sur des sujets importants, l'a aidée à se forger et prendre de l'assurance. Aimant par-dessus tout ce métier parce qu'il place ses auteurs, dont la journaliste qu'elle est, au cœur de l'actualité et de l'histoire, elle sait qu'elle ne le changera pour rien au monde, même s'il reste difficile. Plus ardu pour les filles que pour les garçons, estime-t-elle, la société algérienne plus fermée aux femmes oblige ! Bien qu'au niveau des contacts, les interlocuteurs soient plus avenants avec les journalistes femmes reconnaît Ghania, qui pense que ce beau métier n'est pas non plus sans risque. Comme une épée de Damoclès, la diffamation est omniprésente, même si toutes les précautions sont prises pour l'éviter. Dure de dire la vérité quand elle s'inscrit en faux avec les desseins des malintentionnés.