Ayant prouvé par l'action de terrain, leur ancrage et capacité à peser devant les décisions des pouvoirs publics, les syndicats autonomes opposés à la réforme de la retraite veulent, désormais, avoir un cadre légal : une Confédération syndicale autonome (CSA). C'est du moins l'une des principales résolutions du 7e congrès du Syndicat national des praticiens de santé publique (Snpsp), qui s'est déroulé du 30 novembre au 1er décembre à Zéralda et que partagent l'ensemble des membres de l'intersyndicale. «Il est temps d'aller au-delà de l'union dans l'action et d'avoir un ancrage légal», a estimé, hier, Dr Lyès Merabet, président du Snpsp, lors d'une conférence de presse organisée à Alger. Pour lui, la démonstration de force des 13 syndicats autonomes de différents secteurs de la Fonction publique ne doit pas être gâchée, mais bien au contraire, consolidée et préservée, pour pouvoir défendre au mieux les intérêts des travailleurs. «Le monde du travail va de plus en plus vers l'union des patrons, les travailleurs doivent suivre le même chemin», a-t-il soutenu, rappelant la loi 90-14 régissant l'exercice syndical, et qui «permet la création d'une confédération lorsqu'il s'agit de plusieurs secteurs». Dans son document de 11 résolutions, le Snpsp affirme qu'il continuera sur la voie du renforcement et de la consolidation de l'unité d'action dans le cadre de l'intersyndicale «dont l'objectif majeur reste la création d'une Confédération syndicale autonome». Dr Merabet, insistant sur l'urgence d'aller vers «des assises nationales», s'est permis quelques fléchettes contre le syndicat du pouvoir, l'Ugta. «Le paysage syndical a changé. Les responsables au sein des institutions de l'Etat doivent le comprendre», déclare-t-il, ajoutant que «dans la Fonction publique, l'Ugta n'a aucune représentativité». L'amendement oral introduit sur le projet de loi portant réforme de la retraite, le 30 novembre dernier à l'APN, «prouve que la lutte paye et qu'il y a possibilité d'arriver à un dialogue», explique le conférencier. L'intersyndicale se réunira d'ailleurs demain pour décider des suites à donner à son mouvement. A ce propos, le président du Snpsp réélu pour un autre mandat, a, tout «en prenant acte de l'intervention» du chef de l'Etat, qualifiée de «poudre dans les yeux» cette nouvelle disposition qui prolonge de deux ans la retraite sans condition d'âge. «Nous ne sommes pas sortis du tunnel car l'amendement ne va rien changer». Appelant à l'ouverture d'un dialogue officiel avec les syndicats autonomes, M. Merabet demande au président de la République «de geler le projet», tant qu'il est encore temps. Par ailleurs, le syndicat a dénoncé dans son document final «l'immense retard accusé par le ministère de la Santé dans la prise en charge des revendications socioprofessionnelles des praticiens de santé publique». Le Snpsp a, à l'occasion, procédé à l'enrichissement de sa plate-forme de revendications. Outre la révision du statut particulier, les praticiens réclament «l'amélioration des conditions de travail, l'implication effective de toutes les instances concernées par la protection des professionnels contre toutes formes de violence, le droit de bénéficier d'un logement d'astreinte ou de fonction et l'indemnisation lors des examens scolaires et des élections». «Le règlement définitif du dossier du doctorat en médecine dentaire et en pharmacie, aussi bien pour l'alignement que pour la classification sur la grille de salaires des fonctionnaires », figure aussi parmi les résolutions.