Il fallait jouer les coudes pour pouvoir accéder aux guichets mis en place au niveau de la mairie de Tizi Ouzou pour le dépôt des dossiers du passeport et de la carte nationale biométriques. Certes, la mairie de Tizi Ouzou, vu l'importance de sa population qui avoisine les 200 000 habitants, a toujours connu une affluence au niveau de ses différents guichets pour la délivrance de différents documents d'état civil, mais il faut reconnaître que depuis la mise en place d'un service de délivrance de passeports et de cartes nationales biométriques au niveau de cette structure, le nombre de demandeurs a nettement augmenté. Selon un agent de sécurité, il aura fallu à plusieurs reprises faire appel aux services de sécurité afin de gérer le flux important de citoyens qui se rendent aux deux services réservés exclusivement à la délivrance des certificats de résidence et au dépôt des dossiers de passeports et de cartes d'identité biométriques. «C'est la troisième fois en moins d'une semaine que je reviens pour me faire délivrer le certificat de résidence pour compléter le dossier de mon passeport mais à chaque fois, je n'arrive pas à accéder au guichet en raison du nombre important de demandeurs», nous affirme une quadragénaire rencontrée hier sur place. Selon lui, la majorité des citoyens présents devant le guichet installé à l'entrée de la mairie de Tizi Ouzou pour la délivrance des certificats de résidence ont besoin de ce document pour constituer des dossiers de logements sociaux ou de recours suite au dernier affichage des bénéficiaires de plus de 2000 logements au niveau de la commune de Tizi Ouzou. «On m'a demandé de mentionner sur un papier remis au guichet mon nom et ceux de mes parents ainsi que le motif de ma demande de certificat de résidence et j'attends toujours qu'on m'appelle pour récupérer le document», témoigne une jeune étudiant qui affirme avoir séché les cours de la matinée afin de se faire délivrer le certificat de résidence et compléter ainsi le dossier du passeport. A l'instar de nombreux autres demandeurs, ce jeune étudiant, qui compte s'inscrire à la fin de l'année universitaire dans une faculté en France, nous a affirmé qu'il compte à tout prix déposer le dossier pour son passeport avant le 31 décembre, afin dit-il de ne pas payer la taxe de 25 000 DA qui sera appliquée selon lui à partir de 2017. «Déjà avec une taxe de 6000 DA c'est trop cher pour un étudiant comme moi, alors que dire lorsque je serai obligé de payer 25 000 DA à partir du 1er janvier 2017», ajoute-t-il. Lorsqu'on lui a demandé d'où il tient cette information concernant la hausse de la taxe sur le passeport, notre interlocuteur s'est contenté de nous répondre qu'il a entendu cela chez des amis à la fac. «Tout le monde parle de l'augmentation de la taxe sur le passeport. Ce n'est tout de même pas normal qu'un journaliste n'est pas au courant d'une information qui circule depuis plus d'un mois», rétorque avec le sourire notre étudiant, tout en jetant un coup d'œil sur sa montre avec l'espoir de pouvoir retirer son certificat de résidence avant la fermeture du guichet, à midi, pour la pause déjeuner. Dans un pays où la rumeur a toujours supplanté l'information officielle et face au déficit incompréhensible en matière de communication sur le sujet, notre interlocuteur persiste et signe que la nouvelle taxe sera appliquée à partir du 1er janvier. «Nous avons toujours subi des hausses des prix sans avoir été avisés par le gouvernement. Alors ce sera la même chose pour le passeport», affirme-t-il. Pourtant, selon un fonctionnaire du service de l'APC, le prix de la taxe sur le passeport ne subira aucune augmentation dans le cadre de la prochaine loi de finances. «La taxe sur le passeport biométrique de 28 pages qui est actuellement à 6000 da reste la même. La hausse va par contre toucher le passeport d'urgence qui passera de 6000 à 25 000 DA. L'autre nouveauté dans la loi de finances 2017 est l'introduction d'un passeport de 48 pages destiné aux grands voyageurs et qui sera taxé à 60 000 DA», rassure ce responsable, tout en affirmant que dans la majorité des communes de la wilaya, le rythme de dépôt de dossier de passeport n'a pas connu de changement, en citant l'exemple des APC de Tizi Rached et d'Aït Oumalou où le service des passeports traite en moyenne une vingtaine de dossiers par jour. «C'est une cadence ordinaire par rapport aux autres mois de l'année», explique-t-il.