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Le Maroc cède sans conditions
Affaire Aminatou Haider
Publié dans Le Temps d'Algérie le 18 - 12 - 2009

C'est par ce légendaire sourire mi-timide, mi-triste, mais franchement sincère, qui la rend encore plus sympathique pour les médias, que Mme Aminatou Haider avait accueilli la bonne nouvelle de son retour chez elle à Al Ayoun.
Elle se trouvait alors dans un état quasi-comateux, cette nuit de jeudi à vendredi sur son lit d'hôpital à Lanzarote où elle venait d'être admise, la veille, pour hémorragie digestive, provoquée par plus d'un mois de grève de la faim.
Zapatero appelle Saramago : «José, un avion médical est prêt pour Al Ayoun»
A son chevet, il y avait sa sœur venue d'Al Ayoun, mais aussi quelques fidèles amis espagnols, fervents soutiens de la cause sahraouie, qui sont restés à ses côtés depuis le début.
Parmi eux, l'épouse de José Saramago qui reçoit un appel de son mari, vraisemblablement pour prendre des nouvelles de Mme Haider. Cette fois, c'est le Prix Nobel de littérature qui donne la nouvelle.
La bonne nouvelle. Le président José Luis Zapatero vient de l'informer qu'un avion médical était prêt pour le transfert de Mme Haider à Al Ayoun. C'est l'explosion de joie dans le service de réanimation qui parvient aux journalistes qui faisaient le guet dans la cour ou à la cafétéria.
Les journalistes, nombreux, qui ont su attendre ont eu droit à l'apparition de Mme Haider, certes très affaiblie, mais toujours avec ce sourire qui ne donne pas l'impression qu'elle venait de jeûner pendant 33 jours. Ils ont droit en priorité à cette déclaration de Mme Haider devant la porte de l'hôpital, en route pour l'aéroport :
«C'est un triomphe et une victoire pour le droit international, pour les droits de l'homme, pour la justice internationale et pour la cause sahraouie.»
Un triomphe pour la cause sahraouie, c'est certain, mais une humiliation pour le Maroc qui a joué dès le départ perdant dans cette affaire des droits de l'homme. Le retour à Al Ayoun de Aminatou Haider a été accepté par le roi Mohamed VI «sans conditions».
La veille, tour à tour, et dans une surenchère dont seul le régime marocain a le secret, les ministres marocains assuraient que si l'indépendantiste sahraouie ne demandait pas pardon au roi, elle ne reverrait plus Al Ayoun. Rabat a résisté à la molle pression du gouvernement espagnol, pourtant son allié, pour céder à l'intervention des Etats-Unis.
La France a usé de ses bonnes relations avec le Maroc pour convaincre le roi alaouite de ne pas se mettre définitivement sur le dos une communauté internationale plus acquise que jamais à la cause sahraouie après la médiatisation de la grève de la faim de Mme Haider.
Le Maroc perd la face
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le royaume alaouite laisse entendre, à qui veut bien le croire, que son roi a agi pourdes «raisons humanitaires».
José Luis Zapatero prend cet argument au vol pour éviter plus d'humiliation au régime marocain allié. Un communiqué de la présidence du gouvernement espagnol loue le «geste qui honore le roi et les autorités marocaines et qui valorise son engagement envers la démocratie et la consolidation de l'Etat de droit».
Un hommage au régime le plus décrié pour les violations des droits de l'homme qui a fait sourire plus d'un journaliste mais qui a indigné des représentants des organisations humanitaires même si personne n'ignore l'aspect strictement diplomatique de ce message.
La France a joué un rôle mais lequel ?
L'intervention du président Nicolas Sarkozy auprès du roi Mohamed VI semble obéir à ce triple objectif : un «coup d'effet diplomatique» dont seul Sarko a le secret, limiter les dégâts diplomatiques de son allié marocain et voler au secours du président Zapatero comme l'a déjà fait le chef de l'Etat français dans l'admission de l'Espagne aux Sommets du G20.
En fait, tout a été décidé à Washington et non à Paris qui a gardé un profil bas dans cette affaire jusqu'à la décision des Etats-Unis de s'impliquer dans l'affaire Haider.
Plus politique a été la réaction de la secrétaire d'Etat américaine qui a joué un rôle clé dans le dénouement de l'«affaire Haider». Mme Clinton s'est «réjouie» du retour de Mme Haider à Al Ayoun, en insistant sur «l'urgence d'une solution définitive au conflit du Sahara occidental».
La médiation américaine a été différente
Washington avait ignoré la démarche à ce sujet, lundi dernier, de M. Moratinos, parce que les Etats-Unis avaient déjà engagé des contacts avec Rabat.
Des contacts qui ont abouti à l'envoi par le roi Mohamed VI d'une délégation de «haut niveau» à Washington, chargée de négocier avec les autorités américaines une solution au problème de l'indépendantiste sahraouie.
Les «deux hommes de grande confiance» du souverain marocain sont MM. Fouad Ali El Himma, ex-directeur de cabinet du palais royal, et Yassin Mansouri, chef des services de renseignements (DGED), celui que le souverain consulte en priorité sur le dossier du Sahara occidental.
Deux hommes de confiance de Mohamed VI à Washington
Les deux envoyés spéciaux du roi Mohamed VI ont eu des entretiens au département d'Etat et au Conseil national de sécurité des Etats-Unis.
Officiellement pour «trouver une formule qui permettrait à Mme Haider de retourner chez elle», alors qu'au fond le Maroc voulait négocier une issue qui ne lui fasse pas perdre la face. Le régime marocain a, pourtant, bien perdu la face dans cette affaire. Le gouvernement socialiste espagnol a sauvé les meubles au plan international.
Pas au plan interne. L'intervention, mercredi soir, du président Zapatero devant le Congrès des députés a montré combien l'affaire Haider l'a isolé au plan politique, de gauche ou de droite, nationaliste ou pas, les formations politiques espagnoles se sont toutes liguées contre le parti socialiste au pouvoir.
La députée Rosa Diez, pro-sahraouie, n'a pas mâché ses mots sur l'absence de fermeté de l'Espagne à l'égard du Maroc avec lequel le président Zapatero a exprimé sa préférence pour une solution à l'amiable. Cette solution ce n'est pas l'Espagne qui l'a trouvée, mais des pays tiers.
Cette vérité, l'opposition représentée par le Parti populaire ne manquera pas de le rappeler à Zapatero dont la diplomatie a été défaillante depuis le début.
La société civile, dans son ensemble, semble encore plus déterminée que jamais à rester aux côtés de Mme Haider dont le combat est entré, depuis hier, dans une autre phase.
La consécration de la cause du peuple sahraoui. Des manifestations de protestation sont annoncées un peu partout à travers les grandes villes d'Espagne, notamment à Madrid.


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