Le Temps d'Algérie : Quelle est votre analyse de la situation du FCE après le retrait des entreprises publiques adhérentes ? Salah Mouhoubi : Le retrait des entreprises publiques du Forum des chefs d'entreprises est vraiment surprenant. Le FCE a toujours soutenu les décisions prises par les pouvoirs publics, notamment les dernières mesures prises dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2009. C'est la raison pour laquelle le retrait des entreprises publiques nous laisse un peu perplexes. Il serait intéressant de connaître les tenants et les aboutissants de cette démission des sociétés publiques. Car cela s'apparente à une prise de position beaucoup plus de nature politique qu'économique. On ne comprend pas cela, surtout que le FCE s'est toujours aligné sur les politiques du gouvernement. Ceci est important pour éviter toutes les interprétations insidieuses. Par ailleurs, il faut souligner que le FCE a besoin des entreprises publiques dans le cadre des approches, des décisions et des analyses de l'action des pouvoirs publics. L'apport des dirigeants d'entreprises publiques pourrait être très important au FCE afin d'être une évolution et un développement souhaitables. Quelles seront les conséquences de ce retrait sur cette association patronale ? Il est évident que cela va poser un problème interne au sein du FCE. Si le FCE devrait reconsidérer certaines positions exprimées sur les réformes économiques, il le ferait dans le cadre d'une assemblée générale réunissant ces membres. Il faut souligner que ce retrait, qui a un caractère beaucoup plus politique, est très important et déterminant pour l'avenir du FCE lui-même. Il est clair que le FCE avait pris des positions en consultant toujours toute cette panoplie d'entreprises. Estimez-vous que le FCE doit maintenant reconsidérer sa politique ou apporter plus de clarifications quant à ces préoccupations ? Pour ce point, il ne faut pas se précipiter et aller trop vite en besogne. Le FCE n'a jamais pris des positions, à mon avis, qui sont en contradiction avec les attentes et les choix des pouvoirs publics. Quel est votre point de vue sur les mesures entreprises par l'Etat dans le domaine de la régulation économique. Visent-elles à réduire la marge de manœuvre du privé algérien ? Sommes-nous face à un problème de communication ? Les pouvoirs publics ont pris des mesures pour préserver l'économie nationale, les équilibres financiers internes et externes, à l'instar des autres pays, et ce, dans le contexte de la crise économique mondiale. Donc, c'est dans l'intérêt de tout le monde. L'instauration du crédit documentaire répond à des critères très simples de transparence dans toutes les opérations commerciales. Ce qui est pratiqué dans tous les pays du monde. Il ne peut pas reprocher à l'Etat d'assumer son rôle de régulateur. A fortiori, le secteur privé est incontournable pour l'édification d'une économie hors hydrocarbures. Je ne vois pas les pouvoirs publics prendre des mesures à l'encontre des entreprises publiques ou privées. Il faudrait travailler ensemble pour améliorer la compétitivité de l'économie nationale dans ses deux facettes : privée et publique. Propos recueillis par